Parmi ces activités d’anniversaire, l’Université de Magallanes organisa un hommage reconnaissant à la dernière locutrice de la langue yagán, Cristina Calderón. Photographie de Luisa Villablanca
Pour le 53ème anniversaire de l’Université de Magallanes (UMAG), le département régional des hautes études a rendu ce jeudi, un hommage mérité à Cristina Calderón, Trésor Humain Vivant du peuple yagán, et représentante de la culture “canoera” (nomades des canaux) de l’extrême sud du Chili.
La cérémonie s’est déroulée à l’Institut de la Patagonie, et a été conduite par le recteur de l’UMAG, Juan Oyarzo, accompagné de l’intendant de Magallanes y Antártica Chilena, Jorge Flies.
La plus grande autorité régionale félicite l’université pour cet “hommage mérité” attribué à Cristina Calderón. “C’est en effet ce que nous devons faire en tant que communauté. Nous avons la chance d’avoir Cristina parmi nous. Nous sommes très heureux qu’elle ait pu venir accompagnée de sa fille et recevoir nos marques d’affection. Nous reconnaissons tous que cet hommage que nous lui faisons est important pour elle, reconnue Trésor Humain Vivant par l’UNESCO.”, signala l’intendant Flies.
Le chef du Gouvernement Régional considère comme un véritable cadeau de donner la possibilité à Cristina Calderon de s’exprimer dans sa langue maternelle. En ce sens, et pour préserver la langue yagán, Flies a annoncé qu’il avait commencé à solliciter le linguiste Oscar Aguilera, celui qui a réalisé de grands travaux sur la langue kawésqar, pour que soit fait, avec Calderon, un travail similaire au bénéfice de la sauvegarde de cette langue.
Pour sa part, le recteur de l’UMAG, Juan Oyarzo, s’est montré très ému à la fin de la cérémonie. “Je suis très touché d’avoir pu diriger cet événement et dire quelques mots à la abuela Cristina cet après-midi”, dit Oyarzo et ajouta “Il est bon de rendre ces hommages tant qu’elle est en vie, mais nous avons aussi un sentiment de culpabilité d’une époque où les gens ne réalisaient pas les conséquences de leurs actes contres les personnes appartenant à cette ethnie et aujourd’hui nous en voyons les effets : une ethnie et une langue sur le point de disparaître”.
“Je suis rempli d’émotion car, bien que tardif, nous sommes parvenus à rendre cet hommage, mais surtout parce que nous sommes une université inclusive qui prétend relier toutes les localités comme Puerto Williams, Puerto Natales ou Porvenir, là où nous avons aussi des centres universitaires”, commenta le recteur. Il annonça qu’il s’engageait à appuyer en tant qu’universitaire les intentions d’une nièce de Cristina, présente à cet hommage, qui souhaite étudier la Pédagogie en Education Maternelle.
Les autorités s’engagent à assurer la gestion de la possibilité, pour Cristina Calderón, d’enseigner sa langue et ainsi préserver et diffuser une partie de sa culture avec le reste de la communauté magellanique.
Publié le 12/07/2015 à 09:30, mis à jour le 21/07/2015 à 10:01
Le collectif Guias a demandé au Ministère des Affaires Étrangères la restitution d'ossements appartenant au fils d'un ancien membre de la tribu Tehuelche, de Patagonie.
En Argentine, une association a contacté le Ministère des Affaires Étrangères pour récupérer les ossements du fils d'un ancien membre de la tribu Tehuelche, originaire de Patagonie.
D'après la chaine de télévision d'information internationale française France 24, le vendredi 3 juillet, le Musée de l'Homme a reçu un mail d'une demande du Ministère des Affaires Étrangères. Une association argentine composée d'anthropologues, le collectif Guias, demande la restitution d'un crâne ramené en France par un explorateur, le comte Henry de La Vaulx.
D'après l'historien argentin Julio Vezub, le musée serait en possession d'une collection d'ossements dans laquelle se trouverait le crâne du fils de Cacique Liempichun Sakamata, l'un des chefs de la tribu Tehuelche, originaire de Patagonie.
France 24 nous explique que c'est pour des raisons de respect et de pratiques religieuses que les ancêtres et le collectif Guias, soutenus par les autorités argentines, souhaiteraient récupérer cet ossement. «Pour les Tehuelche, le cercle de la vie se ferme quand on revient à la terre mère. Sans le retour de leurs ancêtres, leur monde spirituel est incomplet», explique Fernando Miguel Pepe, coordinateur du collectif Guias. «En leur donnant le droit d'être enterré aux côtés de leurs êtres chers et dans leur terre, leurs descendants pourront réaliser les rituels mortuaires qui correspondent à leurs croyances.» Ainsi, une demande officielle a été déposée à la chancellerie française et transmise au Ministère des Affaires Étrangères.
Dérobé à la fin du XIXe siècle
Le Musée de l'Homme, qui est en rénovation depuis 2009 et dont la réouverture est prévue en octobre, affirme avoir bien reçu un mail de réclamation. Mais comme l'explique le directeur des collections, Michel Guiraud, «aucune identification n'a encore été effectuée et aucune décision finale n'a été prise. Une fois l'officialisation de la requête effectuée, et l'identification des ossements réalisée, l'établissement devrait suivre la procédure habituelle. Mais le musée n'a aucune raison de s'y opposer.»
C'est à la fin du XIXe siècle, que le crâne de Patagonie aurait été ramené en France. Entre mars 1896 et mai 1897, le comte Henry de La Vaulx, célèbre explorateur français, a fait le tour de l'Argentine à cheval. Il est allé de tribu en tribu, séjournant dans des communautés locales. C'est ainsi que le comte s'est créé une collection de plantes, de roches et d'ossements. «Une série de crânes et d'ossements garnissent déjà mes caisses. Étranges, ces débris de squelettes! Certains sont peints en rouge brique, d'autres en rouge clair», raconte-t-il le dans ses mémoires Voyage en Patagonie.
D'après France 24, ce n'est pas la première fois que le Musée de l'Homme se retrouve confronté à ce genre de situation. En effet, dernièrement, la communauté du Nunatsiavut, située au Canada, a demandé le retour des ossements de sept Inuits. Autre polémique: la dépouille de Saartjie Baartman, surnommé la «vénus Hottentote», exposée au Musée de l'Homme jusqu'au 1974 puis restituée à l'Afrique du Sud en 2002.
L'histoire de la langue et de la culture galloises en Patagonie.
Jude Rogers part à la découverte de l'incroyable histoire derrière la décision de 150 personnes de parcourir pas loin de 13 000 kilomètres pour établir une colonie galloise reculée, et raconte comment l'héritage de cette aventure donne des frissons encore aujourd’hui.
L'œuvre romanesque de l'écrivain Jean Raspail a donné naissance à un royaume imaginaire : la Patagonie. Des milliers de Français, parmi lesquels Didier Decoin, Michel-Édouard Leclerc ou Jean-Laurent Cochet, revendiquent aujourd'hui cette nationalité. Une manière décalée de résister aux temps présents.
Dans le recueil de romans de l'écrivain Jean Raspail, que vient de réunir la prestigieuse collection «Bouquins», sous le titre Là-bas, au loin, si loin, on peut lire à la fin de son plus grand livre: «Par les temps qui courent et par les temps qui viennent, je tiens désormais pour honneur de me déclarer patagon. Du cimetière de Tourtoirac, en Dordogne, où Antoine de Tounens a transporté son gouvernement et siège pour la fin des temps, j'ai reçu mes lettres de créance, moi Jean Raspail, consul général de Patagonie…»
Une phrase de roman, dira-t-on, sans conséquence, donc. Et pourtant, aujourd'hui, ils sont environ 5000 à se revendiquer patagons, dans le sillage de Raspail. Dans la France de François Hollande, ils ne forment pas un parti, ni une association de 1901. Ils ne sont pas non plus un lobby mais sont bien plus puissants: car ils sont unis par un commun état d'esprit, une sorte de confrérie du cœur. La mythologie patagonne est née en 1976. Jusqu'alors, Jean Raspail était essentiellement…
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Bernie Krause, des Doors au grand orchestre animal ! en replay sur France Culture. Retrouvez l'émission en réécoute gratuite !
Bernie Krause • Crédits : Catherine Donné - Radio France
Musicien de renom aux Etats-Unis, il a collaboré avec les meilleurs groupes dans les années 60 comme les Doors ou encore Strange Days, et a travaillé sur des films fameux comme Rosemary’s Baby , Apocalypse Now , Mission Impossible , La quatrième dimension … Mais un jour, captant des sons dans la nature, la révélation de sa vraie vocation lui vint comme une évidence. Du jour au lendemain, il quitte ce monde des paillettes et du show biz, et repart sur les bancs de l’université….pour devenir un maître en bioacoustique !
Il a enregistré plus de 4500 heures de musique de la nature, immortalisé les sons de 15 000 animaux dans une géophonie subtile et fragile face à l’homme destructeur. Et, au-delà de cette seule captation sonore, il a ouvert un champ de la recherche totalement inédit, fascinant et riche d’enseignement pour notre propre rapport à la nature et à la musique.On lui doit le terme de « biophonie », et il nous offre aujourd’hui de scruter « le grand orchestre animal » du monde entier, de prendre part à cette révolution de notre regard sur le monde qui nous entoure.
Emission spéciale et exceptionnelle dédiée à Bernie Krause , enregistrée à l’occasion de son passage à Paris, musicien, naturaliste, docteur en bioacoustique, auteur du livre Le grand orchestre animal paru chez Flammarion ; une plongée dans ‘l’écologie du paysage sonore’, la biophonie, ces voix d’écosystèmes entiers aux variations diurnes et nocturnes.
Un récit de vie aussi, son rapport à la nature depuis son enfance dans le Coney Island jusqu’à aujourd’hui, les effets insidieux de l’homme sur son environnement, les sons de la nature face à la cacophonie des sociétés humaines. Découverte d’un musicien devenu scientifique pour qui “Les liens étroits entre l’humanité et le paysage sonore ont toujours fait office de lentilles à travers lesquelles nous comprenons le monde”.
Bernie Krause • Crédits : Catherine Donné - Radio France