Les castors occasionnent des dégâts en abattant des arbres et en obstruant les rivières (illustration). - [RTS/Leine Stikkel]
L'Argentine et le Chili ont opté pour un plan d'extermination face à une invasion de castors dans la région d'Ushuaïa, en Patagonie. Quelque 100'000 rongeurs seront tués pour protéger la forêt.
Dix chasseurs trappeurs entraînés pour opérer dans des conditions extrêmes ont été chargés de la mission dans la province de la Terre de feu, à la pointe sud du continent américain, ont annoncé lundi les autorités argentines. L'opération devrait durer plusieurs années.
Ils attireront les castors dans des pièges et les tueront d'un coup sur la tête. L'initiative a le soutien des Nations unies et d'organisations de défense de l'environnement, précise le gouvernement provincial.
Rivières obstruées
L'accord de coopération entre le Chili et l'Argentine cible ces animaux, car "ils coupent un petit arbre en quelques heures et un arbre plus grand en quelques jours. On parle d'arbre vieux de 100 à 150 ans".
La prolifération de castors en Terre de feu endommage la forêt et obstrue les rivières. [Biophoto - Sylvain Cordier]
Ils abattent notamment des hêtres de Terre de feu, qui peuvent atteindre 30 mètres de haut, "provoquant des inondations car ils obstruent des rivières", précise le directeur des zones protégées de la province la plus australe de l'Argentine.
ats/jvia
Publié le 15 novembre 2016 à 08:43
L'espèce de castors aujourd'hui indésirable avait été introduite en Terre de feu en 1946, une cinquantaine de rongeurs venant du Canada, pour alimenter les tanneries locales. Les castors se sont ensuite reproduits de manière incontrôlée. Les autorités estiment que les castors ont détruit 400 km2 de forêt.
Dans un documentaire, Claudio Bertonatti, un scientifique argentin, compare la vue de cette zone à un paysage de guerre. "Quand j'ai vu cela, cela m'a fait penser à la Pologne durant la seconde guerre mondiale, où les grandes forêts avaient été bombardées, incendiées".
Le plus grand sanctuaire marin au monde va être créé en Antarctique, aux termes d’un accord obtenu après des années de négociations. Il s’étendra sur une superficie de plus de 1,55 million de kilomètres carrés, dont 1,12 million km2 interdits à la pêche.
Vendredi 28 octobre, après des années de négociations, les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) ont approuvé à l’unanimité un accord « historique ». Après quelques modifications apportées au texte d’origine présenté par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, «l’ accord final tient en équilibre la protection marine, la pêche durable et les intérêts scientifiques », a détaillé Murray McCully, le ministre des affaires étrangères néo-zélandais.
Ce sanctuaire exceptionnel est destiné à protéger la zone immaculée de la mer de Ross en Antarctique ; une immense baie côté pacifique, sous juridiction néo-zélandaise. Du nom de l’explorateur britannique James Clark Ross qui l’a découverte en 1841, elle fait office de zone vierge de toute pollution, de surpêche et d’espèces invasives. On la surnomme « le dernier océan », abritant une très riche biodiversité dont un tiers des manchots Adélie et d’innombrables krills (petites crevettes nourrissants poissons, phoques, baleines et oiseaux marins).
Ce projet porte sur une zone de 1,57 million de kilomètres carrés dont 1,12 million seront totalement protégés de tout prélèvement, pêche comprise. L’équivalent en surface de l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie réunies.
Jusqu’en 2015, le gouvernement chinois y était réticent, avant de s’incliner. Ne manquait plus que l’accord de la Russie, qui s’opposait au projet en raison des droits de pêche. Désormais, l’accord est signé, courant sur 35 ans.
« Une avancée majeure pour la protection de la vie sauvage », saluée par le WWF France. Sa présidente et ancienne navigatrice Isabelle Autissier ajoute : « l’accord qui a été trouvé est un moment décisif pour l’avenir et la protection de l’Antarctique et de l’océan Austral […] Après des années d’impasse lors des réunions annuelles de la CCAMLR, cette décision va donner un nouvel élan au sein de la Commission qui nous permettra, nous l’espérons, d’atteindre un statut de protection permanent pour la mer de Ross au cours des prochaines années et d’obtenir par ailleurs un statut d’Aire Marine Protégée en Antarctique Est et dans la mer de Weddell ».
Projection de Yamana, retour en Patagonie, un film de Fabrice Marquat (2008 – 80 min) Jeudi 10 novembre de 18h30 à 20h30 à la Médiathèque Aimé Césaire 61 rue Mirabeau, 25000 Besançon
D’où nous vient le désir d’ailleurs, de voyages et d’aventures ? Qu’attend-on de ces exils définitifs ou momentanés ? Pendant un voyage à moto en Patagonie, le réalisateur se penche sur son histoire familiale et part à la rencontre de femmes et d’hommes qui ont tout quitté pour le mythe patagon. Venus des quatre coins du monde, ils vivent la Patagonie à leur façon, entre fascination et désillusion. Carnet de route intimiste, Yamana est avant totu un regard sensible posé sur l’autre et son parcours.
Projection suivie d’une discussion avec le réalisateur
Média dédié à la science et la découverte, l’Esprit Sorcier s’est associé à l’Ifremer pour une émission événement sur le thème « Océan et Climat ». Présentée par Fred Courant, cette émission a été enregistrée en direct le 30 octobre dernier depuis le centre Ifremer Bretagne. Elle a réuni des scientifiques de l’institut autour de son PDG François Jacq et de l’explorateur Jean-Louis Étienne.
Le Rotary Club Annecy et ses partenaires ont le plaisir de vous convier le 10 octobre 2016 à l’Impérial Palace d’Annecy à une conférence de Laurence de la Ferrière.
Cette grande exploratrice alpiniste a défié seule l’Antarctique, un des lieux les plus hostiles de la planète, et a gravi sans oxygène les plus hauts sommets du monde.
A travers son expérience exceptionnelle, riche en exploits depuis plus de 25 ans, vous pourrez découvrir les mécanismes mis en oeuvre pour atteindre un objectif difficile et surmonter ses propres limites.
Seule dans le vent des glaces
Laurence de la Ferrière est née à Casablanca au Maroc. A vingt ans, elle découvre la haute montagne et renonce alors à la flûte traversière et à la médecine pour partir à la conquête des plus hauts sommets du monde avant de s’engager dans l’exploration polaire arctique et antarctique. Le 23 novembre 1999, Laurence de la Ferrière quitte le pôle Sud. Elle a pour seuls équipements de progression une paire de skis et des voiles, pour seuls liens la rattachant à la civilisation un téléphone satellite et une balise Argos. Harnaché à ses reins, un traîneau de 140 kilos contenant de quoi assurer sa subsistance en autonomie totale.
Devant elle, l’étendue blanche à perte de vue d’une terre où aucune vie animale ni végétale n’est possible, et près de 3000 km à parcourir sous des températures pouvant descendre jusqu’à – 50° C.
«Mon destin était d’être là. Toute ma vie s’est construite pour que j’aille là.» Et au bout de son chemin, au lieu de «l’enfer blanc» que redouterait le commun des pécheurs, elle a découvert le paradis du défricheur d’espace. «C’est comme si vous aviez l’infini devant vous, l’infiniment grand, l’infiniment beau, l’infiniment blanc, l’infinie liberté. Pour moi, c’est la plus grande expression de liberté qu’un être humain puisse rencontrer. Quand je marchais, je me retournais, je regardais ma trace, elle n’avait pas de fin, c’était formidable.»
Première traversée en solitaire de l’Antarctique, du Pôle sud à la Terre Adélie en passant par Dôme C, une première mondiale. Laurence est la première et la seule femme au monde à avoir traversé intégralement l’Antarctique.
Laurence de la Ferrière, c’est aussi l’Everest en 1992 avec le record mondial féminin d’altitude sans oxygène à 8700 m. D’autres exploits sont à son actif avec le Spitzberg, le Groenland, la Sibérie orientale, le McKinley, l’Aconcagua…
En 2008, elle dirige la base Dumont d’Urville en Terre Adélie. Représentante de l’Etat français sur ce territoire, elle est garante de la sécurité d’une équipe de 26 personnes dont l’isolement total pendant 9 mois est un défi qui n’a rien à envier aux expéditions en solitaire !
L’ensemble des fonds récoltés grâce à la conférence de Laurence de la Ferrière seront intégralement investis dans la construction de puits par l’association “Les Puits du Désert – ONG Tidène”.