Située à l'ouest du Cap Nord, cette petite île de 18km² appartient à la municipalité de Måsøy (comté du Troms og Finnmark) et est habitée par une vingtaine de personnes.
Ingøya : Au-delà de la carte postale, une immersion au cœur de l'Arctique
Ingoya est entourée de récifs et pour accéder à son petit port de pêche les premières fois on passe de la carte à l'observation du balisage local (pas toujours conventionnel...) un paquet de fois ! Et comme nous sommes joueurs, nous y retournerons en 2026, en voilier ! https://karukinka-exploration.com
Parmi les innombrables joyaux que nous a offerts l'été arctique lors de notre expédition vers le Cap Nord, l'île d'Ingøya occupe une place à part dans nos mémoires. Plus qu'une simple escale, cette terre isolée de la municipalité de Måsøy est devenue une incarnation de ce que nous recherchons avec Karukinka : une navigation qui donne du sens, où l'aventure se nourrit de rencontres et d'histoire.
Cap sur l'île norvégienne Ingoya
Fruholmen Fyr, le gardien silencieux de la mer de Barents
Notre approche d'Ingøya fut guidée par la silhouette emblématique de son phare, Fruholmen Fyr. Construit en 1866, il est le phare le plus septentrional de Norvège, un véritable gardien posté à la frontière entre la civilisation et l'immensité polaire. Naviguer sous son faisceau lumineux, c'est ressentir le poids de l'histoire maritime et rendre hommage aux générations de marins qui ont bravé ces eaux périlleuses. Détruit durant la Seconde Guerre mondiale puis reconstruit, il symbolise la résilience d'une communauté face aux éléments et aux tumultes de l'histoire. Pour l'équipage du Milagro, passer sous son regard n'était pas un simple point de passage, mais un dialogue silencieux avec le patrimoine norvégien.
A l'ouest de l'île culmine le phare Fruholmen (Fruholmen fyr) qui, après avoir été détruit en 1944 par les Allemands, a été reconstruit et remis en service en 1949. Il mesure 18m et est visible à plus de 19 milles nautiques.
Une terre de contrastes, entre nature brute et enjeu stratégique
Une fois le pied à terre, Ingøya se révèle comme une terre de contrastes saisissants. D'un côté, une nature à l'état pur : la végétation arctique, tapissée de lichens et de fleurs sauvages tenaces, les falaises abruptes où nichent des milliers d'oiseaux marins dont les cris percent le silence, et des plages balayées par des vents venus du pôle. C'est un écosystème fragile et puissant, où chaque élément rappelle l'humilité nécessaire pour évoluer dans ces latitudes.
Mûre blanche, aussi appelée "Cloudberry" (anglais) et "Multebær" (Bokmal)Flore des paysages arctiques norvégiens, Ingoya (comté du Troms et Finnmark)
De l'autre, l'île abrite une station de relais radio d'une importance géostratégique majeure, un lien invisible mais vital connectant le continent au Svalbard. Cette infrastructure, presque incongrue dans ce décor, rappelle qu'Ingøya n'est pas seulement un bout du monde sauvage, mais aussi un point névralgique dans les communications et la surveillance de l'Arctique. C'est cette dualité qui rend l'île si fascinante : un sanctuaire naturel doublé d'un avant-poste technologique.
Ingøya abrite la plus grande antenne de Scandinavie. Elle sert de relais radio géostratégique entre les deux extrémités de la Norvège : Oslo et le Svalbard.
L'âme d'Ingøya : la navigation comme prétexte à la rencontre
Mais ce qui transforme une escale en souvenir impérissable, ce sont les rencontres. À Ingøya, la vie s'organise autour du petit port de pêche, cœur battant d'une communauté d'e quelques dizaines'une vingtaine d'âmes. Échanger avec les habitants, c'est comprendre la réalité d'un quotidien rythmé par la météo et les marées, loin de l'agitation du monde. C'est découvrir un savoir-faire ancestral, une solidarité forgée par l'isolement et un attachement viscéral à cette terre à la fois rude et généreuse.
Pour nous, l'équipage de Karukinka, atteindre Ingøya n'était pas une fin en soi. C'était l'occasion de vivre notre philosophie : utiliser le voilier comme un camp de base flottant pour explorer, comprendre et partager. Chaque randonnée sur les sentiers de l'île, chaque discussion sur le quai et chaque moment de contemplation face à la mer de Barents ont renforcé notre conviction qu'une autre manière de voyager est possible. Une aventure plus lente, plus respectueuse, où la véritable richesse ne se mesure pas en milles parcourus, mais en liens tissés.
Ingoya, porte d'entrée vers le Svalbard Norvege en mer de Barents
Quitter Ingøya, c'est laisser derrière soi bien plus qu'une île. C'est emporter avec nous un fragment de son âme, et la promesse de continuer à naviguer pour découvrir ces lieux où la nature, l'histoire et l'humanité s'entremêlent avec une force et une beauté inoubliables.
A la mi-journée le mercredi 3 avril 2024, Milagro et son équipage ont quitté Nantes, larguant les amarres au ponton Belem.
La saison 2024 est donc lancée, avec une première étape vers Dublin, suivie de plusieurs étapes en Ecosse puis en Norvège, avec un retour prévu via l'Islande et l'Irlande à l'automne prochain.
(c) Barbara Clerc
Amis nantais, nous vous donnons rendez-vous après ce périple, à l'hiver 2024-2025, avec toujours plus d'expériences et son lot d'histoires à raconter ! D'ici-là, profitez encore quelques jours de l'exposition photographique et sonore à l'Almacén, 4 rue de l'Arche sèche à Nantes (jouxte la Place Royale)
Dans les profondeurs de l’Antarctique, des microphones immergés recueillent des sons de « vaisseaux spatiaux » et une variété de bourdonnements « impressionnants », explique la scientifique colombienne Andrea Bonilla, à l’écoute de la vie sous-marine lors d’une expédition aux confins du continent blanc.
La biologiste de l’université Cornell de New York immerge à 500 mètres de profondeur des hydrophones enveloppés de titane qui enregistreront une année entière ces ondes sonores. Une fois déchiffrées, elles permettront de comprendre le comportement des mammifères marins et leurs déplacements pendant l’hiver austral, lorsque l’Antarctique devient presque inhabitable.
« Des espèces dont le son est impressionnant »
« Il y a ici des espèces dont le son est impressionnant, littéralement comme dans Star Wars, on dirait des vaisseaux spatiaux. Très peu d’oreilles ont le privilège de les entendre », déclare la scientifique de 32 ans à bord de l’ARC Simon Bolivar, un navire de la marine colombienne.
Titulaire d’un doctorat en acoustique marine, Andrea Bonilla et les autres scientifiques à bord de la 10e expédition colombienne dans l’Antarctique récupèrent également les micros déposés l’an passé lors d’une mission opérée par la marine turque.
Guidé par des coordonnées GPS, le bateau entre dans la zone de rencontre. Pour remonter l’hydrophone à la surface, Andrea Bonilla déclenche la libération de l’ancre qui le retenait immergé. Toute l’équipe scrute alors longuement pendant huit minutes de tension palpable les eaux calmes jusqu’à l’apparition, dans la joie, d’un petit drapeau déployé en surface.
La chercheuse Andrea Bonilla récupère un hydrophone avec des membres du navire de recherche colombien « ARC Simon Bolivar ». (Photo : Juan Barreto / AFP)
Ses collègues la félicitent chaleureusement et elle se dit soulagée. « Je suis super excitée parce que c’était la première fois que nous faisions cette manœuvre dans ces eaux […] Tout s’est super bien passé », se réjouit la scientifique colombienne.
Une fois sur la terre ferme, elle analysera un an d’enregistrements. « Dans un environnement marin, le son est fondamental », affirme-t-elle. Car le bruit ou les perturbations auditives peuvent affecter la communication des espèces ou entraver le déroulement normal d’activités naturelles telles que la chasse.
Ces recherches entendent également mesurer l’impact de l’activité humaine et de la pollution auxquelles sont exposés les mammifères dans un des endroits les mieux préservés de la planète.
« Zone marine protégée »
Un autre objectif est de soutenir la proposition, promue par le Chili et l’Argentine depuis 2012, de faire de la péninsule Antarctique « une zone marine protégée ».
Andrea Bonilla travaille avec des spectrographes qui représentent visuellement les fréquences sonores. Les moyennes et hautes fréquences enregistrent des animaux de différentes tailles.
Ses découvertes ne serviront pas seulement à surveiller les mammifères marins, mais aussi à la recherche géophysique : les micros captent les basses fréquences émises par les mouvements telluriques et la fonte des glaces.
Non loin du navire, une colonie de manchots marche sur un bloc de glace géant en forme de toboggan tandis qu’au-dessus des eaux profondes, les chercheurs observent une baleine à bosse qui prend une de ses dernières respirations avant que l’hiver ne la fasse fuir vers les eaux plus chaudes de l’océan Pacifique.
« Cette rencontre a changé ma vie »
« Ma première rencontre avec une baleine a été avec une baleine qui chantait, et je pense que cela a changé ma vie », se souvient Andrea Bonilla.
Après s’être nourries pendant des mois dans la péninsule Antarctique et dans le détroit de Magellan au Chili, des milliers de ces grands mammifères se retrouvent pour se reproduire entre juin et octobre dans un corridor marin qui s’étend du sud du Costa Rica au nord du Pérou.
Mais « il y a aussi des espèces qui ne vivent qu’ici », souligne-t-elle, comme les phoques de Weddell et les léopards de mer, qui émettent des chants aigus de différentes tonalités, des compositions harmonieuses qui fournissent des informations sur leur comportement.
La scientifique se prépare à un nouveau largage d’hydrophone et attache le drapeau rouge au sommet de la bonbonne de titane qui servira à la repérer au milieu des eaux à son retour l’année prochaine.
Au cours de l’expédition, trois microphones ont été immergés, deux dans le détroit de Bransfield et un dans le passage de Drake.
"Vous l’avez peut-être remarqué, un navire d’expédition a fait escale à Nantes, au ponton Belem. Il va rester encore un mois, avant de partir direction le grand nord. Pendant les vacances, il est possible de rencontrer l’équipage. Lauriane Lemasson est la fondatrice de l’association Karukinka."
Une équipe de scientifiques écoute la faune marine du continent blanc en immergeant des micros dans ses profondeurs. Une aventure fascinante.
Photo d'illustration Sipa/James Whitlow Delano
Dans les profondeurs de l’Antarctique, des microphones immergés recueillent des sons de « vaisseaux spatiaux » et une variété de bourdonnements « impressionnants », explique la scientifique colombienne Andrea Bonilla, à l’écoute de la vie sous-marine lors d’une expédition aux confins du continent blanc.
À 500 mètres de profondeur
La biologiste de l’université Cornell de New York immerge à 500 mètres de profondeur des hydrophones enveloppés de titane qui enregistreront une année entière ces ondes sonores des profondeurs.
Une fois déchiffrées, elles permettront de comprendre le comportement des mammifères marins et leurs déplacements pendant l’hiver austral, lorsque l’Antarctique devient presque inhabitable.
« Il y a ici des espèces dont le son est impressionnant, littéralement comme dans Star Wars, on dirait des vaisseaux spatiaux. Très peu d’oreilles ont le privilège de les entendre », déclare la scientifique de 32 ans à bord de l’ARC Simon Bolivar, un navire de la marine colombienne.
Tension et excitation
Titulaire d’un doctorat en acoustique marine, Andrea Bonilla et les autres scientifiques à bord de la 10e expédition colombienne dans l’Antarctique récupèrent également les micros déposés l’an passé lors d’une mission opérée par la marine turque.
Guidé par des coordonnées GPS, le bateau entre dans la zone de rencontre. Pour remonter l’hydrophone à la surface, Andrea Bonilla déclenche la libération de l’ancre qui le retenait immergé. Toute l’équipe scrute alors longuement pendant huit minutes de tension palpable les eaux calmes jusqu’à l’apparition, dans la joie, d’un petit drapeau déployé en surface.
Ses collègues la félicitent chaleureusement et elle se dit soulagée. « Je suis super excitée parce que c’était la première fois que nous faisions cette manœuvre dans ces eaux. […] Tout s’est super bien passé », se réjouit la scientifique colombienne.
Mesurer l’impact de l’activité humaine
Une fois sur la terre ferme, elle analysera un an d’enregistrements. « Dans un environnement marin, le son est fondamental », affirme-t-elle. Car le bruit ou les perturbations auditives peuvent affecter la communication des espèces ou entraver le déroulement normal d’activités naturelles telles que la chasse.
Photo d'illustration Sipa/Chine Nouvelle
Ces recherches entendent également mesurer l’impact de l’activité humaine et de la pollution auxquelles sont exposés les mammifères dans un des endroits les mieux préservés de la planète.
« Zone marine protégée »
Un autre objectif est de soutenir la proposition, promue par le Chili et l’Argentine depuis 2012, de faire de la péninsule Antarctique « une zone marine protégée ». Andrea Bonilla travaille avec des spectrographes qui représentent visuellement les fréquences sonores. Les moyennes et hautes fréquences enregistrent des animaux de différentes tailles.
Ses découvertes ne serviront pas seulement à surveiller les mammifères marins, mais aussi à la recherche géophysique : les micros captent les basses fréquences émises par les mouvements telluriques et la fonte des glaces.
Manchots et baleine
Non loin du navire, une colonie de manchots marche sur un bloc de glace géant en forme de toboggan tandis qu’au-dessus des eaux profondes, les chercheurs observent une baleine à bosse qui prend une de ses dernières respirations avant que l’hiver ne la fasse fuir vers les eaux plus chaudes de l’océan Pacifique.
Photo d'illustration Sipa/Chine Nouvelle
« Ma première rencontre avec une baleine a été avec une baleine qui chantait, et je pense que cela a changé ma vie », se souvient la scientifique.
Après s’être nourries pendant des mois dans la péninsule Antarctique et dans le détroit de Magellan au Chili, des milliers de ces grands mammifères se retrouvent pour se reproduire entre juin et octobre dans un corridor marin qui s’étend du sud du Costa Rica au nord du Pérou.
Des chants harmonieux
Mais « il y a aussi des espèces qui ne vivent qu’ici », souligne-t-elle, comme les phoques de Weddell et les léopards de mer, qui émettent des chants aigus de différentes tonalités, des compositions harmonieuses qui fournissent des informations sur leur comportement.
Andrea Bonilla se prépare à un nouveau largage d’hydrophone et attache le drapeau rouge au sommet de la bonbonne de titane qui servira à la repérer au milieu des eaux à son retour l’année prochaine. Au cours de l’expédition, trois microphones ont été immergés, deux dans le détroit de Bransfield et un dans le passage de Drake.
Depuis 2014, l’association Karukinka se dédie à l’exploration, à la recherche scientifique et à la création artistique en régions polaires et subpolaires…
L’association fête ses 10 ans cette année… C’est Lauriane qui a fondé cette asso au retour d’une expédition en Terre de Feu argentine, dans le cadre d’un master… Sur place elle doit étudier en quoi le paysage sonore a un impact sur le peuplement d’un territoire…Quand elle arrive en terre de feu elle pense que le peuple indigène étudié n’existe plus, d’ailleurs c’est ce qu’indique différents travaux scientifiques sauf qu'une fois sur place, elle se rend compte que le peuple indigène n’a pas du tout disparu...
C’est donc avec détermination qu’elle entreprend de rétablir la vérité… en créant Karukinka qui regroupe des membres d’univers différents autour d’un même objectif : explorer pour mieux comprendre, documenter, sensibiliser, soutenir, défendre et créer...
Un grand projet est de reconstituer des cartes dans la langue d'un peuple indigène car cela n’existe pas mais ce travail ne peut pas se faire qu’avec des archives, il faut se rendre sur place avec eux, pour s’assurer que tel plan d’eau telle montagne existe toujours, noter son nom et l’intégrer dans une base de données…
Et en ce moment vous pouvez découvrir le travail et une partie de l’équipe au ponton Belem sur le voilier Milagro
Milagro, ça veut dire “miracle” en espagnol, Le voilier et son équipage se préparent avant de mettre le cap sur l’Ecosse et la Norvège…Au programme, plusieurs explorations mêlant navigations à la voile et randonnées... Si vous souhaitez rejoindre l’aventure à bord, c’est possible, pour contacter l'association : 06 72 83 03 94