Canaux de Patagonie

Documenter la réserve de biosphère du Cap Horn en voilier : rejoindre une expédition le long des canaux du sud de la Patagonie à bord de Milagro, le voilier d’expédition de 20 mètres de Karukinka.

Ces navigations sont organisées par une association sans but lucratif et sont ouvertes uniquement aux membres cotisants de Karukinka.

Plus qu’un simple voyage, il s’agit d’une aventure associative, en petits groupes, qui réunit des navigateurs, des passionnés, des explorateurs, des artistes, des chercheurs et des personnes profondément connectées à ces territoires. La participation se fonde sur l’engagement associatif ; grâce à ces expéditions, nous contribuons directement aux projets de Karukinka dans le sud de la Patagonie : recherche, patrimoine, éducation et protection d’écosystèmes.

Comment et pourquoi nous naviguons dans cette région

Au cours de nos expéditions au bout de l’Amérique du Sud (départ depuis Ushuaia ou Puerto Williams), le voilier Milagro devient notre camp de base flottant, une présence familière et rassurante dans une région que l’on ne peut vraiment connaître qu’en la parcourant par la mer.

Loin des itinéraires fixes, chaque traversée se construit en fonction du temps, du projet et de la curiosité collective du groupe. Si les conditions le permettent, nous pouvons faire le tour du Cap Horn (Loköshpi en yagán, Cabo de Hornos en espagnol) non pas comme un trophée à cocher, mais comme un passage qui nous relie au vent, aux courants et aux histoires de ceux qui ont navigué ces mers pendant des générations.

De là, nous pouvons pénétrer vers les îles voisines – L’Hermite et Wollaston – avant de remonter vers le nord jusqu’à Puerto Toro (la ville la plus australe du monde !) et d’entrer dans le canal Beagle (Onashaga), ainsi que dans les paysages dramatiques autour de l’île Gordon et le sud de la Terre de Feu. Le sénogar Garibaldi et le fiord Pia, avec les glaciers de la cordillère Darwin qui s’élèvent au‑dessus, ne sont pas seulement des arrêts panoramiques ; ce sont des invitations à ralentir, écouter, documenter et à laisser l’immensité de la région parler.

Nous naviguons avec une intention simple : explorer, apprendre et partager. Selon le projet, nous alternons entre temps en mer et temps sur terre, de sorte que chaque journée révèle une facette différente de la région. La navigation, de courtes marches, l’observation de la faune et les moments calmes à l’ancre se fondent en un même voyage.

Si le ciel le permet, nous pouvons naviguer sous la Croix du Sud et les constellations voisines, glissant dans le rare privilège de voir la Voie lactée à portée de main, loin de toute pollution lumineuse et de la sensation du monde habituel.

De quoi ces expéditions sont‑elles faites

Ces expéditions sont des voyages associatifs, et non des tours commerciaux :

  • Elles sont ouvertes uniquement aux membres qui ont adhéré et acquitté leur cotisation annuelle à l’association Karukinka.
  • Il n’y a aucune vente basée sur des billets ; les places sont proposées dans le cadre de l’association, en mettant l’accent sur la motivation, les compétences et la cohérence du projet.
  • L’objectif est la navigation partagée, en petits groupes, et non le tourisme de masse ni la croisière orientée uniquement vers le confort.

En t’inscrivant à l’une de ces expéditions, tu deviens membre d’une communauté de socios qui explore les canaux de la Patagonie et le Cap Horn, tout en contribuant au travail de long terme de Karukinka.

Comment fonctionne la participation

  • Condition de participation : seuls les membres cotisants de Karukinka peuvent déposer une candidature. Devenir membre (cotisation annuelle de 30 €) est la première étape ; la participation à une expédition constitue un engagement supplémentaire.

  • Cadre associatif : il s’agit de voyages associatifs, et non commerciaux. Il s’agit de s’intégrer au programme de l’association, encadré par ses règles internes.

  • Responsabilités partagées : les membres participent au fonctionnement à bord (navigation, préparation des repas, veille, observation de la faune, etc.), en fonction de leurs intérêts et de leur niveau.

  • Ouvert à tous les passionnés : que ce soit un navigateur passionné, un amoureux de la nature, un voyageur curieux, un artiste ou un chercheur, tu es le bienvenu à présenter ta candidature.

Pourquoi naviguer avec Karukinka

Karukinka propose une façon différente d’explorer :

  • Ouvert à la passion et à la curiosité : les expéditions sont pensées pour les membres cotisants de tous horizons de la vie qui partagent un intérêt pour la navigation, l’exploration, les paysages reculés et les cultures locales.
  • Objectif partagé : l’association utilise les cotisations de membres et les participations aux expéditions pour soutenir des projets dans le sud de la Patagonie, notamment la recherche scientifique, la médiation éducative, le travail de patrimoine autochtone, etc.
  • Si tu recherches une aventure significative dans les canaux de la Patagonie et au‑delà, Karukinka offre une opportunité unique de naviguer, apprendre, contribuer et transmettre au sud de la Patagonie.

Un équipage de bénévoles expérimentés et professionnels

Au cours de ces navigations, Milagro est guidé par une petite équipage très soudé, composée de bénévoles, chacun apportant une manière différente de lire la mer et les côtes.

Tu pourras trouver plus de détails sur cette petite équipe, leurs parcours et leurs voix dans les podcasts, articles et enregistrements de conférences en lien sur notre page dédiée.

Damien Treutenaere

Damien, instructeur de voile certifié et capitaine professionnel (capitaine de la Marine marchande française, catégorie 200 UMS), enseigne et navigue depuis plus de vingt ans, avec une large expérience en navigation océanique et en zones polaires, incluant des expéditions le long de la côte est du Groenland, en Antarctique et dans le nord de la Norvège. Pour lui, les canaux de la Patagonie ne sont pas seulement un environnement exigeant ; ils sont une classe immersive, qui met constamment à l’épreuve la planification, la résistance et la capacité de s’adapter à l’imprévu.

Lauriane Lemasson

Lauriane, second et scientifique, étudie le bout de la Patagonie depuis 2011 et a consacré sa thèse de doctorat à cette région. Elle a mené de nombreuses expéditions sur place et son travail est porté par le désir de s’immerger complètement dans les lieux sur une longue durée et d’aller au‑delà de l’image “spectaculaire” du paysage, pour révéler les couches cachées – écologiques, historiques, culturelles – qui façonnent ces territoires. À bord, elle apporte curiosité et une connaissance profonde de la région, ce qui transforme chaque traversée en une invitation à comprendre, et non seulement à admirer.

José German Gonzalez Calderon

José Germán, patron de pêche artisanale et ancien président de la communauté yagán du Chili, a grandi en naviguant dans les canaux de la Patagonie bien avant de savoir marcher. Pour lui, le Cap Horn n’est pas un cap lointain et mythique ; c’est un lieu qui a modelé sa vie, sa mémoire et son identité. Sa détermination à protéger le patrimoine de ses ancêtres, ainsi que sa connaissance profonde et intime de la région, ont fait qu’il a été accueilli comme membre d’honneur de l’association et parrain de Milagro. Entre une expédition et l’autre, il continue à fabriquer des harpons traditionnels de baleine et à transmettre ses savoirs aux générations plus jeunes.

Vivre avec les toponymes yagán

À bord de Milagro, nous naviguons non seulement avec des cartes nautiques et des coordonnées GPS, mais aussi avec les noms donnés à ces lieux par ceux qui y vivent depuis bien plus longtemps. Tu auras la possibilité de découvrir la région à travers les toponymes yagán : baies, caps, criques, glaciers, chacun portant une couche de mémoire, de langue et d’histoire.

En utilisant ces noms, tu participes à un effort continu de retrouver et restituer les toponymes originaires dans l’archipel patagonique, depuis le détroit de Magellan jusqu’au Cap Horn. Depuis 2017, ce projet a recensé plus de 3 000 toponymes yagán, haush et selk’nam dans une base de données spécifique, que nous continuons à cartographier, partager et réintroduire partout dans la région. En 2026, ce projet sera mis en avant par la Chaire de toponymie de l’UNESCO en France.

Le voilier Milagro

SY Milagro, polar expedition sailing boat, arctic sailing, voilier d'expédition polaire Sailing school for beginners / Ecole de voile pour adulte débutant Adventure sailing/Voyage en voilier, charter sailboat, séjour en voilier, initiation à la voile, stage de voile adulte, stage hauturier, blue water sailing course, stage haute mer, blue water sailing club, traversée en voilier, sailboat crossings

Especificaciones

LONGUEUR : 20M
MAÎTRE BAU : 5M25
TIRANT D’EAU : 2M30
MOTORISATION : CUMMINS 180CV

GASOIL (1500L)
EAU (1000L) + DESSALINISATEUR GROUPE ELECTROGENE
PANNEAUX SOLAIRES

12 COUCHAGES
PILOTE AUTOMATIQUE
CHAUFFAGE CENTRAL
DEUX GUINDEAUX

La zone de navigation

Assurances

Notre association et le navire sont assurés pour les activités se déroulant à bord. Nous vous recommandons également d'avoir une assurance complémentaire individuelle (évacuation et rapatriement)

Formalités administratives

Pour vous rendre en Argentine et au Chili, vous aurez besoin d'un passeport. Si votre séjour n'excède pas trois mois et que vous êtes français, belge, suisse,... vous bénéficierez d'office d'un visa touristique de 3 mois.

Condition physique

Pour participer à ce stage, une bonne santé globale est souhaitée afin de pouvoir profiter pleinement de l'activité et lors des promenades à terre, la difficulté est systématiquement adaptée au niveau du groupe.

Santé

Bien que les services médicaux soient présents à Ushuaia et Puerto Williams et l'équipage formé aux premiers soins, nous vous recommandons de faire un petit bilan de santé avant le départ pour éviter une surprise dentaire ou autre.

Le navire Milagro, un confortable voilier de 20m

Spécifications

LONGUEUR : 20M
MAÎTRE BAU : 5M25
TIRANT D’EAU : 2M30
MOTORISATION : CUMMINS 180CV

GASOIL (1500L)
EAU (1000L) + DESSALINISATEUR GROUPE ELECTROGENE
PANNEAUX SOLAIRES

12 COUCHAGES
PILOTE AUTOMATIQUE
CHAUFFAGE CENTRAL
DEUX GUINDEAUX

Un passage clé dans l'histoire de l'exploration maritime

Depuis le XVIè siècle, la Patagonie et son célèbre cap Horn fascinent les Européens, faisant écho aux expéditions et premières circumnavigations de navigateurs comme Magellan et Elcano, Jofre de Loaisa, Drake, Van Noort, Bougainville, Cavendish, Cook

Ces noms ont marqué l’histoire européenne et nourrissent l’imaginaire de ces voyages « hors normes ». Il est fascinant de se pencher sur le défi technique que représentaient ces navigations lointaines, en consultant les cartes d'époque et et en imaginant le fait de s'aventurer dans ces eaux tumultueuses sans savoir ce qui attendait ces hommes au-delà de l'horizon.

Patagonie est née de « patagon », le qualificatif donné par Antonio Pigafetta, chroniqueur de l'expédition de Magellan et Elcano, pour nommer les Tehuelches, les habitants du sud du continent américain. La signification de ce mot est « personnes aux grands pieds » et illustre ainsi la différence de stature entre les espagnols et ce peuple de chasseurs-cueilleurs des pampas du continent.

 

La carte du détroit de Magellan d'Antonio Pigafetta en 1520

Les premiers habitants

Loin d’être aussi géantes que les chroniques de l’époque le faisaient croire et jusqu'aux désastres de la colonisation, les populations locales se répartissaient entre les zones maritimes (les canaux) et terrestres (les steppes et les régions montagneuses situées sur l'île de Terre de Feu).

Les terres australes du sud de Hatitelen (plus couramment connu sous le nom de détroit de Magellan) ont été découvertes par l’homme il y a plus de 10.000 ans et peuplées par différents groupes ethniques aux modes de vie distincts : des chasseurs-cueilleurs et des nomades des canaux se déplaçant d’îles en îles en canoë. A la croisée de ces peuples se trouve la Grande Île de Terre de Feu, divisée entre l’Argentine et le Chili, où cohabitent toujours quatre peuples dont le nombre de personnes a été extrêmement réduit durant le génocide d’entre 1870 et 1925. Il s’agit des Selk’nam, Haush, Yagan et Kawesqar, comptabilisant aujourd’hui plusieurs milliers de personnes qui revendiquent leurs identités et leurs droits. Pour approfondir ce sujet vous pouvez par exemple consulter cette tribune de Lauriane pour le journal Libération intitulée "Patagonie : mais où sont donc les peuples Yagan, Haush et Selk’nam ?" (en deux parties)

Nous vous recommandons aussi de jeter un œil au magnifique documentaire "Tanana, estar listo para zarpar" (être prêt à partir naviguer) réalisé par Alberto Serrano, directeur du Musée Yagan Usi - Martin Gonzalez Calderon de Puerto Williams

 

Le personnage principal, Martin, est le grand frère d'un des membres honneur de notre association : José German Gonzalez Calderon, venu nous rendre visite en France en 2019 et qui navigue régulièrement avec nous. Sa présentation de la version française de ce documentaire dédié à la tradition yagan de la navigation qu'il a vécu dès son plus jeune âge avec sa famille dans les canaux de Patagonie a été un des moments forts du festival Haizebegi. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page de ce projet, sur le site de l'association. Aussi, pour tout conseil de lecture pour nourrir votre imaginaire, un petit message à notre attention sera suivi d'une réponse qui comblera au mieux vos attentes ;-)

Du détroit de Magellan au cap Horn

Rejoignez notre association pour vivre une aventure unique à la découverte des trésors cachés des cartes en langues autochtones : partez à la rencontre des mystères de Hatitelen à Loköshpi, en passant par Onashaga, le canal Beagle. Contribuez à l'exploration de la richesse de ces lieux et à la préservation de l'héritage culturel des peuples autochtones.