6 personnes ont été arrêtées en Espagne et une dizaine d'autres placées sous surveillance dans le cadre d'une enquête internationale sur un réseau de pêche illégale en Antarctique.
Des pêcheurs relèvent des filets dans les eaux antarctiques. Nicolas Gasco / Biosphoto
INTERPOL. De nationalité espagnole, les six suspects ont été accusés "d'infractions à l'environnement", de "blanchiment d'argent", de "falsification de documents" ainsi que de "crime organisé", a précisé Interpol, l'organisation internationale de police criminelle qui enquête sur ces faits. Leur commerce, qui reposait sur l'utilisation de trois bateaux, leur rapportait chaque année 10 millions d'euros avant de prendre fin en début du mois lors d'une large opération de police impliquant 15 pays dont l'Espagne. "Le rôle d'Interpol dans la coordination de tous les échanges de données et de renseignements a été déterminant dans le succès de l'opération", a déclaré le général Vincente Pérez Pérez, responsable du service de la protection de la nature de la Garde civile espagnole (Seprona). C'est en janvier 2015 que les trois bateaux suspects avaient été repérés par les forces espagnoles en train de pêcher au large de l'Antarctique des poissons à dents de Patagonie, vendus à prix d'or sur le marché, dans une zone protégée par la Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR). Bien qu'interdits dans la région, des filets à lamelles avaient été alors utilisés.
CONTREBANDE. A la demande de la Nouvelle-Zélande, des notices "pourpres" avaient été lancées par Interpol afin de collecter le maximum d'information sur les activités des trois navires et qui avaient abouti en mars 2015 au lancement d'une large opération de police. C'est dans ce cadre que des agents d'Interpol, dont des officiers de la Garde civile espagnole, ont été dépêchés en février dernier au Sénégal pour s'informer sur l'un des bateaux. Ils avaient ensuite découvert ses liens notamment avec une société fantôme enregistrée en Espagne. L'équipe avait été aussi capable de suivre les 180 tonnes de poissons péchés illégalement, transportés par bateau à destination du Vietnam via Singapour. Les contrebandiers avaient pour cela changé à plusieurs reprises le nom de leurs trois navires ainsi que leurs drapeaux, selon Interpol.
Appel à coéquipiers : expéditions pluridisciplinaires 2017-2019
L'association Karukinka recrute deux coéquipiers pour son projet d'expédition australe 2017-2019 en autonomie totale en kayak de mer et à pied.
La partie maritime consistera à naviguer dans les îles du sud du détroit de Magellan afin de recenser les anciens territoires yagan, de procéder à des relevés scientifiques (cartographie thématique, acoustique,...) et de collecter des images et des sons qui serviront de matière première pour témoigner de ce vécu auprès de nos partenaires et du public (cf. onglet "Projet d'expéditions 2016-2019). Les passages à la marche entrecouperont ces navigations d'îles en îles et se dérouleront en terrain montagneux et sauvage (forêt fuégienne, neige, glace, tourbières...). Elles donneront lieu à l'ascension de plusieurs sommets pouvant requérir les techniques d'approche de l'alpinisme.
Pour ce projet, nous recherchons donc des personnes expérimentées, disponibles et ayant à coeur de donner vie à cette exploration du Grand Sud patagon.
L'aventure vous tente ? Alors n'hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus et/ou à nous envoyer votre candidature (CV, lettre de motivation et, si connues, vos disponibilités pour les trois prochaines années).
Pour les parisiens ou ceux qui seront de passage à Paris :
Conférence de Lauriane sur l'espace sonore de la Terre de Feu jeudi 14 janvier à 19:00 à la Maison de l'Amérique Latine. http://mal217.org/fr/agenda/tribune-de-la-musique
Au plaisir de vous y retrouver et avec tous nos bons voeux pour cette nouvelle année !
• L'univers sonore de la Patagonie
Passionnée par la Patagonie insulaire, Lauriane Lemasson est musicienne, photographe et audio-naturaliste. Ses recherches en écologie sonore appliquée à l'ethnomusicologie (doctorante contractuelle au sein du laboratoire IreMus, Université Paris Sorbonne) concernent les liens qui se tissent entre l’homme et les sons de la nature en milieux extrêmes. Depuis 2014, elle dirige l’association Karukinka, en référence au mot indien selk’nam signifiant "la dernière terre des hommes". Cette association se fonde sur un échange interculturel et pluridisciplinaire. Elle œuvre dans le but d’explorer les liens qui se tissent entre l’homme et son environnement, en associant des chercheurs et des acteurs locaux et internationaux.
Pour Lauriane Lemasson, l’écologie sonore a pour vocation d’intégrer l’étude des sons de l’environnement dans différents domaines dont l’anthropologie, la géographie et les sciences cognitives. Elle travaille sur la manière dont était utilisé le paysage sonore par les nomades des canaux et les chasseurs-cueilleurs du sud du détroit de Magellan, parmi lesquels les Selk’nam, Haush et Yahgan qui ont habité ces territoires pendant des millénaires. En Terre de Feu argentine, elle a suivi les pas de peuples décimés par les maladies apportées d’Europe au début du XXème siècle, ou par les chasseurs de têtes payés par des estancieros. Un hommage à la grande ethnologue Anna Chapman (1922-2010) sera également rendu par Lauriane Lemasson.
Plusieurs centaines de baleines ont été retrouvées mortes en Patagonie. Une vision apocalyptique sans précédent pour les chercheurs.
Le Monde avec AFP Publié le 02 décembre 2015 à 13h48, modifié le 02 décembre 2015 à 12h47
Photo prise le 21 avril 2015 au sud du Chili lors de la découverte d'une première série de baleines Sei échouées. Cliché publié le 1er décembre 2015. VRENI HAUSSERMANN / AP
Plus de trois cents baleines ont été retrouvées mortes dans un fjord isolé de la Patagonie chilienne, à 2 000 km au sud de la capitale, Santiago. L’échouage, annoncé mardi 1er décembre par une équipe de chercheurs, pourrait être le plus grand jamais constaté.
« C’était une vision apocalyptique. Je n’avais rien vu de semblable », a déclaré à l’AFP Vreni Häussermann, la directrice du centre scientifique Huinay, qui a participé à l’expédition ayant découvert les baleines, mise en place après qu’une vingtaine de cétacés de l’espèce protégée Sei eurent été retrouvés morts en avril, dans la même région.
En juin, lors d’un vol de reconnaissance au-dessus de la zone, cette équipe de scientifiques avait constaté un nombre bien plus élevé de cétacés échoués. « Nous avons pu compter trois cent trente-sept cadavres ou squelettes de baleines » à l’aide de photos aériennes et satellites, rapporte Vreni Häussermann.
« Il y a encore de nombreuses zones que nous n’avons pas pu atteindre, il est donc probable qu’il y ait davantage de baleines mortes. »
Les scientifiques à l’origine de la découverte ont souligné qu’aucune des baleines ne portait de traces de blessures, privilégiant la piste d’un excès d’algues ou d’un virus. Une enquête des autorités chiliennes après la découverte du mois d’avril avait écarté toute intervention humaine dans la mort des cétacés.
Publiée le 11 août 2015 à 06:24 par Carole Lafontan (http://www.montagnes-magazine.com/actus-la-patagonie-8k)
Il n’aura fallu pas moins de 6 semaines de tournage, 100 000 clichés et 7 500 km de route avalés entre le Chili et l’Argentine pour que la Patagonie, terre indomptable par excellence, révèle toute sa beauté et sa grandeur dans un time-lapse en 8k (ultra haute-définition) savamment orchestré par le réalisateur allemand Martin Heck (Timestorm Films). M-a-g-i-q-u-e-.
Si la vidéo ne fait que 4 minutes et des poussières, elle suffit à lever le voile sur une terre lointaine, une contrée sauvage aux histoires légendaires et aux paysages indociles. La Patagonie et son lot de reliefs incroyables (ciels étoilés saisissants, pampa à perte de vue, glaciers gigantesques, fjords escarpés, vertes vallées ou sommets acérés) défilent ainsi sous nos yeux, dans un time-lapse inédit.
Parti de Santiago, la capitale chilienne, le jeune réalisateur allemand Martin Heck, qui avait déjà créé le buzz en juin dernier avec sa vidéo en time-lapse de l’éruption du volcan Calbuco (en accéléré), une pépite visuelle et sonore, a terminé son périple à la pointe méridionale de l’Amérique du Sud, dans le détroit de Magellan, 6 semaines plus tard, avec 100 000 photos en poche et 7 500 km au compteur. Mais surtout, un film novateur, baptisé Patagonia 8k en référence à la résolution d’image adoptée (de l’ultra haute-définition soit une image capable d’afficher jusqu’à 33 millions de pixels) qui montre une nouvelle fois la montée en puissance de Timestorm Films.