L'exploration ne se termine ni avec le premier regard, ni avec le premier pas, ni avec la première photographie. L'exploration est une aventure collective qui se poursuit à plein régime. Et bien que la géographie ne soit qu'un des nombreux fronts de notre exploration collective, à travers elle, les cartes sont capables de cristalliser en une image l'état des connaissances d'un territoire. Un rappel de la façon dont les explorateurs peuvent changer notre vision du monde, tant celui qui est physique et palpable que celui qui ne vit que dans nos esprits.
Cette brève compilation de l'évolution cartographique de la Terre de Feu et de la Cordillère Darwin illustre l'évolution des connaissances géographiques de cette région fascinante. Les premières cartes que nous montrons datent du XVIIe siècle, compilées par des cartographes qui rassemblaient les rapports des rares expéditions s'étant aventurées dans la région, comme celles de Magellan, Sarmiento, Ladrillero et L'Hermite, entre autres. Il y eut plusieurs siècles de cartes tenant plus de la fiction que de la réalité. Peuplées de canaux, de montagnes, de monstres marins et de peuples émanant des récits de marins dans l'un des recoins les plus reculés de la planète. Cela changerait dans les premières décennies du XIXe siècle, lorsque l'Amirauté britannique prit conscience de la valeur stratégique de l'extrême sud de l'Amérique et envoya les capitaines Phillip Parker King et Robert Fitz Roy explorer et cartographier le labyrinthe d'îles et de canaux de la Patagonie à bord du HMS Adventure et du HMS Beagle. Pour la première fois, ce furent des observations et non des récits qui furent couchées sur le papier. C'est ainsi qu'ils produisirent les premières cartes représentant correctement la géographie fuégienne, mais ils ne s'aventurèrent que très peu sur la terre ferme, et de nombreux fjords échappèrent même à leur examen.
Le grand bond en avant suivant dans la connaissance de ce territoire fut l'œuvre d'Alberto M. de Agostini, à qui nous avons consacré un billet sur ce blog il y a quelques semaines. Alpiniste passionné, explorateur et cartographe. Il fut le premier à prêter une véritable attention aux montagnes qui, pour lui, étaient bien plus que de simples points de repère pour la navigation. Lors de ses explorations, il découvrit les fjords Contraalmirante Martinez et De Agostini. Peut-être la dernière grande découverte géographique faite depuis la surface. Son seul équivalent réside dans la découverte du fjord Finlandia par Väinö Auer en 1929.
Le bond suivant dans la connaissance de la région, sans doute le plus grand mais d'une certaine manière le moins romantique, fut le résultat des vols Trimetrogon de l'US Air Force, qui au cours de l'été 1944-1945 photographièrent presque toute la Patagonie depuis 6 000 mètres d'altitude, révélant enfin la structure complexe de cette région. Ces photographies furent utilisées pour réaliser la carte préliminaire au 1:250 000, éditée en 1955. La transition d'une cartographie schématique à une autre offrant un niveau de détail sans précédent représenta un grand défi concernant le positionnement correct des toponymes dans ce nouveau cadre de référence. Malheureusement, cette tâche ne fut pas accomplie avec la minutie nécessaire, et une grande partie des erreurs de localisation des toponymes dans la cartographie actuelle de l'IGM (Institut Géographique Militaire) peut être attribuée à cette transition.
Plus tard, dans les années 80, des vols photogrammétriques modernes (Chile 60 puis GEOTEC) permirent de confectionner la cartographie actuelle au 1:250 000, 1:100 000 et 1:50 000.
Cependant, la méthodologie utilisée a laissé de nombreuses zones vierges, que ce soit en raison de la présence de nuages ou de zones enneigées qui, par manque de contraste, ne permettaient pas de reconstituer la géographie. Malheureusement, il n'y a pas eu d'efforts significatifs pour combler ces vides topographiques, qui persistent encore aujourd'hui. Mais plus regrettables encore que les vides topographiques sont les vides toponymiques, historiques et patrimoniaux, un vide que notre projet a tenté de combler dans certaines des zones montagneuses de la Terre de Feu à travers notre carte UNCHARTED : Cordillère Darwin.
Les cartes historiques utilisées dans cette compilation sont :
1630 - Freti Magellanici ac novi freti vulgo le Maire exacticissima delineatio, Petrus Kaerius caelavit.
1633 - Hondius, Hendrik, Freti Magellanici ac novi freti vulgo le Maire.
1646 - Tabula Geographica Regni Chile, Alonso de Ovalle.
1740 - Carte réduite de la partie la plus meridionale de l’Amerique pour servir a l'histoire Generale des Voyages, par le Sr. Bellin.
1749 - Les Terres Magellaniques, par le Sr. Robert de Vaugondy fils de Mr. Robert.
1775 - Kaart van het Zuidlyk eind van Amerika.
1775 - Mapa geográfico de America meridional, Juan de la Cruz Cano y Olmedilla.
1839 - The Strait of Magalhaens commonly called Magellan, Surveyed by H.M.S. Adventure and Beagle 1826-1834.tif.
1851 - Falkland islands and Patagonia, the map drawn & engraved by J. Rapkin.
1853 - Carte des Cotes de la Patagonie et des Mers du Cap Horn Dressee d'apres de Travaux du Cap.e R. Fitz Roy de la Marine Britannique.
1869 - The South-Eastern Part of Tierra Del Fuego with Staten Island, Cape Horn and Diego Ramirez Islands Surveyed By Captn. Robert Fitz Roy R.N. and The Officers of H.M.S. Beagle 1836.
1878 - Plano de limites Rufino de Elizalde - Ultima esperanza a Tierra del Fuego.
1879 - Mapa de la parte austral del continente sud-americano (desde 45º 30' lat. sud).
1881 - Carta que demustra las diversas proposiciones de arreglo de la cuestion de límites Chileno-Arjentina - Carlos M. Prieto (carte chilienne postérieure au Traité des Limites de 1881).
1890 - Carta de la extemidad meridional de sudamerica construida para señalar el límite entre Chile I la Republica Arjentina (sous la direction de Barros Arana).
1897 - Map of the Magellan territories by Otto Nordenskjold.
1901 - Mapa preliminar de la región meridional de la República Argentina.
1902 - General map of the southern region of the Argentine Républic and Chile, Showing the Argentine and Chilian projects and the boundary line settled by the Arbitrator.
1904 - Nuevo Mapa de Chile - Paine a Cabo de Hornos - Formado con arreglo a los datos oficiales mas recientes i los ultimos levantamientos efectuados por las comisiones de limites.
1906 - Mapa de la Rejion Austral de Chile, Agustin Torrealba.
1918 - Tierra del Fuego segun las exploraciones y estudios efectuados por Alberto M De Agostini 1910-1918.
1920 - Tierra del Fuego segun las exploraciones y estudios efectuados por Alberto M De Agostini 1910-1918.
1930 - Tierra del Fuego - by the American Geographical Society of New York.
1955 - Tierra del Fuego- American Geographical Society of New York.
A 31 ans, l’ethnomusicologue Lauriane Lemasson sillonne, depuis 2013, les étendues sauvages de Patagonie, ses micros à la main, à la rencontre des derniers descendants des populations natives.
La péninsule australe, l’immense Terre de feu, son « autre Finistère » comme l’aime l’appeler cette bretonne d’origine : c’est de ce territoire immense qu’est tombée amoureuse Lauriane Lemasson. Elle a 31 ans, elle est ethnomusicologue, c'est-à-dire qu’elle étudie notamment les relations que tissent les peuples avec leur environnement sonore. Et depuis qu’elle est enfant, Lauriane aime le vent et la montagne. A l'origine, elle est accordéoniste : elle a enseigné pendant dix ans dans des conservatoires de région parisienne, puis un accident l’a obligée à changer de cap. Lauriane s’est lancée avec feu dans l’ethnomusicologie et dans l’exploration de la Patagonie, terre du bout du monde, avec ses micros et son appareil argentique.
2000 kilomètres à pied
Depuis 2013, elle est chercheuse rattachée à la Sorbonne et elle a effectué une dizaine de missions en terre australe ; elle y reste à chaque fois entre deux et huit mois et sillonne, à pied ou en bateau, souvent seule, les fjords déserts, le dédale de canaux de la péninsule, les steppes couvertes de lichen ou encore le passage du Cap Horn… En plus des rafales qui sifflent parfois jusqu’à rendre fou, cet espace rude et immense est habité par mille petits bruits, perceptibles pour qui sait tendre l’oreille : les grincements des arbres dans la tempête, les cris d’oiseaux, le craquement lointain des glaciers, les grognements des lions de mer…
Comprendre les liens des peuples autochtones à leur territoire
Mais Lauriane ne collecte pas les sons de la nature australe pour la seule beauté du geste. La jeune chercheuse est animée par une quête, une urgence : elle se rend en Patagonie pour débusquer les traces des populations amérindiennes qui arrivèrent en Terre de feu il y a plus de 10 000 ans, les Yagan, les Haush et les Selknam, des peuples natifs aujourd’hui hélas inconnus aux yeux et aux oreilles du grand public. A travers ses voyages, Lauriane cherche l’écho de ces populations dans les sons d’une nature qu’elles connaissaient mieux que personne.
Retrouver l’environnement sonore des peuples natifs
Les descendants des Yagan, Haush et Selknam ont été soit exterminés par les colons européens, soit assimilés de force à la culture hispanique d’Argentine et du Chili. Pourtant, au fil de ses voyages et de ses rencontres, Lauriane a découvert que leur culture et leur langue, menacée de disparition imminente, étaient encore vives dans les mémoires. Elle s’est donné pour mission de les sauvegarder en retrouvant les traces d'occupations des peuples amérindiens qui vivaient là il y a près de 12 000 ans. Pour cela, elle multiplie les prises de sons, en reconstituant les environnements sonores des anciens lieux de vie et de culte de ces populations. En 2018, elle a notamment travaillé avec les archéologues du Centre austral d’investigation scientifique d’Ushuaia, avec lesquels elle s’est rendue sur les sites habités avec les premières tribus.
Des expéditions minutieuses
Un travail de fourmi qui lui permet aujourd’hui de montrer que dans ces sociétés ancestrales tournées vers la nature, les chants et les rites s’inspiraient essentiellement des sons émis par les animaux, les arbres, les vagues et le vent... Lauriane constitue ainsi, petit à petit, une grande et riche base de données, une cartographie sonore de la Patagonie telle qu’elle était occupée par ses populations autochtones. Un travail qu’elle publiera peut-être un jour, avec leur accord. D’ici-là, ces recherches sont disponibles sur le site de l’association qu’elle a fondé, « Karukinka », qui signifie « la dernière terre des hommes » en langue selknam.
Publié le 23 avril 2021 à 9h10·Mis à jour le 23 avril 2021 à 17h30
Terre de feu (Chile) (AFP) - Poumon de la Terre de Feu, au sud du Chili, les forêts du parc Karukinka ne sont pas directement menacées par l'homme mais par la voracité de castors nord-américains, introduits pour raisons économiques dans les années 1940.
Plus de 70 ans après l'arrivée de 10 premiers couples pour développer l'industrie de la fourrure et peupler les terres reculées de Patagonie entre Argentine et Chili, la population de castors est aujourd'hui estimée à plus de 100.000 individus.
Si les troncs robustes et longs des arbres typiques de l'écosystème des forêts des Andes et de Patagonie, des hêtres de la famille des Nothofagus (pumulio, antarctica et betuloides), ont pu être sauvés des exploitants forestiers, le castor est aujourd'hui leur plus grand prédateur.
De la même manière que dans leurs habitat d'origine au Canada, ces rongeurs construisent inlassablement des barrages sur les rivières et les lacs pour y établir leurs terriers dans un enchevêtrement de bois, d'écorces et des racines.
Or, pour récupérer de la matière première et se nourrir, cet herbivore fait tomber grâce à ses dents ciselées des arbres qui ont mis près de 100 ans pour atteindre leur maturité.
"Les castors, comme nous les humains, sont appelés ingénieurs de l'écosystème, ce qui signifie que pour habiter un environnement, ils doivent le modifier pour l'adapter aux conditions dont ils ont besoin pour survivre", explique à l'AFP Cristobal Arredondo, chercheur à la Wildlife Conservation Society (WCS) du Chili, en charge du suivi des espèces pour le parc Karukinka et la Terre de Feu.
Dans l'immensité de la Patagonie, "plus de 90 % des cours d'eau de l'île de la Terre de Feu, côté chilien, sont habités par des castors, ce qui a un impact très important sur les écosystèmes", explique-t-il.
- Puits à carbone -
Malheureusement, les forêts de Patagonie ne se régénèrent pas aussi vite que celles des grandes plaines du nord du Canada.
Et une fois que le castor s'attaque à ces forêts, le carbone "qui a été capturé par les arbres pendant des centaines d'années est finalement libéré dans l'atmosphère lorsqu'ils meurent", explique Felipe Guerra qui coordonne pour le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) les mesures de gestion, de prévention et de contrôle du castor.
Or, les forêts et les tourbières du parc de Karukinka "sont de grands puits qui stockent de grandes quantités de carbone et d'autres gaz à effet de serre comme le méthane", ajoute-t-il.
En sept décennies d'implantation des castors dans cette région, l'impact socio-économique s'élève à 73 millions de dollars, selon les estimations officielles.
La chasse au castor est autorisée mais insuffisante pour réguler leur nombre et la controverse porte davantage sur les moyens de limiter leur prolifération, les pièges aquatiques étant considérés comme "cruels" par l'Union pour la défense des droits des animaux de Punta Arenas, en Patagonie.
Eve Crowley, représentante de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l'agriculture (FAO) au Chili, ne mâche pas ses mots : "les espèces exotiques envahissantes sont l'une des principales causes de la perte de biodiversité, dégradant nos écosystèmes", dit-elle à AFP.
Elle rappelle que "la conservation et la restauration de nos puits de carbone naturels, c'est-à-dire nos sols, nos forêts et nos zones humides, sont tout aussi importantes, voire plus, que la réduction des gaz à effet de serre afin de limiter le réchauffement de la planète".
A l’occasion de la RCTA qui se tient au mois de juin 2021 à Paris, l’Institut polaire français organise et participe à un grand nombre d’évènements durant ces #MoisPolaires.
Du 14 au 24 juin 2021, la France accueille et préside la 43ème réunion consultative du Traité sur l’Antarctique (RCTA). Ce rendez-vous diplomatique a pour objectifs de négocier de nouvelles mesures réglementaires et permet d’échanger des informations, de s’interroger sur des questions d’intérêt commun concernant l’Antarctique, d’étudier, formuler et recommander à leurs gouvernements des mesures destinées à assurer le respect des principes et la poursuite des objectifs du Traité.
Pour tout savoir sur le traité sur l’Antarctique et la RCTA, consultez cet article qui référence les publications et diffusions sur la question.
A partir du 29 mars, Océanopolis et l’Institut polaire français Paul-Émile Victor s’associent pour proposer au grand public et aux établissements scolaires un « Festival Polaire connecté » : Lire le communiqué de presse
Séminaire polaire junior, Lundi 29 mars À l’image des colloques scientifiques, les 115 élèves participant à ce séminaire polaire junior ont été invités à préparer en amont, en classe, un sujet dédié aux pôles.
Conférence – table ronde « Les pôles : science, géopolitique et gestion des risques ». Vendredi 2 avril, à 20h30 Diffusion en direct sur Facebook et en replay sur YouTube : Les deux pôles de la planète concentrent des enjeux sociétaux importants ayant trait à la recherche, l’environnement, l’économie, la géostratégie ou encore la défense. Le vecteur commun à ces sujets réside dans la notion de risque : risque humain, environnemental, géopolitique, risque de conflit. Les intervenants, chacun apportant une forte compétence nationale sur le sujet tout en étant basé à Brest, apporteront leur regard professionnel sur ce sujet central et fascinant à plus d’un titre.
Émissions en direct autour de l’exposition « Animaux polaires, une vie de scientifique » : Comment les animaux nous en apprennent davantage sur le changement climatique en zones polaires ? Au total, ce sont 6 chercheurs qui se relayeront sur ces deux après-midis dédiés à la connaissance des animaux polaire
1ère émission : avec Yan Ropert Coudert, Chercheur au Centre d’études biologiques de Chizé, Christophe Guinet, Chercheur au Centre d’études biologiques de Chizé et Cyril Gallut, Enseignant-chercheur à Sorbonne Université de Paris à l’Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité
2ème émission : avec Isabelle Charrier, Chercheure à l’Institut des Neurosciences, Paris Saclay, Eric Armynot Du Châtelet, Maître de conférences à l’Université de Lille 1 – Sciences et Technologies. Membre du Laboratoire d’Océanologie et de Géosciences et Jean-Louis Martin, Chercheur au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE), Montpellier
Vendredi 2 avril : Brest Business School Co-organisation UMR Amure (Centre de Droit et d’Economie de la Mer), Université de Bretagne Occidentale, Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM). Table-ronde autour Régions polaires, un besoin de gestion des risques? Pour en savoir plus
Semaine du 17 au 21 mai : APECS
La Semaine polaire : Événement de vulgarisation scientifique sur la thématique des pôles. Elle est organisée par APECS-France, le comité national français de l’Association of Polar Early Career Scientists (APECS) et a lieu deux fois par an au printemps et à l’automne. Durant la Semaine Polaire, des jeunes chercheurs présentent différents aspects des sciences autour des pôles sous la forme de vidéo-conférences gratuites pour les jeunes en école primaire.
L’objectif de la Semaine Polaire est la découverte de la démarche scientifique et des activités de recherches menées sur les régions polaires à travers une grande variété de disciplines. C’est également un échange privilégié en direct entre les élèves et les intervenant.e.s.
Avril 2021 à mi-juin 2021 : Institut polaire français
Les lundis à pastille : une vidéo courte de découverte ou d’interview pour un autre regard sur les pôles #MinutePolaire
Les jeudi de l’histoire polaire: une archive du site Archipôles dévoilée pour raconter l’histoire polaire française dans le cadre du #JeudiPhoto
L’explorateur français annonce mardi 16 mars le lancement officiel de sa prochaine expédition scientifique, fin 2023, à bord d’un drôle de navire de 100 mètres de… haut.
Le Polar Pod prendra l’eau en décembre 2023. NICOLAS GAGNON ; SYLVAIN BERGEON
C’est parti pour le Polar Pod. Au terme de dix années d’efforts, l’explorateur Jean-Louis Etienne a réussi son pari : lancer officiellement, mardi 16 mars, sa prochaine expédition dans les cinquantièmes hurlants, cette zone de l’océan austral proche de l’Antarctique. La mission consistera, en décembre 2023, à embarquer sur un « navire vertical haut de 100 mètres et à réaliser deux tours du monde, en se laissant porter d’ouest en est, par le courant circumpolaire antarctique », expose-t-il. Avec un objectif : recueillir des données sur le climat, la biodiversité et la pollution, dans cette région mal connue dont les eaux froides absorberaient 40 % des émissions de gaz carbonique d’origine humaine.
L’étrange engin nautique, digne d’un roman de Jules Verne, a été conçu comme une plate-forme mobile, à même d’accueillir nombre d’expériences. Le comité scientifique réunit le CNRS, le CNES et l’Ifremer, qui assurera en outre la maîtrise d’ouvrage de la construction, dans le cadre du Programme d’investissement d’avenir, qui pourrait démarrer prochainement.