Une chercheuse française réalise d’importants travaux au sujet des peuples natifs (Journal Provincia 23, Rio Grande, 01/08/2018 : “Investigadora francesa realiza un importante trabajo sobre pueblos originarios”

Une chercheuse française développe d'importants travaux sur la grande île de la Terre de Feu, pour tenter d'analyser « l'environnement sonore des peuples nomades du sud du détroit de Magellan, en considérant la ressource sonore comme ressource culturelle ». Elle a parcouru des milliers de kilomètres et enregistré plus de 50 heures de sons pour tenter de mieux comprendre la culture, la mythologie et les expériences des peuples autochtones. Ses travaux ont été sélectionnés parmi tant d'autres par la Sorbonne Université.

 

Lauriane Lemasson est une jeune française, originaire de Bretagne, qui travaille dans la région pour soutenir sa thèse de fin d'études à Sorbonne Université, basée sur une étude multidisciplinaire de l'environnement.

Elle se trouve actuellement à Río Grande, d'où elle effectue des excursions en bateau et à pied, parcourant différentes zones de la grande île de la Terre de Feu, tant chilienne qu'argentine, pour collecter des données, des informations, des sons et des expériences qui l'aident à réaliser son travail, où se combinent des domaines tels que l'ethnographie, l'écologie sonore et la géographie.

« Enregistrez le son des oiseaux, apprenez quand ils apparaissent, découvrez l'écho qui se produit à différents endroits et lisez la forme des nuages » indique Lemasson, en faisant référence aux multiples tâches qu'elle a développées pour avancer dans une étude qui l'aidera à se transporter à l'époque où Shelknam, Yámanas et Alakalufes peuplaient la région, en harmonie avec l'environnement.

«C'est ma thèse de doctorat, car j'ai terminé le master en 2013 avec une expédition dans la partie argentine. J'ai sillonné des lieux pendant trois mois et demi avec un sac à dos, un appareil photo et un enregistreur. J'ai marché pendant 2 mille kilomètres, enregistrant des sons, parcourant le territoire occupé par les Shelknam ; essayer de faire partie de l'environnement et de comprendre un peu leur environnement, ses sons, la météorologie ; lire les marques qui apparaissent et collecter des informations », explique la chercheuse française à propos de l'étude qu'elle mène et qui a traversé différentes étapes depuis 2013.

Elle dispose de 50 heures d'enregistrements de sons différents et a pu relier « les chants qu'Anne Chapman a enregistrés de Lola Kiepja » avec les sons collectés. Les audios l’ont également aidée à comprendre « la présence des sons dans la mythologie, car il existe de nombreux mythes qui décrivent ces bruits, ces chants et toute la question sonore ».

« Il me semble que le son a un effet plus sensible, il y a une vibration, une résonance et c'est une manière de comprendre et de ressentir le territoire. Ce sont comme des signatures sonores, cela fait partie de l’identité du territoire. Les résonances, l'écho, le silence total ; C'est ce que je suis allée chercher parmi les mousses et les tourbes», raconte Lauriane Lemasson.

Le type de travail qu'elle effectue a une histoire en milieu urbain, mais pas dans cette région choisie par la professionnelle française. Elle dit qu'elle a choisi la pointe sud de la Patagonie en raison des références qu'elle avait sur la région lorsqu'elle était étudiante, et qu'elle envisageait de relever ce défi après un grave accident de voiture qui l'a amenée à ressentir le besoin de réaliser ce rêve.

Le projet de recherche qu'elle mène a été sélectionné parmi tant d'autres par Sorbonne Université, pour être mis en œuvre sur trois ans. Au cours de son voyage, elle a marqué plus de 3 mille points différents du territoire, découvrant des lieux et des sons.

« Il s’agit de comprendre une culture, et pas seulement dans sa dimension archéologique », a-t-elle fait remarquer. Elle se donne désormais pour tâche de rassembler tout le matériel de sa thèse, puis s'engage à publier l'ouvrage pour qu'il soit connu. Les personnes intéressées peuvent accéder au projet et contacter Lauriane Lamasson sur la page www.karukinka.eu

http://red23noticias.com/investigadora-francesa-realiza-importante-trabajo-sobre-pueblos-originarios/

100 ans après la mort de José Menéndez: le roi de Patagonie détrôné et responsable du génocide (ElMostrador.cl, 25/04/2018)

Le 24 avril marque le centenaire de la mort de José Menéndez, l’un des millionnaires les plus puissants de la région de Magallanes, à qui l’on a dédié monuments et maisons-musées. Aujourd'hui, sa mémoire, autrefois honorée, tombe dans l’oubli, cédant la place à un héritage peu glorieux le liant à la colonisation de la Patagonie et à l’extermination du peuple Ona. Le député Gabriel Boric a demandé le changement du nom de la rue “Menéndez” et la sénatrice Carolina Goic a présenté un projet de loi pour la reconnaissance du génocide selk’nam.

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illustration de José Menéndez par Alejandro Sirio

Il y a cent ans, le 24 avril 1918, mourait dans son manoir de Buenos Aires l’homme d’affaires espagnol José Menéndez, propriétaire d’un empire économique fabuleux en Patagonie et en Terre de Feu. Âgé de 71 ans, il succomba à un cancer du foie. Né dans un village des Asturies, au nord de l’Espagne, dans une famille de paysans, il devint, à quatorze ans seulement, l’un des millions d’émigrants vers l’Amérique, jeunes candidats à la fortune fuyant la misère. Il arriva d’abord à Cuba, où il apprit les rudiments du commerce, puis, après un séjour à Buenos Aires, il s’établit définitivement à Punta Arenas en 1875.

À cette époque, Magallanes était une région reculée du sud du Chili, encore colonie pénitentiaire, qui avait progressé grâce aux premiers immigrants venus de Chiloé, de véritables pionniers souvent oubliés et qui survivaient parfois grâce au contact avec les Aónikenk venant vendre leurs produits.

Punta Arenas, relâche obligatoire des navires transatlantiques passant par le détroit de Magellan, commença à croître grâce à l’apport de familles entières d’Europe — Suisses, Français, Espagnols, Croates — venues des provinces les plus pauvres. Menéndez et un petit groupe de négociants locaux prospérèrent dans le commerce, la navigation côtière et le sauvetage de navires naufragés.

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Livre Menéndez Rey de la Patagonia, de José Luis Alonso Marchante

L'élevage ovin, l'activité initiale de José Menéndez

Mais à la fin du XIXᵉ siècle, un événement allait transformer la région et faire de ces modestes commerçants des hommes immensément riches : en 1878, l’élevage ovin se répand des îles Malouines vers la Patagonie continentale et la Terre de Feu. Cette opération économique était pilotée depuis la Grande-Bretagne : les sociétés d’élevage étaient basées à Londres, le capital provenait d’investisseurs britanniques et toute la production de laine était monopolisée par l’industrie textile britannique.

Ce fut une colonisation économique sans précédent, une stratégie qui hypothéqua l’avenir de la Patagonie, transformée en un vaste domaine privé consacré à la production lainière. José Menéndez et son gendre Moritz Braun en furent les principaux bénéficiaires, hommes d’affaires sur place, propriétaires officiels des exploitations, conspirant auprès de députés et sénateurs pour obtenir la location de millions d’hectares, malgré des lois chiliennes et argentines limitant la possession à 30 000 ha par famille ou entreprise. Menéndez fut seul à posséder un demi-million de moutons !

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Un chasseur selknam

Leur pouvoir était tel qu’un banquier britannique déclara : « Dans quelques années, on ne pourra lancer un bâton sans toucher un Braun, un Blanchard, un Menéndez ou un Campos. » Comme l’écrivit l’auteur argentin Ernesto Maggiori, ces hommes n’avaient rien d’exceptionnel : c’est leur contexte qui fit leur fortune. Les bénéfices énormes tirés de la laine, « l’or blanc », furent réinvestis dans la navigation, les compagnies électriques, banques, assurances, abattoirs et supermarchés, ce qui décupla leur richesse.

Le génocide selk'nam et l'esclavage des ouvriers ruraux organisés par les sociétés d'élevage

Mais ces fortunes sont tachées du sang des indigènes : celui des Selk’nam, peuple millénaire détruit, persécuté, assassiné et déporté, uniquement pour leurs terres. L’un des génocides les plus effroyables de l’histoire contemporaine, orchestré par les sociétés d’élevage, permis par les autorités, accéléré par certains missionnaires. Heureusement, quelques survivants, regroupés dans des communautés comme la « Rafaela Ishton » de Río Grande, sont aujourd’hui fiers de l’héritage culturel de leurs ancêtres.

Les ouvriers ruraux aussi furent victimes de ces grands propriétaires : conditions de travail épouvantables, journées interminables, salaires misérables, payés en bons d’achat à utiliser uniquement dans les magasins des sociétés d’élevage, logements insalubres. Un gouverneur de Santa Cruz raconte que « les ouvriers dormaient à huit ou plus dans des minuscules chambres sans chauffage. Nourriture exécrable, pas de pharmacie. Paiement en bons. Aucun secours en cas d’accident. » Quand ils se révoltèrent, le gouvernement envoya l’armée. Des centaines de journaliers, principalement chiliens, furent fusillés sans procès par l’armée argentine en 1921, crimes pour lesquels personne n’a jamais demandé pardon.

Aujourd’hui, nous savons que cet homme n’était pas destiné à un destin exceptionnel, mais était un homme ordinaire, obsédé par l’idée de bâtir un empire pour satisfaire une cupidité sans limites. En tant qu’homme riche, la presse publia dès sa mort de nombreux éloges : “dernier conquérant”, “roi pasteur”, “nababe du détroit”, “roi de la Patagonie”. Sous la dictature de Pinochet, les hommages se multiplièrent à Punta Arenas, grâce à l’action d’un arrière-petit-fils, Enrique Campos Menéndez, proche du régime. C’est alors que naquirent la rue et le buste à son nom. Cependant, même si ses descendants gardent leur pouvoir, la mémoire imposée s’effrite de plus en plus.

Ouvriers agricoles photographiés avant d'être fusillés en 1921 à Santa Cruz (photographie fournie par José Luis Alonso Marchante)

Au Chili, le député Gabriel Boric a demandé de débaptiser la rue “Menéndez”, et la sénatrice Carolina Goic a présenté une loi pour la reconnaissance du génocide selk’nam. En Argentine, le 25 novembre est devenu le « Jour de l’Aborigène fuégien », et la Commission pour la Mémoire des Grèves de 1921 continue d’honorer chaque année la mémoire des ouvriers fusillés à Santa Cruz.

Aujourd’hui, personne n’ose plus revendiquer l’héritage de Menéndez, roi déchu de la Patagonie, dont la figure s’efface comme du sable dans l’Histoire...

José Luis Alonso Marchante, écrivain espagnol, auteur de « Menéndez, roi de la Patagonie » (Catalonia)


Source originale : https://www.elmostrador.cl/cultura/2018/04/25/a-cien-anos-de-la-muerte-de-menendez-el-destronado-rey-de-la-patagonia-y-responsable-del-genocidio-selknam/ traduit de l'espagnol par l'Association Karukinka

200 Argentins se recueillent aux Malouines (Le Figaro – AFP, 27/3/2018)

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/03/27/97001-20180327FILWWW00012-200-argentins-se-recueillent-aux-malouines.php

200 Argentins se recueillent aux Malouines

Par Le Figaro.fr avec AFP

Publié le 27/03/2018 à 06:44, mis à jour le 27/03/2018 à 06:46

Environ 200 proches de 90 soldats argentins tombés aux Malouines ont pu, pour la première fois depuis la guerre en 1982, se recueillir devant leur sépulture dans le cimetière militaire de Darwin sur ces îles appelées Falkland par les Britanniques.

"Ce fut une très longue journée. Tout a été très émouvant: arriver dans notre patrie, dans les îles, au cimetière, voir le lieu de repos de mon père", a témoigné à son retour à Buenos Aires Sergio Aguirre, fils d'un marin mort durant le conflit.

L'Argentine revendique la souveraineté sur ces îles stratégiques britanniques, pour le contrôle desquelles Londres et Buenos Aires se sont livré une guerre éclair de 74 jours en 1982 qui a fait 649 morts côté argentin et 255 côté britannique.

"Maintenant je sais où il est. J'ai pu parlé avec lui. Je l'ai senti proche. Cela m'apaise de savoir où est Daniel", a dit Dalal Massad, la mère de Daniel Massad, un soldat tombé le 11 juin 1982.

L'identification des restes date de 2017, quand une mission d'experts encadrés par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pu mettre un nom sur 90 des 121 croix blanches du cimetière, non loin du champ de bataille.

Jusque là, l'inscription en anglais "Soldat argentin seulement connu de Dieu" apparaissait sur toutes les tombes.

Au total, 237 sépultures sont installées dans le cimetière. "Ce que nous avons vécu aujourd'hui fut très émouvant. C'est un cimetière plein de vie", a déclaré à son retour le secrétaire argentin aux droits de l'Homme, Claudio Avruj, à la radio Once Diez.

"Cela ne va pas changer l'histoire, cela va rien changer à la perte d'un être cher, mais pouvoir s'incliner devant une plaque avec son nom et son prénom, cela prend une autre valeur", avait dit aux familles le ministre argentin des Affaires étrangères, Jorge Faurie, avant leur départ pour les Malouines.

L'Argentine revendique les Iles Malouines, à 400 kilomètres de la Patagonie, un territoire qu'elle a occupé de 1820 à 1833. Les Iles ont depuis été administrées par le Royaume-Uni.

Buenos Aires demande en vain à Londres d'entamer un dialogue sur la souveraineté des Malouines, préconisé par une résolution de l'ONU de 1965.

Londres refuse, arguant que lors du référendum d'autodétermination organisé en 2013, les 3.000 habitants des Malouines ont réaffirmé leur attachement à la couronne britannique.

Podcast : “La Patagonie attire les hommes d’affaires les plus fortunés de la planète” (RTS, 01/03/2018)

La Patagonie attire les touristes en mal de grands espaces. Mais depuis les années 1990, ce sont aussi des hommes d'affaires très fortunés qui y ont élu domicile. Parmi eux, Joe Lewis, le sixième homme le plus riche d'Angleterre qui ne cesse d'étendre sa propriété privée déjà immense.

Source : https://www.rts.ch/audio-podcast/2018/audio/la-patagonie-attire-les-hommes-d-affaires-les-plus-fortunes-de-la-planete-25519495.html

TV – « Patagonie, l’île oubliée » (Le Monde, 19/12/2017)

A voir aussi ce soir. Gilles Santantonio suit le quotidien des membres de l’expédition « Ultima Patagonia 2017 » dans leur découverte de Madre de Dios (sur France 5 à 20 h 55).

Par Gauthier Le Bret Publié le 19 décembre 2017 à 17h30, modifié le 19 décembre 2017 à 17h30

Documentaire sur France 5 à 20 h 55

BANDE ANNONCE "PATAGONIE, L'ILE OUBLIEE" from GEDEON PROGRAMMES on Vimeo.

C’est une histoire scientifique tout autant qu’une histoire d’hommes et de femmes. Celle de l’expédition « Ultima Patagonia 2017 », qui a bravé les dangers climatiques pour partir sur les traces d’un peuple oublié, les Kawesqars : une population nomade de Patagonie décimée par l’arrivée des Européens. Au nombre de 5 000 environ au XIXe siècle, il ne resterait plus qu’une dizaine de ses représentants, aujourd’hui.

Entre janvier et février, l’association franco-chilienne Centre Terre a organisé une expédition – la cinquième – sur l’île de Madre de Dios, dont plus de la moitié reste quasiment inexplorée. L’équipe, composée d’une quarantaine de scientifiques (géologues, anthropologues, spéléologues, biologistes…), a ainsi été la première à fouler la partie nord de l’île. Pour cela, ils ont dû affronter l’océan déchaîné, les tempêtes et les orages, fréquents sous ces latitudes, où il pleut près de 300 jours par an. Le but final des recherches étant d’inscrire Madre de Dios au Patrimoine mondial de l’humanité.

Peintures rupestres

Tout en découvrant un peuple et une région méconnus, le réalisateur Gilles Santantonio nous fait partager le quotidien des membres de l’expédition. Aussi bien au travail, en train de gravir un mont de calcaire pour y observer la roche ; en plongée afin d’explorer des cavités étroites, ou encore dans une grotte pour y photographier des peintures rupestres de Kaweskars, que dans les moments de partage et de convivialité qui cimentent le collectif. Telle la pendaison de crémaillère organisée pour célébrer la fin de la construction de leur base de recherche, installée à 35 mètres d’altitude pour éviter les tsunamis.

De ce portrait de groupe se détachent quelques personnages attachants, en particulier celui de Richard Maire, chercheur au CNRS et codirecteur scientifique de l’expédition, dont la passion et l’émerveillement demeurent intacts. Guidé par un souci constant de didactisme, le réalisateur met en lumière le rôle de chaque scientifique et permet de saisir les enjeux d’une telle expédition : découvrir une région reculée du monde, en comprendre sa géologie, mais aussi préserver ce territoire et faire partager au plus grand nombre le fruit de leurs découvertes à travers ce film. Mission réussie !

Patagonie : l’île oubliée,de Gilles Santantonio (Fr., 2017, 90 min).

Gauthier Le Bret

https://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2017/12/19/tv-patagonie-l-ile-oubliee_5232004_1655027.html

“Patagonie, l’île oubliée : les Robinsons des temps modernes” (Le Figaro, 19/12/2017)

Patagonie, l’île oubliée : les Robinsons des temps modernes

Par Florence Vierron

Publié le 19/12/2017 à 14:30, mis à jour le 19/12/2017 à 16:39

FRANCE5/20H55 - Ce documentaire propose la découverte d’un lieu inexploré. Géant !

https://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/patagonie-l-ile-oubliee-les-robinsons-des-temps-modernes_d0b7294e-e4af-11e7-bf17-4de11cee9913

Patagonie. Le mot fait rêver ou reculer. Le réalisateur du documentaire et son équipe, qui ont accompagné 41 explorateurs aux confins de la Patagonie chilienne, sont partis avec la même détermination que les aventuriers. L’objectif? Ausculter l’île Madre de Dios - 80 km2 -, qui appartient au 1 % des terres de la planète encore inexplorées et qui abrite «les reliefs karstiques les plus exceptionnels du globe», selon l’un des chercheurs.

Deux ans de préparation pour une mission de deux mois: volonté, passion et empathie sont les qualités indispensables pour réussir. À chaque instant, le reportage, qui accompagne spéléologues, biologistes, archéologues et géologues au plus près, s’efforce de montrer bien plus que leur travail et leurs découvertes. Si la construction d’un chalet écologique s’éternise, toutes les séquences nous transportent dans des paysages inouïs: une barrière de calcaire vieille de 300 millions d’années culminant à 650 m, avec, à sa base, une forêt magellanique digne d’un décor de cinéma, une grotte suffisamment grande pour abriter Notre-Dame de Paris où se trouvent des ossements de baleine dont l’âge est estimé à 3 200 ans et des profondeurs aquatiques révélant des espèces cavernicoles.

Dans ce milieu hostile et extrême, où seule la nature dicte sa loi, nos Robinsons des temps modernes doivent composer avec une pluie incessante et des vents violents. Il faut accepter d’arrêter une expédition pour privilégier la sécurité. Mais les temps morts n’existent pas. À travers les dialogues entre chercheurs, on réalise que le moindre détail compte et sera mis en relation avec toutes les découvertes sur cette île. En deux mois, ils n’auront inventorié que un dixième de l’île, mais nous auront fait rêver. Ou reculer…

« Rey, l’histoire du Français qui voulait devenir roi de Patagonie » : variation sans folie sur une odyssée délirante (Le Monde, 29/11/2017)

Le deuxième long-métrage de Niles Atallah s’inspire d’un épisode historique insolite : l’épopée rocambolesque d’Orélie Antoine de Tounens.

Par Mathieu Macheret Publié le 29 novembre 2017 à 08h05, modifié le 29 novembre 2017 à 08h05

Rodrigo Lisboa dans « Rey, l’histoire du Français qui voulait devenir roi de Patagonie », de Niles Atallah.
Rodrigo Lisboa dans « Rey, l’histoire du Français qui voulait devenir roi de Patagonie », de Niles Atallah. DAMNED DISTRIBUTION

L’avis du « Monde » – on peut éviter

Le deuxième long-métrage de Niles Atallah, réalisateur à la double nationalité américaine et chilienne, s’inspire d’un épisode historique insolite : l’épopée rocambolesque d’Orélie Antoine de Tounens (1825-1878), avocat périgourdin qui, lors d’un voyage en Amérique du Sud, prit le titre de roi d’Araucanie et de Patagonie, fut reconnu comme tel par les indigènes Mapuche, habitants de ces territoires, écrivit la constitution de son royaume, mais fut arrêté par l’armée chilienne, reconnu comme fou par les autorités, puis définitivement renvoyé en France après plusieurs tentatives de retour.

Le film ne se présente pas comme une reconstitution de cette odyssée délirante, mais comme une variation libre et expérimentale sur le sujet, comme perçue à travers les rêves et les hallucinations des Mapuches. La longue silhouette de de Tounens se promène dans des paysages instables, cernée de visions, hantée par une voix off incantatoire, projetée dans un procès fantasque où toute l’assemblée porte des masques grotesques, lancée à la rencontre de figures titanesques et fantastiques (le peuple mythique des Patagons).

Afféteries stylistiques

L’image est passée au crible de rayures et de sautes, comme issue d’une pellicule endommagée, tandis qu’au son, les grésillements côtoient des boucles hypnotiques et des imprécations hallucinées.

Ces afféteries stylistiques, marquées d’un volontarisme pesant, peinent à faire oublier des images complètement dénuées de mystère, ainsi qu’une incapacité plus grave à toucher du doigt la folie du personnage. Plutôt que d’explorer les prolongements infinis d’un sujet aussi riche, digne d’un Werner Herzog, le film s’épuise à ressasser un seul motif, une seule idée, déjà clairement exprimée par son titre à rallonge. On n’hésitera donc pas à s’en tenir là.

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Film chilien, français, néerlandais, allemand et qatari de Niles Atallah. Avec Rodrigo Lisboa, Claudio Riveros (1 h 31). Sur le Web : www.damneddistribution.com/rey

Mathieu Macheret

https://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/11/29/rey-l-histoire-du-francais-qui-voulait-devenir-roi-de-patagonie-une-odyssee-delirante_5221855_3476.html

« Patagonia, el invierno » : drame de la transmission en Patagonie (Le Monde, 28/6/2017)

Le premier long-métrage de l’Argentin Emiliano Torres montre une terre photogénique mais pèche par une réalisation trop appliquée.

Par Mathieu Macheret Publié le 28 juin 2017 à 07h25, modifié le 28 juin 2017 à 07h25

Une scène du film argentin et français d’Emiliano Torres, « Patagonia, el invierno ».
Une scène du film argentin et français d’Emiliano Torres, « Patagonia, el invierno ». FILM BURÓ/TAMASA DISTRIBUTION

L’avis du « Monde » – pourquoi pas

Un vieil homme nommé Evans (Alejandro Sieveking) s’occupe seul d’un ranch perdu au fin fond de la Patagonie, pour le compte de propriétaires étrangers. Parmi une bande de travailleurs saisonniers dépêchés sur place, Evans prend en main un jeune homme, Jara (Cristian Salguero), qui doit sous peu devenir son second. Mais une fois formé à la gestion de l’exploitation (vouée à l’élevage des moutons), le nouveau venu est promu à la place de l’ancien, alors prié de plier bagage. A l’approche de l’hiver, Jara tâche de survivre, loin d’une famille qu’il a cachée à ses employeurs, dans un environnement de plus en plus hostile.

Sur le papier, ce premier long-métrage de l’Argentin Emiliano Torres, qui fut l’assistant de nombreux autres réalisateurs (Daniel Burman, Emanuele Crialese, Paz Encina, etc.), aurait pu donner un bon western, ouvrant sur une expérience des limites, liée à la rudesse et à l’isolement de son territoire – la Patagonie, toujours aussi photogénique. En lieu et place, on assiste à un drame plus restreint, plus ténu, de la transmission entre générations, virant à la concurrence parce qu’instrumentalisée par les possédants à leur propre profit.

Un solide duo de comédiens

Emiliano Torres démontre d’abord une belle assurance, sachant faire exister ses décors et ses personnages, le film devant beaucoup à la présence saillante d’un solide duo de comédiens. Sa mise en scène se caractérise toutefois, sur la durée, par la recherche sans doute illusoire d’une « bonne distance », et manifeste ainsi une sagesse de bon élève appliqué. Ce faisant, le film ne décolle qu’à de rares occasions de sa signification toute tracée (le capitalisme mondialisé organise la rivalité entre les travailleurs), alors qu’un paysage « surréel », perclus de gouffres et de menaces obscures, lui tendait les bras.

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Film argentin et français d’Emiliano Torres. Avec Alejandro Sieveking, Cristian Salguero, Adrian Fondari, Pablo Cedron, Mara Bestelli (1 h 35). Sur le Web : www.facebook.com/Tamasa-Distribution-330131643671380

Mathieu Macheret

https://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/06/28/patagonia-el-invierno-drame-de-la-transmission-en-patagonie_5152207_3476.html

La communauté yagan de la baie Mejillones publie un protocole des bonnes pratiques à son égard (13/5/2017)

Le 13 mai 2017 la Communauté Indigène Yagan de la Baie Mejillones a publié un protocole des bonnes pratiques détaillant, dans le cadre de la Convention 169 de l'OIT en vigueur au Chili depuis 2009 (mais toujours pas en France...), les différents points à respecter pour garantir leurs droits, la protection de leur patrimoine et, plus généralement tout ce qui permet des échanges constructifs ensemble.

Nous saluons l'édition de ce protocole qui permet à tous les interlocuteurs du peuple yagan, qu'ils soient passés, présents et/ou futurs, d'avoir une référence sur laquelle se baser pour se prémunir d'actions mal menées à son égard.

Nous vous invitons donc à consulter ce document essentiel et à vous y référer pour tout projet en lien avec le peuple yagan :

https://www.pueblosoriginarios.gob.cl/sites/www.pueblosoriginarios.gob.cl/files/2021-09/FolletoProtocolo_Yagán.pdf

Bonne lecture !

Quand l’expédition Terra Nova explorait le pôle Sud entre 1910 et 1913

En 1910, une ambitieuse expédition se met en route pour l’Antarctique. Objectif ? Atteindre pour la première fois le pôle Sud.

En 1910, une ambitieuse expédition se met en route pour l’Antarctique. Objectif ? Atteindre pour la première fois le pôle Sud.

L’explorateur britannique Robert Falcon Scott, en 1910, se met en tête d’entreprendre une ambitieuse expédition en Antarctique. Son rêve : mettre le pied sur des terres inconnues, mener des études scientifiques et surtout devenir par là même occasion le premier homme à atteindre le pôle Sud.

Cette mission avait donc tout d’un énorme challenge. L’année d’avant, un certain Ernest Shackleton avait déjà approché le pôle à moins de 200 kilomètres. Un autre explorateur, le Norvégien Roald Amundsen, avait également des vues sur ce record à battre.

Alors, immédiatement après avoir obtenu des fonds publics et privés, l’expédition britannique (plus populairement appelée l’expédition de Terra Nova, du nom du navire d’approvisionnement) n’a pas perdu de temps et s’est mise en route pour l’Antarctique.

En janvier 1911, le navire atteint la dépendance de Ross, une région glacée située au sud de la Nouvelle-Zélande et dominée par la barrière de Ross, la plus grande barrière de glace de la région. C’est au bord de cette barrière, sur les rives volcaniques de l’île de Ross, que l’expédition a déchargé ses chiens de traîneau, ses poneys, ses traîneaux motorisés ainsi qu’une cabane en bois préfabriquée et isolée grâce à des algues matelassées.

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Le Terra Nova, dans toute sa splendeur, 1910.
UNIVERSAL HISTORY ARCHIVE/UIG VIA GETTY IMAGES
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Des hommes et des chiens, à bord du Terra Nova, 1910.
LIBRARY OF CONGRESS/CORBIS/VCG VIA GETTY IMAGES

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Le matelot Mortimer McCarthy, aux commandes du Terra Nova, 1910.
ERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
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Le médecin de bord George Murray Levick écorche un pingouin, en 1910.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

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Le 28 décembre 1910, un pingouin traverse une plaque de glace de la dépendance de Ross.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES
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5 janvier 1911 : le géologue Thomas Griffith Taylor et le météorologue Charles Wright observent leTerra Nova depuis l’intérieur d’une grotte de glace.
IMAGE: HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

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Le 23 janvier 1911, des hommes montent le campement sur le cap Evans. À l’arrière plan de la photo, on aperçoit le volcan du mont Erebus.
HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

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En décembre 1910, le capitaine Lawrence Oates se tient près des poneys dans leur étable, à bord du Terra Nova.
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En 1911, le docteur Edward Wilson en compagnie de Nobby le poney.
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Quelques chiens se reposent près d’un iceberg.
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Le Terra Nova, au loin, en 1911.
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Le Terra Nova, au loin, en 1911.
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Un pingouin empêche le photographe Herbert Ponting de s’approcher de son nid sur l’île de Ross, en 1911.
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Chris le chien à traîneau écoute de la musique, planté devant le gramophone.
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Le sous-officier Edgar Evans, en 1911.
PETTY OFFICER EDGAR EVANS.IMAGE: HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

C’est une fois le camp installé que les membres de l’expédition ont pu poursuivre leurs explorations.

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7 février 1911 : les hommes réchauffent leurs repas au campement.
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Le docteur Edward Wilson en tenue de traîneau, en avril 1911.
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Un membre de l’expédition en train de manger une boîte de conserve de haricots, en janvier 1912.
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Le commandant de bord Victor Campbell avait choisi six hommes pour l’accompagner sur le Terra Nova, dans l’espoir de mener des travaux scientifiques sur la terre du Roi-Édouard-VII. Un jour, sur le chemin du retour à leur campement, ils ont été surpris de tomber sur une autre expédition arrivée entre temps : celle de Roald Amundsen, qui avait posé ses valises dans la baie des Baleines.

Encore plus près du pôle

Les deux expéditions ont échangé quelques plaisanteries cordiales, puis Campbell s’est empressé de revenir au camp pour informer Scott de l’arrivée des rivaux. Un peu abasourdi par la nouvelle, Scott a choisi de poursuivre la mission comme prévu et a ordonné le déplacement des cargaisons plus près du pôle.

La manœuvre n’a pas été une partie de plaisir. Presque immédiatement, les complications sont arrivées : violents blizzards, fatigue des chevaux commençant à s’affamer… Seuls deux des huit présents au début de la mission ont d’ailleurs pu survivre.

tn10.jpgLe maître-chien Cecil Meares et le capitaine Lawrence Oates cuisinent de la graisse de baleine pour les chiens, en mai 1911. HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

Pendant ce temps-là, des groupes de géologues exploraient les régions avoisinantes.

Les 25 hommes de la fête se sont installés dans la hutte, au début de l’hiver en Antarctique, en avril 1911, tuant le temps à lire, étudier et parfois jouer quelques matchs de foot. Scott poursuit, au même moment, ses calculs et ses plans pour organiser le voyage vers le pôle.

Au cours de l’hiver, le docteur Edward Wilson, scientifique en chef, a mené plusieurs hommes dans une sortie pour récupérer des œufs de manchots empereurs dans une colonie de rochers, situé à plus de 100 kilomètres du campement.

tn11.jpgLe capitaine Scott, en bout de table, célèbre son 43e anniversaire, le 6 juin 1911. HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

tn12.jpg12 juillet 1911 : le géologue Frank Debenham écrase des bouts de pierre. HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

tn13.jpg22 juillet 1911 : le photographe Herbert Ponting dans sa chambre noire. IMAGE: HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

tn14.jpgUn traîneau, en 1912. HULTON-DEUTSCH COLLECTION/CORBIS/CORBIS VIA GETTY IMAGES

tn15.jpgApsley Cherry-Garrard, en octobre 1911. HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

tn16.jpg7 octobre 1911 : le capitaine Scott écrit dans son journal intime. Il a accroché des photos de sa femme et de son fils sur le mur derrière lui. HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

tn17.jpg8 octobre 1911 : un homme se tient en haut du Matterhorn, avec le volcan Erebus en arrière plan. HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

tn18.jpg9 octobre 1911 : Henry Robertson Bowers, Lawrence Oates, Cecil Meares, Edward L. Atkinson et Apsley Cherry-Garrard se reposent. HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

tn19.jpg2 décembre 1911 : Anton Omelchenko se trouve sur le glacier Barne, sur l’île de Ross. HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

tn20.jpgJanvier 1912, Cecil Meares joue du piano. HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

tn21.jpgNovembre 1911 : le capitaine Scott prêt à aller vers le pôle Sud. IMAGE: HULTON ARCHIVE/GETTY IMAGES

À l’arrivée du printemps, Scott a établi son plan pour atteindre le pôle Sud. Une première troupe de 16 hommes s’est mise en marche pour la grande barrière de glace, transportant des fournitures et des traîneaux à moteur, des poneys ainsi que des chiens.

tn22.jpgJanvier 1912 : le capitaine Scott mène un convoi vers le pôle Sud. HULTON ARCHIVE/GETTY IMAGES

tn23.jpgJanvier 1912, un plutôt gelé Charles Wright est revenu au campement après avoir atteint la barrière de Ross. HERBERT PONTING/SCOTT POLAR RESEARCH INSTITUTE, UNIVERSITY OF CAMBRIDGE/GETTY IMAGES

Le 4 décembre, la mission a atteint le bord le plus éloigné de la barrière de Ross et a commencé à grimper le glacier Beardmore.

Le 20 décembre, les hommes atteignent enfin le début du vaste plateau vide qui se trouvait entre eux et le pôle. Les chiens sont alors renvoyés à la base, et le 3 janvier 1912, Scott choisit les quatre hommes qui le rejoindraient dans la partie polaire : le scientifique en chef Edward Wilson, Lawrence Oates, Henry Bowers et Edgar Evans.

Arrivés un mois trop tard

Les cinq derniers hommes poussent alors vers le sud. Le 16 janvier, au milieu d’une immense étendue de néant blanc autour d’eux, ils aperçoivent quelque chose – un drapeau noir flottant sur un traîneau. Une note a été jointe. Amundsen les avait battus d’un mois. Crestfallen, Scott et ses compagnons atteignirent le pôle Sud le lendemain et découvrirent le camp qu’Amundsen avait laissé derrière lui le lendemain.

tn24.jpgLe docteur Wilson, les capitaines Scott et Oates, Henry Bowers ainsi que Edgar Evans posent au pôle Sud, le 18 janvier 1912. DOMAINE PUBLIC

tn25.jpg18 janvier 1912 : le capitaine Scott trouve une tente noire derrière Amundsen, plantée là un mois plus tôt. HULTON-DEUTSCH COLLECTION/CORBIS/CORBIS VIA GETTY IMAGES

Bien que n’étant pas le triomphe qu’ils avaient imaginé, leur mission avait enfin été menée à bien. Sur cette satisfaction, le groupe décide de retourner au campement. Mais Evans, souffrant de gelures sévères et d’autres blessures, s’effondre et meurt au bord du glacier le 17 février. Les quatre hommes survivants traversent alors la barrière de Ross pour retrouver leurs chiens.

Ceux-ci ne sont pas présents au rendez-vous. Or, les pieds gelés d’Oates ne lui permettent plus de marcher plus d’une dizaine de kilomètres par jour. Le 17 mars, à l’âge de 32 ans, il perd l’usage de ses mains. Conscient d’être un frein pour le groupe, un jour, il assure à ses partenaires sous leurs tentes qu’il sort juste prendre l’air un moment. Il ne reviendra jamais.

“Dehors, la tempête gronde. Je n’ai plus beaucoup d’espoir”

Scott, Bowers et Wilson ont continué, devenant plus faibles et malades tout au long du voyage. Le 20 mars, à seulement une vingtaine de kilomètres du grand campement, ils sont immobilisés par une féroce tempête de neige.

“Nous tentons de rejoindre notre grand campement, mais dehors, la tempête gronde. Je n’ai plus beaucoup d’espoir. Bien sûr, nous allons tout faire pour tenir le choc, mais il faut faire face à l’évidence : nous sommes de plus en plus faibles. Même si le grand campement n’est plus bien loin. Je n’ai pas l’énergie d’écrire davantage. R. Scott. Pour l’amour de Dieu, prenez soin de nos hommes”, peut-on lire dans le journal de Robert Falcon Scott, à la date du 23 mars 1912. Ce sera la dernière entrée de son carnet.

Deux semaines tard, les corps de Scott, Wilson et Bowers ont été retrouvés par les hommes restés au campement.

tn26.jpgLes membres de l’expédition retournent en Nouvelle Zélande, à bord du Terra Nova, après avoir retrouvé les corps de Scott et de ses coéquipiers. HULTON-DEUTSCH COLLECTION/CORBIS/CORBIS VIA GETTY IMAGES

Source : Quand l’expédition Terra Nova explorait le pôle Sud entre 1910 et 1913