Quel rôle joue le nouveau voilier de 20m dans la réalisation des activités de Karukinka ?

Quel rôle joue le nouveau voilier de 20m dans la réalisation des activités de Karukinka ?

Un camp de base flottant polyvalent en Patagonie insulaire

Milagro est un voilier d'expédition acquis par l'association Karukinka en 2023 grâce au soutien de ses membres. C'est un ketch Bruce Roberts de 20 mètres en acier qui joue un rôle fondamental dans la réalisation de nos activités associatives. Ce navire, construit en Suède et ayant déjà effectué deux tours du monde, est un véritable "camp de base flottant" permettant d'accueillir diverses initiatives qu'elles soient artistiques, scientifiques ou sportives. #voilier patagonie

Avec ses caractéristiques techniques adaptées (longueur de 20m, maître-bau de 5m25, tirant d'eau de 2m30, motorisation Cummins 180CV, voilure 180m² au près et 295m² au portant), le Milagro offre une plateforme robuste et adaptée pour nos expéditions en régions polaires et subpolaires, domaines d'activité privilégiés de Karukinka.

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Le voilier Milagro au pied d'un glacier de la Cordillère Darwin, Tierra del Fuego, canaux de Patagonie, Chili (Photographie: Diego Quiroga, du voilier Pic La Lune, Ushuaia)

Un navire support pour la logistique de nos expéditions scientifiques, sportives et artistiques

Une infrastructure adaptée aux recherches de terrain

Le Milagro constitue un support logistique essentiel pour les expéditions scientifiques et artistiques menées par Karukinka. Entièrement équipé et isolé, ce navire permet d'accueillir jusqu'à 12 personnes (10 personnes pour les projets de plus d'une semaine) grâce à ses cinq cabines (quatre doubles et une quadruple). Cette capacité d'accueil importante facilite la constitution d'équipes pluridisciplinaires, conformément à l'approche de notre association qui réunit des compétences sportives, artistiques et scientifiques.

L'autonomie considérable du navire (1500L de gasoil, 1000L d'eau + dessalinisateur, groupe électrogène, panneaux solaires...) lui permet d'atteindre des zones reculées et d'y séjourner suffisamment longtemps pour mener à bien nos travaux. Le navire est également équipé pour les télécommunications en zone A4 et d'un accès à internet, garantissant la sécurité et la connectivité même dans les régions les plus isolées comme les canaux de Patagonie (Terre de Feu, Cordillère Darwin, cap Horn, Antarctique...).

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Exploration d'un fjord de la Cordillère Darwin (Terre de Feu) où vèle l'un des nombreux glaciers de Patagonie (voilier Milagro, canaux de Patagonie, Chili, mars 2025)

Un outil pour les projets ambitieux

Grâce au Milagro, Karukinka a pu élargir considérablement ses actions et mettre en place des expéditions et résidences de recherches scientifiques et artistiques en toute indépendance. Le navire est mené par un équipage professionnel bénévole composé de deux à trois personnes diplômées du Brevet d'État Voile et de la Marine Marchande française.

L'acquisition de ce voilier a notamment permis la réalisation de l'expédition Cap Nord - Cap Horn (2023-2025), un projet majeur soutenu par le programme "Mondes Nouveaux" du Ministère de la Culture. Cette expédition, qui relie à la voile le cap Nord en Norvège au cap Horn en Patagonie, s'est conclut par une arrivée en Terre de Feu le 24 janvier 2025, après un voyage de plus de 15 000 milles nautiques et par le passage du cap Horn à la voile en mars et avril 2025.

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Milagro au mouillage dans une des nombreuses baies de la Réserve de Biosphère du Cap Horn (2025)

Financement des activités de l'association

Une section voile pour l'autofinancement

Depuis 2023, Karukinka dispose d'une section voile affiliée à la Fédération Française de Voile. L'association propose des stages de voile réservés à ses membres, ce qui permet de financer ses actions en faveur des peuples autochtones et de garantir la réalisation de projets ambitieux.

Compte tenu du budget nécessaire à la maintenance et à l'utilisation d'un voilier de 20 mètres, et de l'ampleur des projets à long terme de l'association (digitalisation de documents/archives, création de bases de données en ligne, financement de séjours en Europe pour des membres des communautés autochtones), Karukinka définit chaque année en Assemblée Générale la cotisation nécessaire pour participer aux différentes activités de navigation et ainsi pérenniser ses actions.


Un soutien pour la recherche indépendante

Consciente des difficultés rencontrées par les laboratoires et chercheurs pour obtenir des financements en milieux polaires et subpolaires, Karukinka met tout en œuvre pour soutenir des projets scientifiques, artistiques, sportifs et humanistes. Le voilier Milagro joue ainsi un rôle crucial dans cette stratégie d'autofinancement et de soutien à la recherche indépendante.

Pêche artisanale dans les canaux de Patagonie avec José Germán Gonzalez Calderón (patron de pêche et artisan yagan, membre d'honneur de Karukinka et parrain du navire)

L'association propose également ses services pour la réalisation de missions de terrain à bord du Milagro pour des laboratoires, instituts et groupes de chercheurs et/ou artistes. Cette approche permet de mutualiser les ressources et de rendre accessibles des terrains d'étude difficiles d'accès.

Un outil de liberté pour les projets futurs

L'acquisition du Milagro a considérablement élargi les horizons de notre association. Grâce à ce navire nous avons désormais toute la liberté de poursuivre nos actions et recherches au sud du détroit de Magellan, pour commencer de 2025 à 2030 !

Le voilier permet à l'association de mener des projets pluridisciplinaires dans des régions difficiles d'accès, comme les canaux de Patagonie, l'Antarctique, la Géorgie du Sud... Il facilite également la poursuite des travaux avec les peuples autochtones selk'nam, haush et yagan du sud de la Patagonie, qui constituent l'un des axes principaux de travail de l'association.

Arrivée du voilier Milagro dans le canal Beagle, Patagonie, après 15 000mn (photographie de José Germán González Calderón, à côte de Puerto Williams, île Navarino, région du Cap Horn, Chili, 2025)

Le voilier Milagro représente bien plus qu'un simple moyen de transport et n'est pas une fin sinon un moyen. Il constitue un véritable outil stratégique qui permet à l'association de réaliser pleinement sa mission d'exploration, de recherche scientifique et de création artistique en régions polaires et subpolaires.

Grâce à ce navire, Karukinka peut mener des projets ambitieux, autofinancer ses activités, soutenir la recherche indépendante et poursuivre son travail avec les peuples autochtones. Le Milagro incarne ainsi la philosophie de l'association : indépendance, bienveillance et engagement au service de la connaissance et de la préservation des cultures et des environnements des régions extrêmes de notre planète.

Départ du voilier Milagro au port de pêche de Puerto Williams avec un équipage international (Argentine, Chili et France) Aude, Lauriane, Sébastien, Clément, Alejandro, Shenü, Damien, Mirtha (marraine du navire), Alicia, Maria et Vaïna, filmé par José, le parrain de Milagro (janvier 2025)
La communauté Kawésqar Nómades del Mar participe à un atelier de plongée « pour la mémoire historique du territoire » (Journal UChile, 04/05/2025 “Comunidad Kawésqar Nómades del Mar participa de taller de buceo “por la memoria histórica del territorio”)

La communauté Kawésqar Nómades del Mar participe à un atelier de plongée « pour la mémoire historique du territoire » (Journal UChile, 04/05/2025 “Comunidad Kawésqar Nómades del Mar participa de taller de buceo “por la memoria histórica del territorio”)

Dans une interview accordée à Radio et Diario Universidad de Chile, Leticia Caro partage les expériences qui ont marqué une nouvelle édition de cette initiative réalisée dans la région de Magallanes. « Expérimenter comme le faisaient nos anciens », réfléchit-elle. [Diana Porras]

Source : https://radio.uchile.cl/2025/05/04/comunidad-kawesqar-nomades-del-mar-participa-de-taller-de-buceo-por-la-memoria-historica-del-territorio/ traduit de l'espagnol par l'association Karukinka

« La récompense est pour ceux qui veulent préserver ce lien. » C’est ainsi que s’exprime Leticia Caro, représentante et cheffe de la communauté Kawésqar Nómades del Mar, lorsqu’elle partage les expériences qui ont marqué une nouvelle édition de l’atelier de plongée qui s’est tenu dans la région de Magallanes.

Lors des derniers jours de février, quatre instructeurs se sont rendus dans la zone australe pour partager leurs connaissances. Daniela Magnasco, championne nationale d’apnée et médaillée d’or panaméricaine ; Diego Hernández, instructeur de pêche sous-marine ; Enrique Guillaume, instructeur d’apnée ; et Fernando Pardo, organisateur de la rencontre.

Après trois ans, l’initiative a réuni plus de vingt participants qui ont concentré leur apprentissage sur des aspects théoriques et pratiques.

Dans une interview à Radio et Diario Universidad de Chile, Leticia Caro réfléchit : « Il faut se rappeler que les jeunes de l’atelier apprennent à subsister, à comprendre qu’en mer on vit la souveraineté alimentaire et que c’est le cœur de leur culture maritime. »

– Quelle a été l’origine de cette initiative ?

L’origine est très importante car elle donne la direction à ce qui suit… D’abord, le peuple kawésqar est connu au niveau national et international comme l’un des peuples australs victimes de génocide lors de la colonisation, ce qui a aussi entraîné de nombreuses formes d’extinction. Au fond, on a retiré aux Kawésqar leur manière de se déplacer sur le territoire et de se connecter, dans ce cas, nos anciens avec la mer.

En collaboration avec Ramón Navarro (surfeur professionnel), un jour nous avons rêvé. Il me demandait : « Quelle est la façon la plus proche de la mer ? » Je lui ai dit que dans mon cas, seulement en bateau car je ne sais pas plonger ni rien de ce genre. Il m’a dit qu’il m’apprendrait à plonger et je lui ai répondu que j’adorerais, mais que je préside une communauté et que j’aimerais que tout le monde apprenne ce lien avec la mer… que l’histoire nous a un jour retiré.

Quelques mois plus tard, il est revenu avec tout l’équipement, prêt à commencer. Au début, je ne savais pas s’il tiendrait parole, mais il a totalement respecté ce que nous avions convenu, et c’est ainsi que l’atelier de plongée a commencé.

Leticia Caro kawésqar
Leticia Caro. Image sur la chaîne YouTube de UChile Indígena.

– Après trois ans, est-ce toujours d’actualité ?

Oui, et cela a aussi un lien avec le tournage d’un documentaire intitulé « Corazón Salado » où Ramón est venu naviguer avec nous pour voir ce qui se passe avec l’industrie, nos zones de pêche et le niveau d’impact que nous subissons.

Ça a été une expérience très belle et nous avons grandi. Nous avons commencé avec les bases, mais notre idée est aussi de renforcer et de faire grandir cela autant que possible.

C’est pour cela que l’an dernier, Fernando Pardo m’a dit qu’il voulait aider, alors est née l’idée de faire venir des instructeurs pour l’atelier de plongée, et c’est ce que nous avons réalisé en 2025. Cette saison, nous avons reçu quatre experts en apnée et dans différentes disciplines comme la chasse au harpon et le sauvetage en mer. Le niveau des experts était extraordinaire, et en tant que personnes, encore plus.

Ainsi, nous avons concrétisé ce dernier atelier, et il nous reste encore une saison cette année, donc nous espérons les avoir à nouveau ici, soit pour refaire la même chose, soit pour approfondir d’autres sujets comme les premiers secours et tout ce qui a trait à la sécurité. Dans ce cas, les enfants, jeunes et adultes qui se connectent avec la mer sauront qu’ils seront bien préparés.

Ces ateliers sont axés sur le peuple kawésqar, sur les Kawésqar, mais spécifiquement sur ceux qui défendent la mer. Pourquoi ? Parce que le manque d’opportunités que nous avons est vraiment préoccupant. C’est pourquoi la récompense est pour ceux qui veulent préserver ce lien avec la mer et expérimenter comme le faisaient leurs anciens. Cette année, nous avons aussi ouvert l’option à des personnes conscientes de l’importance de protéger la mer et avons intégré quatre personnes non kawésqar mais très engagées.

– Quels souvenirs et émotions ont marqué cette dernière édition de l’atelier de plongée ?

Nous sommes, de façon constante, un groupe très uni. Nous prenons toujours soin les uns des autres, ceux qui sont venus ont ressenti cette affection et c’est, au fond, ce que nous transmettons. De plus, les instructions données ont été très bien reçues et nous avons aussi eu l’opportunité de plonger à différents endroits. Notre atelier de plongée est nomade, en hommage aux Kawésqar qui se déplaçaient en canoë… Je pense que les émotions sont nombreuses et variées car ce que nous recevons n’est pas anodin. Il faut se rappeler que les jeunes de l’atelier apprennent à subsister, à comprendre qu’en mer on vit la souveraineté alimentaire et que c’est le cœur de leur culture maritime. Donc, les sentiments sont de la gratitude envers les instructeurs, chacun avec sa spécialité… c’était émouvant. Ils nous ont vus tels que nous sommes, sans déguisements.

– Où s’est déroulé l’atelier ?

L’atelier s’est déroulé à Punta Arenas, précisément dans la baie de Río Seco, la baie du 21 mai et la baie de Punta Árbol. Dans un Espace Côtier Marin (ECMPO) que nous demandons à protéger et que nous avons nommé Tawokser.

atelier de plongée avec le peuple kawesqar
Image sur @buceo_nomades.del.mar

– En se rappelant ces liens ancestraux, le rôle des femmes était aussi lié à la mer. Quels autres récits pouvez-vous partager ?

L’une des choses très importantes, et la raison pour laquelle nous faisons appel ici à la mémoire de la plongée, c’est que les femmes, les anciennes, étaient d’excellentes plongeuses. Elles naissaient pour cela…

Elles étaient chargées de la collecte des coquillages et autres produits de la mer, tandis que les hommes se consacraient à la chasse et à d’autres activités.

Il y a eu une rupture dans l’utilisation, dans les modes de subsistance, due à la colonisation, qui a mis fin aux activités propres au peuple kawésqar. Et ce n’est pas une vieille histoire, c’est une histoire récente. Elle n’a pas plus de deux cents ans… on a progressivement cessé de faire ce qui caractérisait les Kawésqar depuis six mille ans.

C’est à nous d’essayer de les faire revivre.

La langue aussi est mutilée et perdue, nous essayons de la récupérer d’une manière ou d’une autre. Pas comme la parlaient les anciens, car la langue est liée au territoire, aux expériences et à la vision du monde. Nous essayons d’adapter ce monde, cette langue à ce que nous avons aujourd’hui, c’est-à-dire l’espagnol. C’est ainsi que nous comprenons les taiwaselok hoyok, qui signifient littéralement les Kawésqar morts (les ancêtres), et la mer Chams waes.

Nous sommes en plein moment de ces sauvetages.

– « La colonne suivante a un but explicatif », informait la communauté dans un texte publié par la Prensa Austral intitulé Les huit étapes des ECMPO (Espaces Côtiers Marins des Peuples Autochtones). Pourquoi avez-vous jugé nécessaire de rendre ce sujet visible ?

L’idée des colonnes dans la presse est de fournir des informations fiables sur la Loi Lafkenche (20.249). Elles cherchent à expliquer simplement l’objectif de ces espaces côtiers, car en Magallanes et en Aysén, ils ont été mutilés d’une certaine manière par la Commission Régionale d’Utilisation du Littoral (CRUBC).

Environ un mois avant la réunion de la CRUBC, on diabolise tellement les espaces marins que c’est comme si nous essayions de nous approprier un espace où personne ne pourra entrer. Nous essayons d’éclaircir ces points.

Les espaces côtiers marins sont nés de ce manque de garanties pour les peuples autochtones dans la Loi sur la pêche. Et si aujourd’hui on regarde la discussion sur la Loi sur la pêche, les peuples autochtones sont absents de leurs droits… nous ne sommes inclus nulle part. La seule chose qui garantit nos droits en tant qu’habitants côtiers, c’est la Loi Lafkenche. C’est la seule chose qui assure que nos droits d’usage coutumier seront protégés… Or, la Loi Lafkenche est orientée vers le peuple mapuche et son mode de vie sur le littoral. Celui-ci est différent de celui des Kawésqar, mais la loi peut concilier les deux. On a beaucoup dit que nous demandons des espaces très grands. Mais personne ne se rend compte que les canaux sont très étroits, personne ne se rend compte que nous sommes les descendants d’un peuple nomade de la mer où tout espace est petit et où nous n’atteignons même pas un quart de ce qu’était le territoire kawésqar dans son étendue.

Cependant, l’industrie du saumon, les privés et aussi des politiques favorables à l’industrie ont déclaré qu’ils ne nous approuveraient rien, que quoi que nous fassions, à l’arrivée devant la CRUBC, nous n’aurons aucune garantie de droits. Cela en soi est une atteinte.

Alors, nous disons : –Bon, mais nous aurons l’occasion d’informer. Parce qu’on fait croire aux gens que nous allons nous approprier et faire payer l’entrée dans ces espaces… c’est absurde. Certains marins disaient même qu’ils ne pourraient plus surveiller, leurs phares ou autres, ce qui est le comble de l’invention. La Loi Lafkenche ne prime ni sur le secrétariat des Forces armées, ni sur la Marine, ni sur rien de ce qui touche au littoral. Elle ne prime sur aucune loi qui régule aujourd’hui la pêche artisanale, l’aquaculture, etc.

Nous espérons que ces informations aideront la population à s’informer et à s’émanciper, car elle peut aussi se joindre à nous. Les droits d’usage coutumier seront les nôtres, mais les espaces sont à tous et ensemble nous pouvons les préserver.

L’appel est à s’informer, à comprendre que les peuples autochtones ne sont ennemis de personne et que, en particulier, notre communauté mise sur une reconquête. Pour une reconnexion, pour la mémoire historique du territoire et, dans ce cas, pour la défense de la mer.

Ne pas se laisser emporter par les fake news (fausses informations).

Partagé par l’Association à but non lucratif Karukinka

“C’est une étape historique pour la communauté autochtone” (Aire Libre, 23/04/2025 “Esto es un paso histórico para la comunidad indígena”)

“C’est une étape historique pour la communauté autochtone” (Aire Libre, 23/04/2025 “Esto es un paso histórico para la comunidad indígena”)

Le Gouvernement de la Province a procédé ce lundi à Tolhuin à la remise des cinq premiers actes de naissance intégrant l'identité autochtone à des membres de la communauté (autochtone) des peuples de Terre de Feu, délivrés par le Registre Civil. Après cet événement historique pour la communauté, AIRE LIBRE FM a interrogé la vice-présidente de la Communauté Selk’nam Rafaela Ishton, Antonela Guevara, au sujet de cette avancée.

Guevara a déclaré : « Nous avons les six premiers actes de naissance reconnaissant l’appartenance autochtone. Principalement, nier ou omettre l’identité d’une personne dès l’acte de naissance est un acte grave, qui était une pratique du colonialisme. Donc, aujourd’hui, il faut le souligner, ce n’est pas l’État national qui le reconnaît, mais l’État provincial : en reconnaissant nos actes de naissance avec l’appartenance autochtone, il vient garantir les droits collectifs, tout ce que cela implique pour la cosmovision de notre communauté, la vie sur le territoire, vivre sur un territoire communautaire et non en propriété privée, le respect des coutumes ancestrales ; c’est donc bien plus qu’un simple acte administratif. »

« Justement, en sortant de cette cérémonie, ils m’ont dit, non maman, pour nous, comme me l’a dit Valentín, il m’a dit : je veux que tu saches maman que pour nous c’est important et écouter tout ce que tu as dit autour de la table nous apprend que nous devons maintenir vivante la mémoire de notre peuple. Je crois donc qu’ils sont nés dans la communauté, ils ont vécu de nombreuses années le conflit de la communauté, ils savent ce que signifie la lutte pour défendre nos droits et pour essayer de bien faire les choses, ils ont donc un engagement et une conscience de ce qu’ils font. C’est aussi important », a exprimé la vice-présidente de la Communauté Selk’nam Rafaela Ishton.

« C’est un fait historique, non seulement dans la province, mais aussi dans le pays. C’est la première fois que cela arrive, comme l’a exprimé le Secrétaire à la Justice, Gonzalo Carrillo, et grâce au fait qu’hier on a pu visibiliser d’une certaine manière ce qui se passait, beaucoup de familles de notre peuple se sont jointes, plusieurs autres démarches ont été entamées hier même et plus de 15 personnes rassemblent leurs documents pour faire la demande, et aussi avec la nouvelle que le peuple Yagán m’a contactée hier pour que je leur explique comment faire, donc sûrement, je ne sais pas si ce sera cette semaine, mais la prochaine il y aura des nouvelles concernant l’autre communauté de la province de Terre de Feu, le peuple Yagán, qui dispose d’une personnalité juridique et pourra également effectuer cette démarche. Parce que l’un des critères est de disposer de la personnalité juridique », a-t-elle assuré.

L’héritage du canoë Kawésqar et la résistance depuis la mer (La Prensa Austral 13/04/2025, “El legado canoero de los Kawésqar y la resistencia desde el mar”)

L’héritage du canoë Kawésqar et la résistance depuis la mer (La Prensa Austral 13/04/2025, “El legado canoero de los Kawésqar y la resistencia desde el mar”)

[Les Kawésqar et les Yagan sont des groupes nomades. La navigation en canoë se faisait pour la subsistance et dans les fjords, canaux et îles de Patagonie]

Selon les registres de la Corporation nationale indigène (Conadi) au niveau national, 3 213 communautés et 1 843 associations indigènes ont été créées à ce jour [au Chili]. La loi Lafkenche a comblé une lacune dans l’accès des peuples autochtones côtiers aux ressources et à la protection de leurs usages traditionnels. De cette manière, différents peuples autochtones pourront accéder à ce nouveau statut, selon leurs coutumes ancestrales. Le peuple Mapuche, entre les huitième et onzième régions, les peuples Chango et Diaguita au nord. Quant au peuple Kawésqar, l'extension s'applique du golfe de Penas au détroit de Magellan.

Contrairement à d’autres peuples, les Kawésqar et les Yagan se caractérisent par le fait qu’ils vivent en canoë et sont des groupes nomades. La navigation se faisait en canoë, avec un feu allumé au centre, pour la subsistance et dans chacun des fjords, canaux et îles explorés par nos Taiwaselok hoyok (ancêtres). Ces anciennes coutumes sont devenues illégales et impraticables dans le monde actuel et ses lois modernes.

Le voyage pour les Kawésqar servait également de moyen d'enseignement par transmission orale, des adultes aux enfants, en leur faisant découvrir les noms des différents lieux, la flore et la faune, ainsi que les techniques de navigation, de chasse, de pêche et de cueillette. Le territoire qu'ils parcouraient comprenait deux grands secteurs, divisés d'est en ouest : jáutok et málte, qui étaient occupés selon les saisons de chasse, de pêche et de cueillette. Jáutok est le nom donné à la zone des canaux intérieurs, où les eaux sont plus calmes ; tandis que Malte était le nom donné à la côte extérieure faisant face au Pacifique et au détroit de Magellan aujourd'hui.

Cela dit, compte tenu du vaste territoire parcouru par nos ancêtres et celui que nous parcourons aujourd’hui, où nous pouvons légitimement revendiquer, protégés par la loi, les usages et la protection de la mer, ce serait une erreur de le considérer comme exclusif d’activités telles que la pêche artisanale. Le peuple Kawésqar avait un régime alimentaire basé principalement sur les fruits de mer, consommant de la viande de mammifères marins et terrestres, du poisson et des crustacés, complétés par des fruits sauvages, des plantes et des champignons.

La loi Lafkenche vise à harmoniser et à rendre compatibles les usages coutumiers du littoral avec les autres activités exercées dans les mêmes zones. Par rapport à la vision du monde des anciens, des activités telles que la voile, la plongée, la pêche ou, aujourd’hui, la cinématographie, le tourisme et la recherche, sont compatibles avec l’environnement maritime. L’objectif ultime est d’assurer la protection des écosystèmes, et tant que ces activités ne perturbent pas l’équilibre naturel des eaux, elles ne constitueront pas un obstacle.

Cette vision du territoire maritime est fréquemment déformée par des discours de désinformation qui cherchent à aliéner les peuples autochtones d’autres secteurs, afin de désinformer sur les demandes d’espaces marins côtiers des peuples autochtones (ECMPO), afin qu’elles soient rejetées par les autorités de l’État chilien. Le lobbying intense derrière les décisions prises a déjà été évoqué dans des chroniques précédentes, qui est loin de respecter les normes minimales de transparence et, au contraire, stigmatise et promeut les discours racistes et haineux contre les peuples autochtones du territoire.

Nous, les Kawésqar, ne réclamons pas l’exclusivité, ni ne voulons posséder quoi que ce soit, mais plutôt le droit d’exister sur notre territoire sans être étiquetés comme des obstacles au développement. La loi Lafkenche doit être considérée comme un pont, et non une barrière, entre la vie de nos ancêtres qui ont navigué sur les eaux et la vie d’un pays qui doit apprendre à coexister sans effacer leur mémoire. Face au lobbying et à la désinformation, tout ce que nous pouvons faire est de continuer à naviguer avec la vérité au premier plan, jusqu’à ce que notre droit devienne une réalité.

Groupes familiaux de nomades marins de la communauté de Kawésqar

Source: https://laprensaaustral.cl/2025/04/13/el-legado-canoero-de-los-kawesqar-y-la-resistencia-desde-el-mar/ Traduit de l'espagnol par l'association Karukinka

[Portrait] Cristina Zarraga, la “ikamanakipa” (femme qui écrit)

[Portrait] Cristina Zarraga, la “ikamanakipa” (femme qui écrit)

Cristina Zarraga est une écrivaine et chercheuse chilienne, née à Concepción, reconnue comme une nouvelle gardienne de la langue yagan, langue autochtone du sud de la Patagonie.

Petite-fille de Cristina Calderón (connue comme la dernière locutrice native du yagán), elle s’est engagée dans la préservation et la transmission de ce patrimoine linguistique et culturel.

cristina zarraga yagan langue autochtone culture yagan dictionnaire peuple yagan chili communauté autochtone

Avec le linguiste Oliver Vogel, elle a publié en 2010 un dictionnaire yagán utilisé aujourd’hui dans certaines écoles pour enseigner la langue aux nouvelles générations. Elle est également l’auteure de plusieurs livres sur sa grand-mère et sur les légendes et traditions yagánes, contribuant ainsi à la sauvegarde de la mémoire et de l’identité de ce peuple autochtone réparti entre le Chili et l'Argentine. Cristina Zárraga se définit comme ikamanakipa (femme qui écrit) et joue un rôle central dans la valorisation et la revitalisation de la culture yagán, notamment à travers l’adaptation et la traduction de récits oraux transmis par sa famille.

Elle anime des ateliers de langue yagan au sein de la communauté, participe à la transcription et à la documentation de récits oraux, et collabore avec des linguistes pour créer des ressources pédagogiques et de revitalisation linguistique essentielle de cette langue en péril.

Voici quelques écrits majeurs de Cristina ayant joué un rôle central dans la préservation et la valorisation de la langue et de la culture yagán :

  • Yágankuta – Pequeño Diccionario Yagán (2010)
    Co-écrit avec le linguiste Oliver Vogel, ce dictionnaire illustré, accompagné d’un CD audio, est l’un des premiers outils pédagogiques modernes pour l’apprentissage du yagán. Il est utilisé dans certaines écoles pour enseigner la langue aux jeunes générations et comprend des explications sur la prononciation, des activités de lecture, ainsi que des légendes racontées en yagán et en espagnol par Cristina Calderón. (lien vers les éditions PIX)
  • Cristina Calderón. Memorias de mi abuela Yagán (2017)
    Biographie de sa grand-mère, Cristina Calderón, dernière locutrice native du yagán, ce livre retrace l’histoire familiale et la transmission des savoirs et traditions. Il contribue à la mémoire collective et à la reconnaissance de l’importance de la culture yagán.
  • Hai kur Mamashu shis (Je veux vous raconter une histoire, 2005)
    Recueil de contes, récits et histoires de vie recueillis auprès de sa grand-mère, destiné à préserver l’oralité et la richesse narrative du yagán.

Pour découvrir d'autres articles dédiés aux peuples autochtones de Patagonie, rdv sur la page dédiée de notre blog

La péninsule Mitre : une réserve naturelle de tourbières, montagnes et forêts sub-antarctiques

La péninsule Mitre : une réserve naturelle de tourbières, montagnes et forêts sub-antarctiques

Située à l’extrémité sud‑est du secteur argentin de l’île Grande de Terre de Feu, la péninsule Mitre correspond au vaste massif sauvage compris entre la façade atlantique, le canal Beagle oriental et l’isthme qui la relie aux vallées de Río Grande et d’Ushuaia. Ce territoire relève administrativement du département d’Ushuaia, dans la province de Tierra del Fuego, Antártida e Islas del Atlántico Sur. Longtemps dépourvue de statut juridique spécifique malgré son caractère presque inhabité, la zone a été identifiée par la province comme « d’intérêt environnemental, naturel et culturel » en 2020, prélude à son intégration au système provincial d’aires naturelles protégées.

La péninsule Mitre intègre le système d’aires protégées d'Argentine

En décembre 2022, la Législature de Tierra del Fuego a adopté la Loi provinciale n° 1461, qui crée l’« Área Natural Protegida Península Mitre » (ANPPM) et l’inscrit formellement dans le Système Provincial d’Aires Naturelles Protégées établi par la Loi n° 272. Cette loi définit l’aire comme englobant la portion terrestre de l’extrémité orientale de l’île Grande de Terre de Feu, la frange marine adjacente ainsi que les zones marines entourant l’île des Etats (Isla de los Estados), Isla de Año Nuevo et les îlots associés, séparés de l'île de Terre de Feu par le détroit de Le Maire et incluant tous les plans d’eau intérieurs. L’ANPPM complète ainsi le Parc national Tierra del Fuego et le système d’aires provinciales déjà existants, en assurant une continuité spatiale de protection depuis la cordillère Darwin jusqu’à l’extrémité atlantique de l’archipel.

carte d'illustration issue du site argentin : https://prodyambiente.tierradelfuego.gob.ar/area-natural-protegida-peninsula-mitre-tdf/

Superficie, zonage et cadre juridique

Selon la documentation officielle de la province de Tierra del Fuego, l’Area Natural Protegida Península Mitre couvre environ 300 000 hectares terrestres et 200 000 hectares marins, soit un peu plus de 500 000 hectares au total à l’échelle de l’extrémité orientale de l’archipel. La Loi 1461 précise que ses limites suivent, côté ouest, une série de repères cadastraux, de coordonnées géographiques et de cours d’eau, dont le Rio Moat, tandis que, vers le sud, l’est et le nord, elles se prolongent en mer selon un tracé décrit par une succession de points géodésiques. Ce dispositif juridique découpe un continuum terrestre‑marin intégrant falaises atlantiques, caps exposés au large, golfes abrités et arrière‑pays montagneux et tourbeux.

La loi provinciale institue un zonage interne articulé autour de plusieurs catégories d’aires protégées, destinées à concilier conservation stricte, usages traditionnels et activités compatibles avec les objectifs de protection. Sont notamment créés :

  • le Parc naturel provincial Península Mitre, défini comme un environnement de conservation paysagère et naturelle soumis à un usage non extractif et à une intervention étatique rigoureuse ;
  • la Réserve forestière naturelle Península Mitre, qui associe objectifs de conservation et utilisation forestière sous contrôle technique de l’État provincial ;
  • le Monument naturel provincial « Formación Sloggett », visant la protection d’affleurements géologiques et paléontologiques de haute valeur scientifique ;
  • des réserves côtières naturelles et une réserve provinciale d’usages multiples, permettant des activités économiques et récréatives encadrées.

La mise en œuvre de ce zonage s’inscrit dans le cadre plus large de la politique provinciale de conservation, qui reconnaît, dans sa Constitution et dans son Système d’Aires Naturelles Protégées, la responsabilité de préserver les services écosystémiques et le patrimoine culturel pour les générations présentes et futures. Des textes complémentaires, comme la Loi provinciale n° 1487, sont venus ajuster certains aspects de la loi de création pour faciliter la gestion et la planification opérationnelle de l’aire.

Un noyau majeur de tourbières subantarctiques

La péninsule concentre l’essentiel des tourbières de la province et, plus largement, la grande majorité des tourbières de l’Argentine. À l’échelle nationale, environ 95 % des tourbières du pays se situent en Tierra del Fuego et elles sont massivement regroupées là. Elle représente un noyau stratégique de stockage de carbone à l’interface de l’Atlantique Sud et des Andes australes. Ces tourbières, véritables « éponges » paysagères, accumulent au fil des millénaires des couches de matière organique partiellement décomposée (la tourbe), pouvant atteindre plusieurs mètres d’épaisseur, dans un contexte de climat froid, humide et venteux.

péninsule mitre
Photo réalisée par Rodolfo Iturraspe et issue du site dédié aux zones humides https://lac.wetlands.org/declararon-area-natural-protegida-a-la-peninsula-mitre-en-tierra-del-fuego/

Du point de vue de l’Argentine, la reconnaissance de la péninsule Mitre comme aire protégée renforce l’intégration des tourbières dans les stratégies de mitigation du changement climatique et de gestion des zones humides. Les tourbes agissent comme de grands réservoirs de carbone, jouant un rôle dans la régulation hydrologique et la stabilité du climat, ce qui est désormais pris en compte dans les politiques nationales de zones humides et les engagements climatiques du pays. La désignation de sites Ramsar supplémentaires en Terre de Feu, explicitement justifiée par la présence de vastes complexes tourbeux et par leur fonction de puits de carbone, s’inscrit dans la même logique d’articulation entre conservation locale et enjeux climatiques globaux.

Valeurs biologiques, géologiques et culturelles

À l’échelle de la Terre de Feu, la péninsule Mitre se distingue par la juxtaposition de plusieurs ensembles de paysages : lisières forestières de lenga et de guindo, cordons de collines et de montagnes basses, plateaux tourbeux, vallées fluviales encaissées et un littoral atlanto‑austral ponctué de falaises et de baies isolées. La province met en avant la présence de colonies d’oiseaux et de mammifères marins, de zones humides littorales, de marais d’eau douce et de massifs de tourbières, qui fournissent des habitats à de nombreuses espèces emblématiques de la région subantarctique.

La loi de création de l’ANPPM insiste également sur l’importance des valeurs paléontologiques et archéologiques, à travers la protection de la Formation Sloggett et de gisements témoignant d’occupations humaines anciennes. Des vestiges et traces de la présence des peuples autochtones, en particulier des Selk’nam/Haush et Yagan, sont identifiés dans la péninsule, prolongeant le continuum culturel déjà reconnu dans l’ensemble de l’archipel fuégien. Ces dimensions culturelles complètent la valeur écologique de la zone en justifiant une approche de conservation intégrée, attentive à la fois aux écosystèmes et à la mémoire des usages autochtones.

La côte Est de la péninsule Mitre dans la brume, vue depuis le détroit de Lemaire à bord du voilier Milagro
La côte Est de la péninsule Mitre dans la brume, vue depuis le détroit de Le Maire à bord du voilier Milagro (Expéditions Karukinka, janvier 2025)

Accès, réglementation et gestion adaptative

Du fait de son isolement, la péninsule Mitre demeure l’une des régions les plus difficilement accessibles de la province, ce qui limite naturellement la pression anthropique mais impose aussi des exigences particulières en matière de sécurité et de contrôle. Les autorités provinciales ont mis en place une procédure d’accès qui oblige toute personne ou groupe souhaitant entrer dans l’aire à remplir un formulaire préalable et à obtenir une autorisation de la Secretaría de Ambiente au moins dix jours avant la date prévue d’entrée. Ce dispositif vise à concilier la vocation de conservation avec des usages tels que la randonnée d’expédition, la recherche scientifique ou certaines activités productives à faible impact, en assurant une connaissance préalable des itinéraires et des durées de séjour.

Sur le plan de la gestion, la province de Tierra del Fuego annonce travailler à l’élaboration d’un plan de gestion spécifique pour l’ANPPM, en cohérence avec le cadre plus général des plans de gestion existants pour le Parc national Tierra del Fuego et pour les réserves provinciales. Les communications officielles insistent sur la nécessité de structurer ce plan autour de la participation des acteurs locaux, des communautés scientifiques et des organisations de la société civile, dans la continuité des décennies de mobilisation qui ont précédé la création de l’aire. La planification intègre explicitement la problématique des espèces exotiques envahissantes, des impacts d’éventuels projets d’infrastructures et des risques liés à une fréquentation non encadrée dans un environnement tourbeux particulièrement fragile.

Articulation avec la géopolitique et la planification régionale

À l’échelle géopolitique, l’aire naturelle protégée Península Mitre renforce la présence effective de l’État argentin sur l’extrémité orientale de l’île Grande de Terre de Feu et sur les espaces maritimes adjacents, dans un secteur qui fait face au passage maritime stratégique du détroit de Le Maire et aux routes antarctiques. En protégeant juridiquement un vaste continuum terrestre et marin peu habité, la province consolide à la fois des objectifs de souveraineté, de conservation de la biodiversité et de contribution aux engagements climatiques internationaux.

Dans la mosaïque d’aires protégées et de territoires de production qui structurent aujourd’hui la Grande Île de Terre de Feu, la péninsule Mitre occupe ainsi une place singulière : complémentaire du Parc national Tierra del Fuego et des réserves provinciales, en miroir, côté atlantique, des grands ensembles de conservation de la cordillère de Darwin et de Karukinka sur le versant chilien.

Pour en savoir plus sur les initiatives locales en faveur de la protection de l'environnement en Terre de Feu argentine, nous vous recommandons de jeter un œil aux publications et activités de l'association Mane'kenk

Bibliographie

Articles et chapitres scientifiques

  • Barreda, V. et al. (2013). Paleogene flora of the Sloggett Formation, Tierra del Fuego, Argentina. CONICET / Centro Austral de Investigaciones Científicas (CADIC). Disponible via Repositorio CONICET.
  • Fundación Manekenk. (2020). Turberas de Península Mitre. Ushuaia.
  • Fundación Manekenk. (2022). Creando el área protegida Península Mitre. Ushuaia.
  • Geoflama. (2021). El cañón submarino Sloggett: el gran lago fueguino del Pleistoceno tardío. Blog de divulgación geológica argentina.​
  • ​Gobierno de la Provincia de Tierra del Fuego, Antártida e Islas del Atlántico Sur. (2023). Área Natural Protegida Península Mitre. Secretaría de Ambiente y Desarrollo Sustentable.
  • Gobierno de la Provincia de Tierra del Fuego, Antártida e Islas del Atlántico Sur. (2024). Área natural protegida Península Mitre TDF (sitio oficial). Secretaría de Ambiente y Cambio Climático.
  • Malumián, N., & al. (2012). Sr-isotope chronostratigraphy of Paleogene–Neogene marine deposits: Austral Basin, southern Patagonia (Argentina). Marine and Petroleum Geology, 37(1), 124–146.
  • Malumián, N. et al. (2015). Sr-stratigraphy and sedimentary evolution of early Miocene marine foreland deposits in the northern Austral (Magallanes) Basin, Argentina. Andean Geology, 42(3), 388–418.
  • Ponce, J. F. et al. (2021). Geomorphology and sedimentary processes on the Sloggett submarine canyon, Tierra del Fuego margin (Argentina–Chile). Continental Shelf Research, 227, 104488.
  • Ponce, J. F. et al. (2025). Análisis geomorfológico del cañón Sloggett (Sverdrup Channel, Canal de Beagle). Comunicación en congreso, Repositorios Digitales MINCyT / CONICET.
  • Varios autores. (année). Estratigrafía, sedimentología y palinología de la Formación Sloggett, Tierra del Fuego. Revista de la Asociación Geológica Argentina.