Publié le 27/03/2018 à 06:44, mis à jour le 27/03/2018 à 06:46
Environ 200 proches de 90 soldats argentins tombés aux Malouines ont pu, pour la première fois depuis la guerre en 1982, se recueillir devant leur sépulture dans le cimetière militaire de Darwin sur ces îles appelées Falkland par les Britanniques.
"Ce fut une très longue journée. Tout a été très émouvant: arriver dans notre patrie, dans les îles, au cimetière, voir le lieu de repos de mon père", a témoigné à son retour à Buenos Aires Sergio Aguirre, fils d'un marin mort durant le conflit.
L'Argentine revendique la souveraineté sur ces îles stratégiques britanniques, pour le contrôle desquelles Londres et Buenos Aires se sont livré une guerre éclair de 74 jours en 1982 qui a fait 649 morts côté argentin et 255 côté britannique.
"Maintenant je sais où il est. J'ai pu parlé avec lui. Je l'ai senti proche. Cela m'apaise de savoir où est Daniel", a dit Dalal Massad, la mère de Daniel Massad, un soldat tombé le 11 juin 1982.
L'identification des restes date de 2017, quand une mission d'experts encadrés par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pu mettre un nom sur 90 des 121 croix blanches du cimetière, non loin du champ de bataille.
Jusque là, l'inscription en anglais "Soldat argentin seulement connu de Dieu" apparaissait sur toutes les tombes.
Au total, 237 sépultures sont installées dans le cimetière. "Ce que nous avons vécu aujourd'hui fut très émouvant. C'est un cimetière plein de vie", a déclaré à son retour le secrétaire argentin aux droits de l'Homme, Claudio Avruj, à la radio Once Diez.
"Cela ne va pas changer l'histoire, cela va rien changer à la perte d'un être cher, mais pouvoir s'incliner devant une plaque avec son nom et son prénom, cela prend une autre valeur", avait dit aux familles le ministre argentin des Affaires étrangères, Jorge Faurie, avant leur départ pour les Malouines.
L'Argentine revendique les Iles Malouines, à 400 kilomètres de la Patagonie, un territoire qu'elle a occupé de 1820 à 1833. Les Iles ont depuis été administrées par le Royaume-Uni.
Buenos Aires demande en vain à Londres d'entamer un dialogue sur la souveraineté des Malouines, préconisé par une résolution de l'ONU de 1965.
Londres refuse, arguant que lors du référendum d'autodétermination organisé en 2013, les 3.000 habitants des Malouines ont réaffirmé leur attachement à la couronne britannique.
La Patagonie attire les touristes en mal de grands espaces. Mais depuis les années 1990, ce sont aussi des hommes d'affaires très fortunés qui y ont élu domicile. Parmi eux, Joe Lewis, le sixième homme le plus riche d'Angleterre qui ne cesse d'étendre sa propriété privée déjà immense.
Le plus grand sanctuaire marin au monde va être créé en Antarctique, aux termes d’un accord obtenu après des années de négociations. Il s’étendra sur une superficie de plus de 1,55 million de kilomètres carrés, dont 1,12 million km2 interdits à la pêche.
Vendredi 28 octobre, après des années de négociations, les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) ont approuvé à l’unanimité un accord « historique ». Après quelques modifications apportées au texte d’origine présenté par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, «l’ accord final tient en équilibre la protection marine, la pêche durable et les intérêts scientifiques », a détaillé Murray McCully, le ministre des affaires étrangères néo-zélandais.
Ce sanctuaire exceptionnel est destiné à protéger la zone immaculée de la mer de Ross en Antarctique ; une immense baie côté pacifique, sous juridiction néo-zélandaise. Du nom de l’explorateur britannique James Clark Ross qui l’a découverte en 1841, elle fait office de zone vierge de toute pollution, de surpêche et d’espèces invasives. On la surnomme « le dernier océan », abritant une très riche biodiversité dont un tiers des manchots Adélie et d’innombrables krills (petites crevettes nourrissants poissons, phoques, baleines et oiseaux marins).
Ce projet porte sur une zone de 1,57 million de kilomètres carrés dont 1,12 million seront totalement protégés de tout prélèvement, pêche comprise. L’équivalent en surface de l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie réunies.
Jusqu’en 2015, le gouvernement chinois y était réticent, avant de s’incliner. Ne manquait plus que l’accord de la Russie, qui s’opposait au projet en raison des droits de pêche. Désormais, l’accord est signé, courant sur 35 ans.
« Une avancée majeure pour la protection de la vie sauvage », saluée par le WWF France. Sa présidente et ancienne navigatrice Isabelle Autissier ajoute : « l’accord qui a été trouvé est un moment décisif pour l’avenir et la protection de l’Antarctique et de l’océan Austral […] Après des années d’impasse lors des réunions annuelles de la CCAMLR, cette décision va donner un nouvel élan au sein de la Commission qui nous permettra, nous l’espérons, d’atteindre un statut de protection permanent pour la mer de Ross au cours des prochaines années et d’obtenir par ailleurs un statut d’Aire Marine Protégée en Antarctique Est et dans la mer de Weddell ».
Publié le 12/07/2015 à 09:30, mis à jour le 21/07/2015 à 10:01
Le collectif Guias a demandé au Ministère des Affaires Étrangères la restitution d'ossements appartenant au fils d'un ancien membre de la tribu Tehuelche, de Patagonie.
En Argentine, une association a contacté le Ministère des Affaires Étrangères pour récupérer les ossements du fils d'un ancien membre de la tribu Tehuelche, originaire de Patagonie.
D'après la chaine de télévision d'information internationale française France 24, le vendredi 3 juillet, le Musée de l'Homme a reçu un mail d'une demande du Ministère des Affaires Étrangères. Une association argentine composée d'anthropologues, le collectif Guias, demande la restitution d'un crâne ramené en France par un explorateur, le comte Henry de La Vaulx.
D'après l'historien argentin Julio Vezub, le musée serait en possession d'une collection d'ossements dans laquelle se trouverait le crâne du fils de Cacique Liempichun Sakamata, l'un des chefs de la tribu Tehuelche, originaire de Patagonie.
France 24 nous explique que c'est pour des raisons de respect et de pratiques religieuses que les ancêtres et le collectif Guias, soutenus par les autorités argentines, souhaiteraient récupérer cet ossement. «Pour les Tehuelche, le cercle de la vie se ferme quand on revient à la terre mère. Sans le retour de leurs ancêtres, leur monde spirituel est incomplet», explique Fernando Miguel Pepe, coordinateur du collectif Guias. «En leur donnant le droit d'être enterré aux côtés de leurs êtres chers et dans leur terre, leurs descendants pourront réaliser les rituels mortuaires qui correspondent à leurs croyances.» Ainsi, une demande officielle a été déposée à la chancellerie française et transmise au Ministère des Affaires Étrangères.
Dérobé à la fin du XIXe siècle
Le Musée de l'Homme, qui est en rénovation depuis 2009 et dont la réouverture est prévue en octobre, affirme avoir bien reçu un mail de réclamation. Mais comme l'explique le directeur des collections, Michel Guiraud, «aucune identification n'a encore été effectuée et aucune décision finale n'a été prise. Une fois l'officialisation de la requête effectuée, et l'identification des ossements réalisée, l'établissement devrait suivre la procédure habituelle. Mais le musée n'a aucune raison de s'y opposer.»
C'est à la fin du XIXe siècle, que le crâne de Patagonie aurait été ramené en France. Entre mars 1896 et mai 1897, le comte Henry de La Vaulx, célèbre explorateur français, a fait le tour de l'Argentine à cheval. Il est allé de tribu en tribu, séjournant dans des communautés locales. C'est ainsi que le comte s'est créé une collection de plantes, de roches et d'ossements. «Une série de crânes et d'ossements garnissent déjà mes caisses. Étranges, ces débris de squelettes! Certains sont peints en rouge brique, d'autres en rouge clair», raconte-t-il le dans ses mémoires Voyage en Patagonie.
D'après France 24, ce n'est pas la première fois que le Musée de l'Homme se retrouve confronté à ce genre de situation. En effet, dernièrement, la communauté du Nunatsiavut, située au Canada, a demandé le retour des ossements de sept Inuits. Autre polémique: la dépouille de Saartjie Baartman, surnommé la «vénus Hottentote», exposée au Musée de l'Homme jusqu'au 1974 puis restituée à l'Afrique du Sud en 2002.
A la fin du 19ème siècle, un espagnol venu des Asturies débarqua en Patagonie pour chercher fortune : José Menendez, futur "roi de Patagonie"
Déterminé, il devint assez rapidement le propriétaire de milliers d’hectares en Patagonie chilienne et argentine (plusieurs estancias), et l’un des plus grands éleveurs de moutons, principalement destinés à la production de la laine exportée sur le marché mondial.
La véritable histoire de la construction de l'empire de José Menendez a été longtemps occultée par les histoires officielles du Chili et de l’Argentine. Après 6 ans d'investigations, l’historien asturien José Luis Antonio Marchante réalisa l'ouvrage Menendez, Rey de la Patagonia dans lequel il met en lumière les sombres détails de la conquête de la Patagonie par José Menendez.
Dans son livre, disponible à l'heure actuelle uniquement en langue espagnole ici en livre numérique, José L. Alonso Marchante témoigne du génocide des peuples natifs (Selk’nam, Kawésqar, Yágan et Haush) et de l’exploitation des travailleurs chiliens (peones) qui furent, tous deux, des moyens rapides et efficaces pour Menendez d'asseoir son pouvoir politique et financier en Patagonie. Il explique comment il usa de la corruption aux plus hauts niveaux des Etats pour parvenir à acquérir des milliers d’hectares de terres alors que leur concentration dans les mains de quelques familles était interdite par les lois argentine et chilienne. José Luis Antonio Marchante expose donc au grand jour la tolérance du Chili et de l'Argentine à l'égard de ces pratiques illégales réalisées sur leur sol et dissimulées des histoires officielles jusqu'à ce jour.
Parmi les autres conséquences dramatiques de sa conquête du Grand Sud, la faune et la flore fuégiennes furent également impactées. Le mouton prit la place du guanaco (lama patagon), diminuant drastiquement la principale source de nourriture des Indiens Selk'nam (chasseurs-cueilleurs) et, compte-tenu de la capacité du mouton à trouver de la nourriture en coupant très ras la végétation, c'est toute une flore qui s'est retrouvée ravagée.
Ce livre est le fruit de l’analyse de nombreux témoignages non-officiels et archives. Il ouvre la voie à une importante quête de vérité sur la vraie histoire de la Patagonie, région qui loue toujours l’héritage de la Famille Menendez-Braun. Nous citerons pour exemples les nouvelles infrastructures (palais, maison-musée) construites récemment et la rue qui porte leur nom à Punta Arenas, autant de symboles de la puissance de cette famille qui a particulièrement contribué à l’âge d’or de la Patagonie (1880-1920) avec l'exportation de la laine et la diffusion d'une histoire officielle modifiée dans leur intérêt.
TOLHUIN, 22 de junio.- En un acto calificado como “histórico” para los pueblos originarios de la provincia y el país, la gobernadora Fabiana Ríos hizo entrega hoy del título de propiedad definitivo de la "Reserva Rafaela Ishton” a la comunidad Selk’nam-Ona.
La Mandataria recibió a su vez el certificado que la declara “Amiga Especial” de la comunidad aborígen “por su valentía y compromiso demostrado para con los pueblos originarios”.
Con este acto, la comunidad Selk’nam-Ona se transformó en la primera del país en recibir los títulos de propiedad de las tierras, una reserva natural ubicada en la costa norte del lago Fagnano, que fuera el último asentamiento de los aborígenes fueguinos. El lugar posee importantes reservas forestales y otros recursos acuícolas, y por su ubicación, la zona es considerada como la mejor de la Isla por su fertilidad para la cría de ganado ovino y agricultura.
Cabe acotar además que el gobierno de Fabiana Ríos creó en su estructura orgánica una Dirección de Pueblos Originarios, área encargada de receptar las necesidades de las comunidades.
El presidente de la Comunidad, Selk’nam-Ona, Rubén Maldonado, remarcó que “este es un día para no olvidar, ya que es el primer título de propiedad que se entrega a nivel país de manos de una Gobernadora, lo que debe servir de ejemplo para todas las comunidades”.
“Ya no viviremos en una tierra que no es nuestra o de la que no sabemos cuándo vamos a tener el título. A partir de hoy, podremos decir que vivimos en nuestra casa” manifestó visiblemente emocionado el dirigente. Maldonando agradeció también a Ríos “por haber creado la Dirección de Pueblos Originarios, designado al señor Aldo Rivas que ha trabajado mucho por la comunidad para poder dar estos pasos que hoy hemos logrado”.
Por su parte, la Gobernadora sostuvo que “poder poner en Tierra del Fuego este mojón en lo relacionado con el derechos de los pueblos originarios en todo el país sólo por dar cumplimiento a una ley, en realidad nos da la pauta de cómo estamos en materia de derechos de los pueblos originarios: el maltrato, el sometimiento, la obliteración cultural a nuestros pueblos, creo que también nos muestra lo que queda por hacer y de las deudas pendientes”.
En cuanto al título de “Amiga Especial” que recibió hoy, la Mandataria dijo que “cuando el Consejo de Ancianos y la Comunidad decidieron esa designación que uno guarda siempre en el corazón, por lo menos en mí se movieron muchas cosas en mi interior” por lo que agregó que “quiero agradecerles su generosidad, y ese certificado para mí significa honrar una manera de conducirme en la vida pública como parte de las instituciones blancas con un profundo respeto hacia la organización de sus pueblos, respeto que debe ser considerado no solamente en los actos públicos, sino en cada uno de los actos de nuestra vida garantizando el acceso a prestaciones de servicio del Estado, a derechos de los sectores más postergados que casi siempre en América Latina son los sectores rurales, y las comunidades originarias”.
“Ese certificado para mí es un punto de partida no un punto de llegada, un reconocimiento que lo tomo como algo muy especial para poder seguir transitando en esa lógica de respeto y reivindicación que se merecen nuestros pueblos” concluyó la Gobernadora Ríos.