Parce qu'il est selon nous l'un des meilleurs documentaires dédiés à la région du cap Horn et ses habitants, nous vous recommandons de découvrir "Tánana, estar listo para zarpar" (être prêt à partir naviguer), une véritable expédition sensible dans ces territoires majestueux à ne pas manquer pour découvrir ces visages qui font les lieux..
Ce film a été principalement tourné dans une des baies du nord de l’île Navarino : la baie Mejillones. Il est dédié à la construction d’un petit voilier, le Pepe II, selon la tradition yagan. Toute la famille de Martin apparaît au fil des séquences, que ce soit pour le choix de l’arbre à utiliser pour la construction que pour fabriquer ce navire puis le mettre à l’eau. S’ensuit la navigation ancestrale à la voile et à la rame dans les canaux de Patagonie, menée par Martin Gonzalez Calderon et son gendre, tout cela aussi grâce au soutien de pêcheurs locaux, tant la législation complique la navigation traditionnelle à l’approche, entre autres, des glaciers de la cordillère Darwin et du faux cap Horn.
Un témoignage exceptionnel de la navigation yagan au bout du monde
Il aura fallu cinq ans pour obtenir ce documentaire d'une grande beauté scénique et surprenant d'intimité. Dans "Tánana" (2016, 74 minutes), l'anthropologue Alberto Serrano, directeur du Musée Martin Gusinde de Puerto Williams, et le réalisateur Cristóbal Azócar témoignent de comment Martín González Calderón (62 ans) est retourné naviguer dans les îles de Tierra del Fuego, sur un bateau à voile qu'il a construit face à la caméra.
Le titre même du film, "Tánana" - qui signifie "être prêt à naviguer" en langue yagan - résume parfaitement l'esprit de ce peuple nomade maritime qui sillonne toujours, bien que de manière différente depuis la colonisation de leurs territoires, les eaux de l'archipel fuégien depuis des millénaires.
La renaissance d'une tradition familiale : la construction du "Pepe II"
Ce film a été principalement tourné dans une des baies du nord de l'île Navarino : la baie Mejillones. Il est dédié à la construction d'un petit voilier, le Pepe II, selon la tradition yagan adaptée aux matériaux contemporains. Le tournage permet de documenter tout le processus de construction du bateau, depuis le choix des arbres jusqu'à un important témoignage de la grande maîtrise du protagoniste dans l'art de la charpente marine.
Plusieurs membres de la famille de Martin apparaissent au fil des séquences, de la fabrication du navire à sa mise à l'eau. Cette dimension familiale illustre parfaitement l'approche communautaire traditionnelle yagan, où chaque projet mobilise l'ensemble du groupe selon les compétences et les rôles de chacun.
Le processus révèle comment les Yagan ont su adapter leurs techniques ancestrales aux contraintes contemporaines. Alors que leurs embarcations traditionnelles, les canoës appelés "ánan", étaient entièrement construites en écorce de hêtre austral, le "Pepe II" utilise des planches de bois assemblées selon des techniques de charpenterie plus modernes intégrées au fil des générations.
Une expédition au cœur des territoires secrets de Patagonie
Quand Martin leva les voiles, les réalisateurs le suivirent pendant quinze jours dans une navigation ancestrale à la voile et à la rame menée par Martin González Calderón et son gendre. Cette expédition s'effectue grâce au soutien de pêcheurs locaux, tant la législation chilienne complique désormais la navigation traditionnelle à l'approche des glaciers de la cordillère Darwin et du faux cap Horn.
Ils voyagèrent ainsi dans des îles où plus personne ne vit et où les maisons yagan sont devenues des ruines, témoins silencieux de l'histoire de ce peuple. Les réalisateurs furent étonnés par les peintures rupestres et les lieux secrets découverts lors de cette odyssée maritime. "Par sa géographie, c'est un lieu unique, très extrême. En hiver il n'y a que peu de jour et il n'y a pratiquement pas de nuit en été. J'apprécie beaucoup la faune : les oies, baleines et dauphins sont à portée de main. Et les condors volent au ras de la mer", témoigne Azócar.
Les histoires du protagoniste sont concises et pleines de sens. Il a traversé quatre fois le faux cap Horn. La première fois fut avec son père et la plus difficile car une tempête avait endommagé le petit bateau. Son père a commencé à le réparer et il a alors su que c'était à son tour de gérer la navigation. Il avait 12 ans.
Alberto Serrano : un regard anthropologique respectueux
"Nous avons eu l'idée de voyager dans ces lieux où il n'avait jamais pu revenir, mais aussi de partager cette réalité avec son contexte. Le discours de l'extinction domine tout mais en vérité il y a des nuances. (...) L'héritage yagan est vivant ; et il y a des personnes comme Don Martín qui continue de parcourir les archipels de manière traditionnelle", explique Alberto Serrano, qui vit à Puerto Williams.
Cette approche nuancée caractérise l'ensemble du documentaire. Loin des clichés sur l'extinction culturelle, le film montre la vitalité contemporaine de la tradition yagan et sa capacité d'adaptation. "Le plus puissant et important de la navigation traditionnelle est son lien avec le lieu ; chaque baie est une maison. Don Martin a une sagesse qui lui a été transmise par l'amour de son espace de vie. Mais cette connaissance est en train de disparaître, il se trouve donc dans une phase charnière : ses parents ont toujours navigué mais ses enfants n'en ont pas la possibilité", ajoute l'anthropologue.
Un témoignage essentiel pour les générations suivantes
Une tradition maritime d'exception : 7 000 ans de navigation
Les Yagan représentent l'une des rares civilisations entièrement maritime de l'humanité. Pendant plus de 7 000 ans, ils ont développé une culture nomade basée exclusivement sur l'exploitation des ressources marines et la navigation constante dans l'archipel fuégien. Cette adaptation exceptionnelle leur a permis de vivre et prospérer dans un environnement que les Européens considéraient comme totalement inhospitalier.
Leur expertise de navigation repose sur une connaissance empirique exceptionnellement sophistiquée : lecture des vents, interprétation des courants, prévision météorologique basée sur l'observation des nuages et de la faune marine. Cette maîtrise se transmet oralement de génération en génération, intégrant observations scientifiques empiriques et savoirs spirituels.
Avant la colonisation, le territoire traditionnel yagan s'étendait de la côte sud de la grande île de Terre de Feu jusqu'à l'archipel du cap Horn, incluant le canal Beagle qu'ils appellent Onashaga. Les centaines d'îles, milliers de canaux, baies protégées et passages dangereux constituent un environnement où seule une navigation experte assure la sécurité.
Les canoës yagan : chefs-d'œuvre maritimes
Les embarcations traditionnelles yagan, appelées "ánan", constituent de véritables chefs-d'œuvre de technologie maritime adaptée. Entièrement construites en écorce de hêtre austral (Nothofagus betuloides), elles mesuraient entre 3,75 et 5,5 mètres de long pour 70 à 90 cm de large. Légères, rapides, elles peuvent naviguer dans les algues qui entravent les embarcations européennes plus lourdes et à quille.
Bien qu'elles ne duraient généralement que quelques mois, ces canoës permettent une navigation exceptionnellement efficace dans l'environnement complexe des canaux patagoniens. Les familles yagan y transportaient tout leurs effets domestiques : foyer central pour le feu, espaces dédiés aux hommes, femmes et enfants, compartiments pour les provisions et les outils.
La construction de ces embarcations mobilisait l'ensemble de la famille selon une répartition précise des tâches. Les hommes s'occupaient de la structure principale, tandis que les femmes maîtrisaient le calfatage avec des algues et un mélange d'argile et de graisse animale.
Un lien intime avec l'océan austral
La relation des Yagan à l'océan dépasse la simple subsistance pour devenir une véritable symbiose culturelle. Leur organisation sociale, leur spiritualité, leur mythologie, leur calendrier saisonnier - tout s'articule autour des cycles marins et des phénomènes océaniques.
Les techniques de subsistance illustrent parfaitement cette adaptation : chasse aux otaries par les hommes, plongée pour la récolte des coquillages par les femmes, récupération de viande de baleine échouée, cueillette de végétaux côtiers. Le film restitue cette dimension spirituelle en montrant comment Martín González Calderón retrouve cette connexion ancestrale lors de son voyage. Chaque baie devient effectivement une maison, chaque île un territoire familier chargé de mémoire et de significations.
La famille González Calderón : gardiens de la tradition
Le documentaire révèle également l'importance de la transmission familiale dans la préservation des savoirs yagan. Martín incarne cette génération charnière qui a vécu l'enfance dans la tradition nomade maritime avant d'être confrontée à la sédentarisation forcée par les autorités chiliennes.
L'objectif déclaré de Martín González Calderón est de "léguer sa grande sagesse sur le territoire et sa culture". Cette démarche s'inscrit dans une volonté consciente de préservation culturelle, où les derniers détenteurs des savoirs traditionnels assument la responsabilité de leur transmission.
Pour la petite anecdote, Martin est le grand frère de Julia (experte reconnue de la vannerie yagan) et d'un des membres d'honneur de notre association : José German González Calderón, venu nous rendre visite en France en octobre 2019 et qui navigue très régulièrement avec nous. Sa présentation de la version française de ce documentaire et de la navigation telle qu'il l'a vécue dès son plus jeune âge avec sa famille dans les canaux de Patagonie a été un des moments forts du festival Haizebegi #6.
Cette continuité familiale témoigne de la vitalité de la culture yagan. José German, pêcheur professionnel et artisan, possède lui aussi des décennies d'expérience de navigation dans les canaux patagoniens, combinant savoirs ancestraux (ex: fabrication des harpons en os de baleine) et techniques de navigation contemporaines.
Reconnaissance et diffusion internationale
"Tánana" a reçu le premier prix au Festival de Cinéma de la Patagonie dans la catégorie "Territoire filmique", reconnaissance de son excellence dans la représentation des paysages et cultures des canaux patagoniens. Le film a également obtenu le prix Kinêma décerné par le Conseil de la culture du Chili, récompensant les productions qui promeuvent le mieux le territoire national.
Cette reconnaissance officielle témoigne de l'importance culturelle du projet. Le documentaire a pu compter sur le financement du Fonds Audiovisuel du Conseil national de la culture et des arts (CNCA), ainsi que le soutien de la Direction des bibliothèques, archives et musées (DIBAM) et du Conseil de la culture et des arts de la province de Magallanes.
Le film est en accès libre sur internet (avec sous-titrages en français et en anglais) et bénéficie de fait d'une diffusion internationale remarquable, avec des projections en Europe, Amérique du Nord et Amérique latine.
Au-delà de sa valeur cinématographique, "Tánana" constitue un outil pédagogique exceptionnel pour sensibiliser aux cultures autochtones et à la préservation des savoirs traditionnels. Le documentaire sert de support dans les universités, musées et centres culturels, contribuant à une meilleure compréhension de la diversité culturelle maritime mondiale.
Vous pouvez visionner le documentaire Tanana sous-titré en français sur YouTube, une occasion unique de découvrir la culture yagan et de comprendre comment elle continue de naviguer vers l'avenir et au sein de la Réserve de Biosphère du cap Horn, en gardant le cap sur ses traditions ancestrales.
Suite à l'adoption d'une loi visant à simplifier la restitution des restes humains conservés dans les collections des musées français, l'association Karukinka et ses membres se réjouissent de cette avancée qui, ils l'espèrent, accélèrera la restitution des restes humains Selk'nam, Haush et Yagan présents dans la collection d'anthropologie physique du Musée de l'Homme (Paris).
Une demande de contact avait été maintes fois répétée avant et pendant la venue en France, dans le cadre du festival Haizebegi 2019, de Victor Vargas Filgueira (porte-parole de la communauté yagan d'Ushuaia, Argentine), Mirtha Salamanca (membre du Conseil Participatif Indigène d'Argentine pour le peuple selk'nam) et José German Gonzalez Calderon (ex-président de la communauté yagan de la Bahia Mejillones, Chili). Le directeur des collections avait refusé de les recevoir en octobre 2019, tout en indiquant que ces collections serait analysées dans les prochains mois.
A ce jour, soit plus de 4 ans après, toujours aucune suite n'a été donnée à cette prise de contact.
Pour aller plus loin, nous vous recommandons la lecture de cet article paru dans le journal Le Monde hier (intégré à la suite dans cet article) et, pour poursuivre la réflexion, la lecture par exemple de :
un article de Laurent Berger (Chercheur affilié au Laboratoire d’Anthropologie Sociale, chargé de la recherche au musée du quai Branly et Visiting Fellow à la London School of Economics and Political Science.) intitulé "Des restes humains trop humains ?" et publié le 26 septembre 2008 par "La Vie des Idées" (https://laviedesidees.fr/Des-restes-humains-trop-humains.html)
un article de Gracia Lwanzo Kasongo (doctorante à l’Université catholique de Louvain, membre de l’Institut de sciences politiques Louvain-Europe, juriste et politiste) intitulé "« Nous ne voulons pas de ces fantômes. » Quand la restitution des restes humains fait débat" et publié le 31 mars 2023 par "Afrique XXI" (https://afriquexxi.info/Nous-ne-voulons-pas-de-ces-fantomes-Quand-la-restitution-des-restes-humains)
Le Parlement français adopte une loi sur la restitution de restes humains à des Etats étrangers
Le texte doit faciliter le retour de corps ou de morceaux de corps collectés dans des conditions indignes en dérogeant à la règle d’inaliénabilité des collections publiques françaises.
Par Laurence Caramel Publié le 18 décembre 2023 à 20h23, modifié le 18 décembre 2023 à 21h40
L'ambassadeur d'Afrique du Sud, Thuthukile Edy Skweyiya et le ministre de la Recherche Roger-Gérard Schwartzenberg, posent à côté du moulage de Saartjie Baartman, surnommée "Venus hottentote", le 29 avril 2002 lors d'une cérémonie à l'ambassade de l'Afrique du Sud à Paris, au cours de laquelle la dépouille de cette femme sera rendue à son pays d'origine. (AFP) JACQUES DEMARTHON / AFP
Les trois crânes provenant de l’ancien royaume Sakalave de Madagascar comme les dépouilles d’aborigènes d’Australie aujourd’hui conservés au Musée de l’homme, à Paris, pourront bientôt rejoindre leurs terres d’origine. Avec le vote des sénateurs, lundi 18 décembre, le Parlement a définitivement adopté la proposition de loi sur la restitution à des Etats étrangers des restes humains appartenant aux collections publiques françaises.
« C’est un moment important pour nos relations avec des peuples qui attendent depuis longtemps de pouvoir donner une sépulture digne à leurs ancêtres », se réjouit la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly, à l’origine de la loi avec deux autres élus de la chambre haute, Pierre Ouzoulias (Parti communiste) et Max Brisson (Les Républicains). C’est aussi un « moment d’émotion » pour l’ancienne conseillère à la culture de Rouen, dont la ville a été la première à délibérer en 2006 sur la restitution à la Nouvelle-Zélande d’une tête maorie présente dans les collections locales.
C’est le refus de l’Etat de laisser le musée normand se départir de cette pièce qui a été le point de départ de ce patient travail ayant abouti au texte voté lundi. Son adoption est une étape supplémentaire dans la mise en œuvre du projet plus vaste visant à faciliter la rétrocession de pièces de collection acquises par les musées français dans des conditions désormais jugées inacceptables : trophées de guerre, pillages, vols, profanations de sépultures…
Il s’agit aussi à cette occasion d’engager une réflexion et un travail de mémoire. En juillet, une première loi concernant la restitution des biens culturels spoliés à des juifs dans le contexte des persécutions antisémites de 1933 à 1945 a déjà été votée. En 2024, le dernier projet de loi du gouvernement portant sur les œuvres acquises pendant la colonisation devrait être présenté au Parlement.
Accélération des traitements des requêtes
Grâce à la loi adoptée lundi, il ne sera plus nécessaire, comme cela était le cas jusqu’à présent, d’obtenir l’autorisation du Parlement avec le vote d’une loi ad hoc pour chaque dossier de restitution de corps ou de morceaux de corps. Une dérogation générale au principe d’inaliénabilité des collections publiques est introduite dans le code du patrimoine qui permettra à l’Etat et aux collectivités territoriales concernées d’agir par simple décret en Conseil d’Etat. Le traitement des requêtes devrait s’en trouver accéléré.
Depuis le début des années 2000, seulement quatre demandes ont en effet pu être instruites : celle portée en 2002 de l’Afrique du Sud concernant Saartjie Baartman, une femme Koïsan réduite en esclavage et exhibée en Europe sous le nom de Vénus hottentote. La même année, l’Uruguay a récupéré la dépouille d’un Indien Charrua, Vaimaca Peru, achetée par la France en 1832.
Dignité humaine
En 2012, vingt têtes maories ont été restituées à la Nouvelle-Zélande, puis, en 2020, vingt-quatre crânes ont été rendus à l’Algérie dans le cadre d’une convention de dépôt d’une durée de cinq ans. Une situation qui devra être régularisée avec la nouvelle loi.
Plusieurs conditions sont fixées pour juger de la recevabilité d’une requête : elle doit être déposée par un Etat étranger et à des fins exclusivement funéraires. Les « restes » doivent être ceux de personnes mortes après l’an 1500 et les « conditions de leur collecte porter atteintes à la dignité humaine ou leur conservation contrevenir au respect de la culture et des traditions du groupe dont ils sont originaires », précise la loi. En cas de doute sur l’identification des restes réclamés, un comité scientifique composé à parité d’experts français et du pays demandeur sera chargé d’éclairer la décision du ministère de la culture, à qui reviendra in fine la décision.
« Apaiser les mémoires douloureuses »
La ministre de la culture, Rima Abdul-Malak, s’est félicitée d’une loi équilibrée « entre la garantie du principe d’inaliénabilité et la gestion éthique des collections publiques. (…) Le respect de la dignité humaine anime cette loi. La France regarde son histoire en face. Elle entend les demandes des autres peuples et souhaite ouvrir avec eux de nouveaux échanges culturels en ayant contribué à apaiser les mémoires douloureuses ».
La ministre s’est également engagée à lancer dès le début de l’année 2024 une mission parlementaire sur la restitution des restes humains provenant des territoires d’outre-mer. « Ils ne pouvaient avoir leur place dans la présente loi mais nous en faisons notre priorité », a-t-elle promis, en se fixant un an pour apporter une solution.
Lundi, des représentants des Indiens Kalina de Guyane assistaient au débat au Sénat. Ils réclament le retour des corps de huit de leurs ancêtres morts en 1892 après avoir été exhibés dans des zoos humains à Paris et répertoriés dans les collections du Museum national d’histoire naturelle, à Paris. Celui-ci possède environ 24 000 « restes humains ». Environ 7 % sont originaires d’Afrique et 5 % des outre-mer. Une centaine seulement a été identifiée avec précision par les scientifiques, ce qui résume un autre enjeu de la loi : pour parvenir à sa véritable mise en œuvre, il faudra doter les musées de moyens pour faire l’inventaire fouillé de leurs collections.
Suite au One Planet – Polar Summit, l’Institut polaire français est heureux de pouvoir partager le rapport des opérateurs polaires qui a été remis aux Ministères de différents pays.
Les annonces du président de la République qui ont suivi ce sommet ont été à la hauteur des enjeux polaires : 1 milliard d’euros dédiés au polaire. Une belle dynamique pour toutes les communautés polaires !
"L'activité s'est déroulée dans le cadre du Cycle Cérémoniel des Journées de la Paix et de la Dignité, impulsée par la Secrétaire de Gestion, Promotion et Renforcement des Droits et de l'Organisation Communautaire. La proposition était de commémorer les 530 ans de résistance. Il s'agit d'une activité validée par Ordonnance Municipale depuis 2016.
Traduction en français d'un article paru en espagnol dans le journal Info Fueguina, le 14 octobre 2023.
"Le but était de commémorer les 530 ans de résistance", a-t-il été signalé par la Municipalité de la capitale, et il s'est démarqué par la présence, durant cet évènement, de Margarita Maldonado, femme Selk'nam, et de Victor Vargas Filgueira, homme Yagan, lesquels ont participé à la cérémonie et ont commémoré le départ de Catalina Filgueira, aussi membre de la communauté Yagan, ainsi qu'à l'expression de percussions, Tambores del Sur, qui a accompagné les activités.
"Ces cérémonies nous rappellent l'importance de la liberté et de pouvoir l'exercer pleinement, a souligné la secrétaire de Culture et Education, Belén Molina, laquelle a commenté que "suivant la ligne de cette gestion municipale, nous accompagnons et célébrons les activités qui nous conduisent à réfléchir sur notre histoire et visibiliser nos racines."
La Secrétaire de Gestion, Promotion et Renforcement des Droits et de l'Organisation Communautaire, Vanina Ojeda, a expliqué, à son tour, que "ceci est une reconnaissance aux peuples indigènes en leur dernier jour de liberté en Amérique".
"Historiquement, le 12 octobre a symbolisé le progrès, alors qu'il a été le début de 130 ans d'assujettissement sur les peuples autochtones" a observé la fonctionnaire.
En ce sens, elle a considéré que "c'est une date de réflexion, durant laquelle, accompagnés par les membres des peuples autochtones, nous partageons et visibilisons leurs voix, resignifiant cette date, marquant le commencement de siècles de luttes et résistance que tant de pays continuent encore de célébrer comme le Jour de la Race".
Le Pouvoir Exécutif Provincial considère qu'il s'agit d'un "fait historique dans le pays", puisque le province de "Terre de feu est la première province qui reconnaît et élargit le droit à l'identité des peuples indigènes, donnant la possibilité d'indiquer dans les actes de naissance l'appartenance à une communauté indigène.
Traduction en français de l'article paru en espagnol sur le site du journal InfoFueguina le 12 octobre 2023.
Le gouvernement provincial a habilité - via une Résolution - l'incorporation de l'identité indigène dans les actes de naissance émis par le Registre Civil, à travers le Secrétariat de la Justice et le Secrétariat des Droits Humains et de la Diversité.
Le document a été remis à des représentants de peuples indigènes, durant la marche du 11 octobre à Ushuaia, en présence du Secrétaire à la Justice, Gonzalo Carrillon et de la sous-secrétaire des Peuples Autochtones, Pamela Altamirando.
Depuis le Pouvoir Exécutif Provincial il a d'ores et déjà été indiqué que la semaine prochaine sera réalisée la présentation officielle et protocolaire devant les communautés invitées.
La résolution pour l'incorporation de l'identité indigène dans les actes de naissance se base sur un solide engagement pour les droits humains et la diversité culturelle, soulignant la reconnaissance constitutionnelle de la préexistence ethnique et culturelle des peuples indigènes argentins (article 75, sous-section 17 de la Constitution Nationale).
De plus, cet engagement se démarque de traités internationaux, comme la Convention sur la Protection et la Promotion de la Diversité des Expressions Culturelles, la Loi Nationale 26.994 et la Loi Provinciale 235, qui soulignent l'obligation de l'Etat Provincial à fortifier les identités indigènes.
"Cette initiative représente un acte de reconnaissance, de renforcement de la diversité culturelle et une action de réparation historique pour une partie de la population qui a été marginalisée et discriminée durant très longtemps", dit Carrillo.
Le fonctionnaire a considéré "important, dans le cadre du "Dernier jour de Liberté des Peuples Autochtones", que cette résolution soit envoyée aujourd'hui, le 11 octobre, reconnaissant et respectant l'identité indigène et la diversité culturelle" ajouta-t-il.
Pour sa part, Pamela Altamirando a rappelé que "la gestation de cette initiative a eu lieu un 9 septembre, coïncidant avec le Jour de la Femme Indigène, et c'est en cette journée significative qu'a été soulevée la nécessité de réaffirmer l'identité, et aujourd'hui, le 11 octobre, nous célébrons une avancée importante pour la reconnaissance des droits, qui se résonnera au niveau provincial et national."
"Il est crucial de souligner que notre province a toujours marqué des lignes directrices au niveau normatif, et compter maintenant sur cette reconnaissance dans une résolution est un pas significatif. Cet exploit, inscrit dans un document officiel, marquera sûrement un précédent exemplaire pour d'autres juridictions du pais", a fait remarquer la fonctionnaire.
A partir de cette nouvelle norme, toute personne née dans la province peut être inscrite ou solliciter que soit inscrite son identité indigène dans son acte de naissance. La demande doit être accompagnée par un Acte-aval de la Communauté Indigène inscrite dans le Registre National des Communautés Indigènes (ReNaCi) à laquelle il ou elle appartient."
"L'assemblée a approuvé dans une troisième procédure un projet issus de députées et députés qui permet d'incorporer ce peuple dans la liste des ethnies reconnues par l'Etat.
Pour pouvoir passer à l'Exécutif pour sa promulgation en tant que loi, il restait un projet (bulletin 12862) qui incorpore le peuple Selk'nam aux ethnies indigènes reconnues par l'Etat.
Ceci a été rendu possible grâce à l'approbation par l'assemblée de la Chambre des modifications de la proposition demandées par le Sénat. Les amendements en question étaient surtout de caractère formel plutôt que de contenu.
Lors de la première procédure, la Chambre avait opté pour un texte qui spécifiait l'inclusion de ce peuple dans la norme de la loi 19.253, au sujet de la Protection, de la Promotion et du Développement des Indigènes. Le Sénat a préféré se référer à cette norme et reformuler sa rédaction en incluant dedans les Selk'nam.
Sur ce plan, la disposition est devenue ainsi :
"L'Etat reconnaît comme principaux peuples ou ethnies indigènes du Chili les Mapuches, Aimara, Rapa Nui ou Pascuense; Atacameño, Quechua, Colla, Diaguita, Chango du nord du pays, Kawashkar ou Alacalufe, Yámana ou Yagán des canaux australs, et les Selk'nam. L'Etat valorise leur existence comme part essentielle des racines de la Nation chilienne, tout comme son intégrité et son développement, en accord avec leurs coutumes et valeurs."
L'initiative est née d'une motion présentée en août 2019. L'ont apportée Claudia Mix (Comunes), Emilia Nuyado (PS), Camila Rojas (Comunes), Andrés Longton (RN), Jorge Rathgeb (RN) et Cristóbal Urruticoechea (PREP). S'y ajoutèrent également les ex-députés Jaime Bellolio, Gabriel Boric, Amaro Labra et Gabriel Silber.
Justice pour les Selk'nam
Durant le débat, la motion originale a été présentée par trois de ses auteurs : Claudia Mix, Cristóbal Urruticoechea et Emilia Nuyado. De plus, sont intervenus les indépendants Hernan Palma et Carlos Bianchi.
De manière unanime, les députés ont donné leur soutien à la proposition. Ils firent remarquer l'importance de faire un geste de justice et de restitution des droits aux survivants d'une ethnie qui s'est retrouvée au bord de l'extermination.
Dans ce cadre, plusieurs ont dirigé leurs propos et leurs regards vers les tribunes pour valoriser le travail des dirigeants des communautés Selk'nam qui ont lutté durant des années pour concrétiser cette reconnaissance légale.
Il a aussi été mis en lumière la particularité de ce peuple, avec un mode de vie unique à l'extrême sud de notre pays. Dans le même temps, a été déplorée la complicité de l'Etat chilien, entre la deuxième moitié du XIXe siècle et les débuts du XXe siècle, lors de la chasse acharnée des indigènes de ce groupe ethnique. Parmi les raisons de ce génocide il y a celle de l'appropriation de terres pour l'élevage ovin.
De plus, est intervenue la ministre du Développement Social, Javiera Toro, qui a souligné qu'aujourd'hui se répare une dette historique avec ce peuple. Elle a aussi valorisé le fait que soit inclue dans la norme le concept de peuple et non seulement d'ethnie.