“Ma vie sans moustache” : Romain Puértolas sur les traces d’Hitler en Patagonie ! (Podcast France Bleu, 09/05/2025)

“Ma vie sans moustache” : Romain Puértolas sur les traces d’Hitler en Patagonie ! (Podcast France Bleu, 09/05/2025)

Après "Comment j'ai retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès", l'auteur valentinois Romain Puértolas récidive avec "Ma vie sans moustache", un roman-quête aussi passionnant que drôle. L'hypothèse de départ : Adolf Hitler aurait trouvé refuge et coulé des jours heureux en Argentine après 1945.

Un podcast de 4min de Héloïse Erignac, avec Romain Puértolas,

Tout commence en 2015, lorsque Romain Puértolas reçoit un étrange message d’une centenaire argentine. Cette femme affirme avoir été la cuisinière d'Adolf Hitler en Patagonie de 1945 à 1963. Une affirmation qui, à première vue, semble farfelue.  L'Histoire nous apprend que le dictateur se serait en effet donné la mort en 1945 dans son bunker berlinois. Intrigué par cette déclaration, Puértolas fait quelques recherche et découvre qu'en Argentine, il est communément admis que le Führer aurait coulé des jours heureux pendant près de vingt années après la fin de la guerre à San Carlos de Bariloche, commune de Patagonie. Il ne lui en faut pas plus pour prendre son billet d'avion et entreprendre une enquête sur les traces du tyran.

"Il n'y a aucune preuve à cent pour cent qu'Adolf Hitler s'est bien suicidé à Berlin en 1945" Romain Puértolas

Rappelons que Romain Puértolas fut par le passé Lieutenant de police et que le "débunkage" de théories complotistes est son dada. Rappelons aussi qu'il est le facétieux auteur de Comment j'ai retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès,  mi-enquête mi-roman, drôlissime et passionnant. Il n'en fallait pas beaucoup plus pour qu'il récidive avec un roman-quête consacré cette fois au plus grand criminel de l'Histoire.

"C'est sérieux. C'est pas sérieux. Il y en a pour tous les goûts. C'est ce que j'aime faire !" Romain Puértolas

Ma vie sans moustache, c'est une enquête fouillée et bourrée de références historiques. C'est aussi une aventure exotique qui nous embarque de Malaga à la Patagonie, en passant par Jérusalem et Beyrouth. C'est enfin un roman réjouissant où l'auteur nous mène par le bout du nez jusqu'au tour de passe-passe final !

Ma vie sans moustache de Romain Puértolas est paru chez Albin Michel

Source : https://www.radiofrance.fr/francebleu/podcasts/toujours-a-la-page/ma-vie-sans-moustache-romain-puertolas-sur-les-traces-d-hitler-en-patagonie-6025212

Pour découvrir d'autres actualités dédiées à la Patagonie, rdv ici

Kreeh Chinen, un festival qui réunit des artistes de toute la province (Desde las Bases, 08/05/2025)

Kreeh Chinen, un festival qui réunit des artistes de toute la province (Desde las Bases, 08/05/2025)

La quatrième édition du festival artistique « Kreeh Chinen » s’est tenue à Ushuaia. Des artistes des trois localités de la province y ont participé. L’événement a bénéficié du soutien et de la contribution de l'association « Karukinka », d’origine française, qui mène des activités avec des membres des peuples autochtones de la région. La prochaine édition du festival aura lieu en juillet, dans la ville de Río Grande. Certains des organisateurs ont souligné le caractère indépendant et solidaire de l’événement. 

Lauriane Lemasson José Pineiro et Alejandro Pinto
Lauriane Lemasson, José Pineiro et Alejandro Pinto (Desde las Bases, 08/05/2025, Rio Grande, Tierra del Fuego, Argentine)
Alejandro Pinto
Alejandro Pinto (Desde las Bases, 08/05/2025)
Lauriane Lemasson
Lauriane Lemasson (Desde las Bases, 08/05/2025)

Lauriane Lemasson, chercheuse française, et Alejandro Pinto, écrivain et poète de Río Grande, ont participé à l’émission de radio « Desde las Bases », diffusée sur Radio Provincia [aux côtés de José Pineiro]. Ils y ont évoqué la quatrième édition du festival Kreeh Chinen, qui s’est tenue cette fois-ci dans la ville d’Ushuaia.

En commentant l’organisation du festival Kreeh Chinen, Pinto a mentionné qu’avec cette initiative « Nous avons commencé l’année dernière, l’idée est de faire trois rencontres par an, une dans chaque ville. La première que nous avons faite cette année a été la quatrième édition et elle s’est déroulée samedi dernier, le 3 mai, à Ushuaia, au Latino Pub. Elle a débuté par ce que nous appelons une cérémonie artistique, car cela s’inspire un peu des cérémonies des peuples autochtones. Kreeh Chinen est un mot qui vient du selk’nam et sa signification, pas littérale mais plutôt métaphorique, est : accrochés à la lune », a expliqué l’écrivain.

Il a ensuite souligné que « l’intention est de faire une rencontre artistique, en essayant autant que possible d’impliquer des artistes de toute la province, des trois villes. Et ce n’est pas seulement une rencontre d’artistes, mais il y a aussi des initiatives locales des trois villes qui nous accompagnent. Des producteurs locaux, des artisans et de petits commerçants également, qui nous soutiennent. D’une certaine manière, nous nous aidons mutuellement, pour qu’ils puissent proposer leurs produits et aussi nous accompagner dans ce mouvement artistique », a-t-il détaillé.

Au cours de l’entretien, ils ont également mentionné que, parfois, des organisations environnementales comme « Estepa Viva » et l’« Asamblea Comunidad Costera de TDFeIAS » ont participé au festival, aux côtés de membres des peuples autochtones. « L’idée est de rendre visibles les thématiques régionales, environnementales, culturelles des peuples autochtones. Ainsi, en tenant compte aussi des thèmes artistiques de la province, qui sont toujours un peu liés aux peuples autochtones, à la géographie, à l’histoire de l’île », ont-ils indiqué.

Concernant le rôle de l'association « Karukinka », Lauriane Lemasson a expliqué qu’en plus d’avoir participé en jouant de l’accordéon lors du festival organisé à Ushuaia, cela avait à voir avec le sens de « cette association que j’ai fondée avec des passionnés de France et Ale (Pinto), qui sont là depuis le début de ce projet. C’était en 2014 et à cette époque, nous n’imaginions pas qu’un jour nous aurions un bateau pour développer nos propres projets au niveau local. L’idée de l’association a toujours été de créer le pont qui manquait entre l’Europe et la Terre de Feu », a-t-elle souligné.

La chercheuse a insisté sur le fait que « l’indépendance, aujourd’hui, je crois que c’est le plus important, et aussi faire en sorte que les gens se réunissent, non pas pour se réunir dans un but de profit économique sinon avec de l’utopie, des rêves et l’envie de changer les choses en apportant chacun un peu, la part du colibri. Je crois beaucoup au pouvoir du collectif totalement indépendant, et c’est pourquoi, quand Ale m’a parlé de son idée de créer Kreeh Chinen, il y a un peu plus d’un an maintenant, j’ai dit oui, tout de suite ».

Ils ont également cité certaines des activités menées par l'association « Karukinka », tant dans des pays européens qu’en Terre de Feu, dans un accompagnement constant pour le développement de différents projets liés aux peuples autochtones de la région. Tout cela en contact permanent avec les communautés, dont un voyage important réalisé en 2019 par Mirtha Salamanca, petite-fille de la Selk’nam Lola Kiepja ; Víctor Vargas Filgueira et José González Calderón, tous deux appartenant au peuple yagán, en France ; dans le but de participer à un festival organisé dans la ville de Bayonne, entre autres activités.

Enfin, concernant la prochaine édition, ils ont indiqué qu’il n’y a pas encore de date exacte, « mais ce sera pendant les vacances d’hiver, car il y a des artistes qui étudient ou travaillent dans le nord, et profitent des vacances pour revenir. Alors, à leur retour, ils auront déjà un espace artistique, nous avons déjà parlé avec certains, et nous soupçonnons que ce sera le deuxième week-end des vacances d’hiver, ici à Río Grande », ont-ils finalement annoncé.

Source: https://red23noticias.com.ar/nota/12118/un-festival-que-reune-artistas-de-toda-la-provincia/

Enregistrement de l'interview disponible (en espagnol) via le lien suivant : https://desdelasbases.com.ar/nota/8348/un-festival-artistico-que-crece-desde-el-pie/ ou ici

[PARTENARIAT] Succès total pour la quatrième édition de Kreeh Chinen

[PARTENARIAT] Succès total pour la quatrième édition de Kreeh Chinen

Message d'Alejandro Pinto, à l'initiative du festival indépendant "Kreeh Chinen" dont l'association Karukinka est partenaire.

"Après la rencontre extraordinaire de samedi dernier à Ushuaia, les répercussions et la croissance de ce festival continuent.

Un immense merci à toute l’équipe, aux artistes qui ont participé à toutes les éditions, aux lieux qui nous ont accueillis pour le réaliser, aux commerçants et aux entrepreneurs qui nous ont aidés à faire avancer ce projet artistique, ainsi qu’au public si chaleureux pour sa générosité.

Merci également à José Piñeiro pour l’excellent reportage qu’il nous a consacré dans son émission de radio "Desde Las Bases". Vous pouvez retrouver ce reportage en vidéo sur sa page Facebook, le lire (en espagnol) sur le portail de Red 23 Noticias : https://red23noticias.com.ar/.../un-festival-que-reune.../ [ou traduit en français sur le site de l'association :

L’aventure continue, et nous préparons déjà la cinquième édition qui aura lieu à Río Grande plus tôt que prévu. Pour en savoir plus, vous pouvez lire ou écouter le reportage.

Vous pouvez aussi faire un tour audiovisuel des éditions précédentes sur notre Instagram, et voir la dernière rencontre diffusée sur la chaîne YouTube de Kreeh Chinen : https://youtube.com/@kreehchinenyt?si=kQtyHKEu8feIY72f

Une autre nuit hallucinante s’annonce.
Ceci est Krèeh Chinen, et nous sommes accrochés à la lune."

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En savoir plus

Vous pouvez aussi accéder à la vidéo de cette 4e édition ci-dessous ainsi qu'à la galerie photo de l'événement

Enregistrement vidéo du festival

Galerie photo des interventions artistiques

La communauté Kawésqar Nómades del Mar participe à un atelier de plongée « pour la mémoire historique du territoire » (Journal UChile, 04/05/2025 “Comunidad Kawésqar Nómades del Mar participa de taller de buceo “por la memoria histórica del territorio”)

La communauté Kawésqar Nómades del Mar participe à un atelier de plongée « pour la mémoire historique du territoire » (Journal UChile, 04/05/2025 “Comunidad Kawésqar Nómades del Mar participa de taller de buceo “por la memoria histórica del territorio”)

Dans une interview accordée à Radio et Diario Universidad de Chile, Leticia Caro partage les expériences qui ont marqué une nouvelle édition de cette initiative réalisée dans la région de Magallanes. « Expérimenter comme le faisaient nos anciens », réfléchit-elle. [Diana Porras]

Source : https://radio.uchile.cl/2025/05/04/comunidad-kawesqar-nomades-del-mar-participa-de-taller-de-buceo-por-la-memoria-historica-del-territorio/ traduit de l'espagnol par l'association Karukinka

« La récompense est pour ceux qui veulent préserver ce lien. » C’est ainsi que s’exprime Leticia Caro, représentante et cheffe de la communauté Kawésqar Nómades del Mar, lorsqu’elle partage les expériences qui ont marqué une nouvelle édition de l’atelier de plongée qui s’est tenu dans la région de Magallanes.

Lors des derniers jours de février, quatre instructeurs se sont rendus dans la zone australe pour partager leurs connaissances. Daniela Magnasco, championne nationale d’apnée et médaillée d’or panaméricaine ; Diego Hernández, instructeur de pêche sous-marine ; Enrique Guillaume, instructeur d’apnée ; et Fernando Pardo, organisateur de la rencontre.

Après trois ans, l’initiative a réuni plus de vingt participants qui ont concentré leur apprentissage sur des aspects théoriques et pratiques.

Dans une interview à Radio et Diario Universidad de Chile, Leticia Caro réfléchit : « Il faut se rappeler que les jeunes de l’atelier apprennent à subsister, à comprendre qu’en mer on vit la souveraineté alimentaire et que c’est le cœur de leur culture maritime. »

– Quelle a été l’origine de cette initiative ?

L’origine est très importante car elle donne la direction à ce qui suit… D’abord, le peuple kawésqar est connu au niveau national et international comme l’un des peuples australs victimes de génocide lors de la colonisation, ce qui a aussi entraîné de nombreuses formes d’extinction. Au fond, on a retiré aux Kawésqar leur manière de se déplacer sur le territoire et de se connecter, dans ce cas, nos anciens avec la mer.

En collaboration avec Ramón Navarro (surfeur professionnel), un jour nous avons rêvé. Il me demandait : « Quelle est la façon la plus proche de la mer ? » Je lui ai dit que dans mon cas, seulement en bateau car je ne sais pas plonger ni rien de ce genre. Il m’a dit qu’il m’apprendrait à plonger et je lui ai répondu que j’adorerais, mais que je préside une communauté et que j’aimerais que tout le monde apprenne ce lien avec la mer… que l’histoire nous a un jour retiré.

Quelques mois plus tard, il est revenu avec tout l’équipement, prêt à commencer. Au début, je ne savais pas s’il tiendrait parole, mais il a totalement respecté ce que nous avions convenu, et c’est ainsi que l’atelier de plongée a commencé.

Leticia Caro kawésqar
Leticia Caro. Image sur la chaîne YouTube de UChile Indígena.

– Après trois ans, est-ce toujours d’actualité ?

Oui, et cela a aussi un lien avec le tournage d’un documentaire intitulé « Corazón Salado » où Ramón est venu naviguer avec nous pour voir ce qui se passe avec l’industrie, nos zones de pêche et le niveau d’impact que nous subissons.

Ça a été une expérience très belle et nous avons grandi. Nous avons commencé avec les bases, mais notre idée est aussi de renforcer et de faire grandir cela autant que possible.

C’est pour cela que l’an dernier, Fernando Pardo m’a dit qu’il voulait aider, alors est née l’idée de faire venir des instructeurs pour l’atelier de plongée, et c’est ce que nous avons réalisé en 2025. Cette saison, nous avons reçu quatre experts en apnée et dans différentes disciplines comme la chasse au harpon et le sauvetage en mer. Le niveau des experts était extraordinaire, et en tant que personnes, encore plus.

Ainsi, nous avons concrétisé ce dernier atelier, et il nous reste encore une saison cette année, donc nous espérons les avoir à nouveau ici, soit pour refaire la même chose, soit pour approfondir d’autres sujets comme les premiers secours et tout ce qui a trait à la sécurité. Dans ce cas, les enfants, jeunes et adultes qui se connectent avec la mer sauront qu’ils seront bien préparés.

Ces ateliers sont axés sur le peuple kawésqar, sur les Kawésqar, mais spécifiquement sur ceux qui défendent la mer. Pourquoi ? Parce que le manque d’opportunités que nous avons est vraiment préoccupant. C’est pourquoi la récompense est pour ceux qui veulent préserver ce lien avec la mer et expérimenter comme le faisaient leurs anciens. Cette année, nous avons aussi ouvert l’option à des personnes conscientes de l’importance de protéger la mer et avons intégré quatre personnes non kawésqar mais très engagées.

– Quels souvenirs et émotions ont marqué cette dernière édition de l’atelier de plongée ?

Nous sommes, de façon constante, un groupe très uni. Nous prenons toujours soin les uns des autres, ceux qui sont venus ont ressenti cette affection et c’est, au fond, ce que nous transmettons. De plus, les instructions données ont été très bien reçues et nous avons aussi eu l’opportunité de plonger à différents endroits. Notre atelier de plongée est nomade, en hommage aux Kawésqar qui se déplaçaient en canoë… Je pense que les émotions sont nombreuses et variées car ce que nous recevons n’est pas anodin. Il faut se rappeler que les jeunes de l’atelier apprennent à subsister, à comprendre qu’en mer on vit la souveraineté alimentaire et que c’est le cœur de leur culture maritime. Donc, les sentiments sont de la gratitude envers les instructeurs, chacun avec sa spécialité… c’était émouvant. Ils nous ont vus tels que nous sommes, sans déguisements.

– Où s’est déroulé l’atelier ?

L’atelier s’est déroulé à Punta Arenas, précisément dans la baie de Río Seco, la baie du 21 mai et la baie de Punta Árbol. Dans un Espace Côtier Marin (ECMPO) que nous demandons à protéger et que nous avons nommé Tawokser.

atelier de plongée avec le peuple kawesqar
Image sur @buceo_nomades.del.mar

– En se rappelant ces liens ancestraux, le rôle des femmes était aussi lié à la mer. Quels autres récits pouvez-vous partager ?

L’une des choses très importantes, et la raison pour laquelle nous faisons appel ici à la mémoire de la plongée, c’est que les femmes, les anciennes, étaient d’excellentes plongeuses. Elles naissaient pour cela…

Elles étaient chargées de la collecte des coquillages et autres produits de la mer, tandis que les hommes se consacraient à la chasse et à d’autres activités.

Il y a eu une rupture dans l’utilisation, dans les modes de subsistance, due à la colonisation, qui a mis fin aux activités propres au peuple kawésqar. Et ce n’est pas une vieille histoire, c’est une histoire récente. Elle n’a pas plus de deux cents ans… on a progressivement cessé de faire ce qui caractérisait les Kawésqar depuis six mille ans.

C’est à nous d’essayer de les faire revivre.

La langue aussi est mutilée et perdue, nous essayons de la récupérer d’une manière ou d’une autre. Pas comme la parlaient les anciens, car la langue est liée au territoire, aux expériences et à la vision du monde. Nous essayons d’adapter ce monde, cette langue à ce que nous avons aujourd’hui, c’est-à-dire l’espagnol. C’est ainsi que nous comprenons les taiwaselok hoyok, qui signifient littéralement les Kawésqar morts (les ancêtres), et la mer Chams waes.

Nous sommes en plein moment de ces sauvetages.

– « La colonne suivante a un but explicatif », informait la communauté dans un texte publié par la Prensa Austral intitulé Les huit étapes des ECMPO (Espaces Côtiers Marins des Peuples Autochtones). Pourquoi avez-vous jugé nécessaire de rendre ce sujet visible ?

L’idée des colonnes dans la presse est de fournir des informations fiables sur la Loi Lafkenche (20.249). Elles cherchent à expliquer simplement l’objectif de ces espaces côtiers, car en Magallanes et en Aysén, ils ont été mutilés d’une certaine manière par la Commission Régionale d’Utilisation du Littoral (CRUBC).

Environ un mois avant la réunion de la CRUBC, on diabolise tellement les espaces marins que c’est comme si nous essayions de nous approprier un espace où personne ne pourra entrer. Nous essayons d’éclaircir ces points.

Les espaces côtiers marins sont nés de ce manque de garanties pour les peuples autochtones dans la Loi sur la pêche. Et si aujourd’hui on regarde la discussion sur la Loi sur la pêche, les peuples autochtones sont absents de leurs droits… nous ne sommes inclus nulle part. La seule chose qui garantit nos droits en tant qu’habitants côtiers, c’est la Loi Lafkenche. C’est la seule chose qui assure que nos droits d’usage coutumier seront protégés… Or, la Loi Lafkenche est orientée vers le peuple mapuche et son mode de vie sur le littoral. Celui-ci est différent de celui des Kawésqar, mais la loi peut concilier les deux. On a beaucoup dit que nous demandons des espaces très grands. Mais personne ne se rend compte que les canaux sont très étroits, personne ne se rend compte que nous sommes les descendants d’un peuple nomade de la mer où tout espace est petit et où nous n’atteignons même pas un quart de ce qu’était le territoire kawésqar dans son étendue.

Cependant, l’industrie du saumon, les privés et aussi des politiques favorables à l’industrie ont déclaré qu’ils ne nous approuveraient rien, que quoi que nous fassions, à l’arrivée devant la CRUBC, nous n’aurons aucune garantie de droits. Cela en soi est une atteinte.

Alors, nous disons : –Bon, mais nous aurons l’occasion d’informer. Parce qu’on fait croire aux gens que nous allons nous approprier et faire payer l’entrée dans ces espaces… c’est absurde. Certains marins disaient même qu’ils ne pourraient plus surveiller, leurs phares ou autres, ce qui est le comble de l’invention. La Loi Lafkenche ne prime ni sur le secrétariat des Forces armées, ni sur la Marine, ni sur rien de ce qui touche au littoral. Elle ne prime sur aucune loi qui régule aujourd’hui la pêche artisanale, l’aquaculture, etc.

Nous espérons que ces informations aideront la population à s’informer et à s’émanciper, car elle peut aussi se joindre à nous. Les droits d’usage coutumier seront les nôtres, mais les espaces sont à tous et ensemble nous pouvons les préserver.

L’appel est à s’informer, à comprendre que les peuples autochtones ne sont ennemis de personne et que, en particulier, notre communauté mise sur une reconquête. Pour une reconnexion, pour la mémoire historique du territoire et, dans ce cas, pour la défense de la mer.

Ne pas se laisser emporter par les fake news (fausses informations).

Partagé par l’Association à but non lucratif Karukinka

Brève alerte au tsunami après un puissant séisme en mer à l’extrême sud de l’Argentine et du Chili (Le Monde, 2 mai 2025)

Le Centre sismologique national chilien a évalué le tremblement de terre survenu vendredi à une magnitude de 7,5 tandis que l’Institut américain de géophysique a mesuré une magnitude de 7,4.

Voici le lien vers un des nombreux articles dédiés à une alerte au tsunami au sud du Chili (mer de Drake) et publié par le journal Le Monde (avec l'AFP) le 2 mai 2025 à 18h50 (et modifié le 02 mai 2025 à 19h19) : https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/05/02/breve-alerte-au-tsunami-apres-un-puissant-seisme-en-mer-a-l-extreme-sud-de-l-argentine-et-du-chili_6602317_3244.html

Un puissant séisme en mer au sud du Chili et de l’Argentine a déclenché, vendredi 2 mai, une brève alerte au tsunami et un ordre d’évacuation des populations en zone côtière de cette région peu peuplée proche de l’Antarctique.

Le tremblement de terre a été enregistré à 9 h 58, heure locale (14 h 58 heure de Paris), à dix kilomètres de profondeur en mer, à 218 kilomètres au sud de la localité de Puerto Williams et à environ 2 500 kilomètres au sud de Santiago, selon le Centre sismologique national, dépendant de l’Université du Chili. Le Centre sismologique national l’a évalué à une magnitude de 7,5 tandis que l’Institut américain de géophysique (USGS) a mesuré une magnitude de 7,4.

Le Service national de prévention et de réponse aux catastrophes (Senapred) et le Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOA) du Chili ont immédiatement déclenché l’appel à évacuer : « [Le] Senapred face à la menace de tsunami demande d’évacuer le secteur du bord de mer de la région de Magallanes », a écrit l’organisme sur X. Peu après, le Senapred a demandé « d’évacuer la zone de plage du territoire antarctique ».

Mais peu avant midi (17 heures, heure de Paris), l’alerte au tsunami a été levée. « L’évacuation préventive est terminée. En d’autres termes, tout le monde reprend ses activités. Tous les secteurs devraient fonctionner normalement, à l’exception de toutes les activités économiques sur la côte », a dit Juan Carlos Andrade, directeur régional du Senapred de Magallanes.

Convergence de trois plaques tectoniques

En Argentine voisine, les autorités de la province de Terre de Feu ont appelé la centaine d’habitants de la petite ville de Puerto Almanza à évacuer « préventivement (…), [à] se rendre dans des endroits élevés et sûrs » et à « suspendre tout type d’activité aquatique et de navigation dans le canal Beagle » jusqu’à 15 h 30 (20 h 30 à Paris).

Dans la ville d’Ushuaïa, à 75 kilomètres de Puerto Almanza, « il n’y a pas d’alerte », a rapporté sur la chaîne de télévision TN Pedro Franco, secrétaire de la protection civile de la province, et « seules les activités aquatiques ont été suspendues ». « Il n’y a pas de dommages aux structures des bâtiments », a-t-il ajouté.

Au Chili est attendu dans les prochaines heures, sur les côtes de la péninsule antarctique, le train de vagues générées par le séisme, avec des hauteurs estimées entre 30 centimètres et un mètre. Les bases militaires chiliennes Bernardo O’Higgins et Arturo Prat, en Antarctique, devraient être les premières affectées.

Les chaînes de télévision ont montré l’évacuation ordonnée par les populations qui se réunissaient dans des points hauts et éloignés de la mer.

La localité de Puerto Williams, la plus proche de l’épicentre du tremblement de terre, compte environ 2 800 habitants. La région de Magallanes en compte 170 000.

Le Chili est l’un des pays qui a enregistré le plus de séismes au monde. Sur son territoire convergent trois plaques tectoniques : la plaque de Nazca, la plaque sud-américaine et la plaque antarctique. En 1960, la ville de Valdivia (Sud) a été dévastée par un séisme de magnitude 9,5, considéré comme le plus puissant jamais enregistré, qui a fait 9 500 morts.

Le Monde avec AFP

“C’est une étape historique pour la communauté autochtone” (Aire Libre, 23/04/2025 “Esto es un paso histórico para la comunidad indígena”)

“C’est une étape historique pour la communauté autochtone” (Aire Libre, 23/04/2025 “Esto es un paso histórico para la comunidad indígena”)

Le Gouvernement de la Province a procédé ce lundi à Tolhuin à la remise des cinq premiers actes de naissance intégrant l'identité autochtone à des membres de la communauté (autochtone) des peuples de Terre de Feu, délivrés par le Registre Civil. Après cet événement historique pour la communauté, AIRE LIBRE FM a interrogé la vice-présidente de la Communauté Selk’nam Rafaela Ishton, Antonela Guevara, au sujet de cette avancée.

Guevara a déclaré : « Nous avons les six premiers actes de naissance reconnaissant l’appartenance autochtone. Principalement, nier ou omettre l’identité d’une personne dès l’acte de naissance est un acte grave, qui était une pratique du colonialisme. Donc, aujourd’hui, il faut le souligner, ce n’est pas l’État national qui le reconnaît, mais l’État provincial : en reconnaissant nos actes de naissance avec l’appartenance autochtone, il vient garantir les droits collectifs, tout ce que cela implique pour la cosmovision de notre communauté, la vie sur le territoire, vivre sur un territoire communautaire et non en propriété privée, le respect des coutumes ancestrales ; c’est donc bien plus qu’un simple acte administratif. »

« Justement, en sortant de cette cérémonie, ils m’ont dit, non maman, pour nous, comme me l’a dit Valentín, il m’a dit : je veux que tu saches maman que pour nous c’est important et écouter tout ce que tu as dit autour de la table nous apprend que nous devons maintenir vivante la mémoire de notre peuple. Je crois donc qu’ils sont nés dans la communauté, ils ont vécu de nombreuses années le conflit de la communauté, ils savent ce que signifie la lutte pour défendre nos droits et pour essayer de bien faire les choses, ils ont donc un engagement et une conscience de ce qu’ils font. C’est aussi important », a exprimé la vice-présidente de la Communauté Selk’nam Rafaela Ishton.

« C’est un fait historique, non seulement dans la province, mais aussi dans le pays. C’est la première fois que cela arrive, comme l’a exprimé le Secrétaire à la Justice, Gonzalo Carrillo, et grâce au fait qu’hier on a pu visibiliser d’une certaine manière ce qui se passait, beaucoup de familles de notre peuple se sont jointes, plusieurs autres démarches ont été entamées hier même et plus de 15 personnes rassemblent leurs documents pour faire la demande, et aussi avec la nouvelle que le peuple Yagán m’a contactée hier pour que je leur explique comment faire, donc sûrement, je ne sais pas si ce sera cette semaine, mais la prochaine il y aura des nouvelles concernant l’autre communauté de la province de Terre de Feu, le peuple Yagán, qui dispose d’une personnalité juridique et pourra également effectuer cette démarche. Parce que l’un des critères est de disposer de la personnalité juridique », a-t-elle assuré.

[PARTENARIAT] KREEH CHINEN est de retour ! La quatrième édition arrive à Ushuaia le 3 mai 2025 au Latino Pub

[PARTENARIAT] KREEH CHINEN est de retour ! La quatrième édition arrive à Ushuaia le 3 mai 2025 au Latino Pub

Krèeh Chinen continue de grandir. Pour cette édition, la première de l’année dans la ville d’Ushuaia, nous proposerons un spectacle coloré de marionnettes pour les plus petits avec la présentation de Títeres del Bosque. Nous accueillerons également le théâtre de marionnettes Mono Rojo, pour des éclats de rire garantis.

Le reste ne change pas : une aventure artistique, un voyage à travers le temps culturel, une expédition poétique, des retrouvailles indispensables dans l’agenda indépendant.

Côté musique, nous aurons la présence de Lola Boffo, Santi Markin, Karina Valdez et Lauriane Lemasson.

L’exposition artistique réunira les œuvres de Jesús Gomez, Rodrigo Crespo, Mónica Alvarado et Azul Artesanías.

Aux tables littéraires, nous retrouverons des écrivains, enseignants et poètes de différentes générations, dont les voix feront vibrer l’esprit de la poésie fuéguienne. Il s’agit de Nicolás Romano, Alejandro Ogando, Andrea Jofre, Sol Araujo, Roberto Santana et Angel Herrera Prado.

Dans cette merveilleuse aventure, nous sommes accompagnés par diverses associations, initiatives et groupes indépendants qui, grâce à leurs propositions, contribuent à la croissance et à la consolidation permanente de l’identité culturelle fuéguienne.

Dans le domaine de la communication, inauguré cette année, nous compterons sur une équipe d’étudiants en audiovisuel de l’UNTdF d’Ushuaia, dirigée par Ange. Ainsi, cette quatrième rencontre sera diffusée en direct pour toute la galaxie.

Après vous avoir donné les informations pertinentes, je fais un pas de côté pour remercier personnellement Noe, responsable du Latino Pub, qui nous a facilité l’accès au lieu sans les complications rencontrées lors d’autres occasions. Et je me permets également de continuer à occuper votre temps de lecture, oui, le vôtre, pour nommer nos accompagnateurs : Neurona Ushuaia, Fundación Cultivar, Karukinka, Libros del Fil Fil, La Boya, Hi-Ca, Cerveza Jokten, PAKA HONTE, Kau Kreen Artesanías, Mono Rojo Teatro de Títeres - Ushuaia Argentine -, Títeres del Bosque.

L’art fuéguien est une création constante, une quête qui n’a pas commencé aujourd’hui, ni ne s’arrêtera demain.

Un immense merci, du fond du cœur, à toute la commission organisatrice qui porte ce projet à bout de bras : María, Lauriane, Flor, Ignacio, Facu, Ange et Joaquín ! Quelle équipe formidable !!

Voici Krèeh Chinen, et nous sommes Accrochés à la Lune.

Alejandro Pinto, initiateur, écrivain et poète

(et membre d'honneur de l'association Karukinka depuis 2014!)


Karukinka est partenaire de cette réunion d'artistes indépendants de Terre de Feu argentine, depuis ses débuts. En adéquation complète avec nos valeurs et engagements, Kreeh Chinen est un mouvement totalement indépendant qui réunit des bénévoles engagés et des artistes de toute la province.

Si vous êtes à Ushuaia le 3 mai, vous savez donc ce qu'il faut faire : nous rejoindre !

L’héritage du canoë Kawésqar et la résistance depuis la mer (La Prensa Austral 13/04/2025, “El legado canoero de los Kawésqar y la resistencia desde el mar”)

L’héritage du canoë Kawésqar et la résistance depuis la mer (La Prensa Austral 13/04/2025, “El legado canoero de los Kawésqar y la resistencia desde el mar”)

[Les Kawésqar et les Yagan sont des groupes nomades. La navigation en canoë se faisait pour la subsistance et dans les fjords, canaux et îles de Patagonie]

Selon les registres de la Corporation nationale indigène (Conadi) au niveau national, 3 213 communautés et 1 843 associations indigènes ont été créées à ce jour [au Chili]. La loi Lafkenche a comblé une lacune dans l’accès des peuples autochtones côtiers aux ressources et à la protection de leurs usages traditionnels. De cette manière, différents peuples autochtones pourront accéder à ce nouveau statut, selon leurs coutumes ancestrales. Le peuple Mapuche, entre les huitième et onzième régions, les peuples Chango et Diaguita au nord. Quant au peuple Kawésqar, l'extension s'applique du golfe de Penas au détroit de Magellan.

Contrairement à d’autres peuples, les Kawésqar et les Yagan se caractérisent par le fait qu’ils vivent en canoë et sont des groupes nomades. La navigation se faisait en canoë, avec un feu allumé au centre, pour la subsistance et dans chacun des fjords, canaux et îles explorés par nos Taiwaselok hoyok (ancêtres). Ces anciennes coutumes sont devenues illégales et impraticables dans le monde actuel et ses lois modernes.

Le voyage pour les Kawésqar servait également de moyen d'enseignement par transmission orale, des adultes aux enfants, en leur faisant découvrir les noms des différents lieux, la flore et la faune, ainsi que les techniques de navigation, de chasse, de pêche et de cueillette. Le territoire qu'ils parcouraient comprenait deux grands secteurs, divisés d'est en ouest : jáutok et málte, qui étaient occupés selon les saisons de chasse, de pêche et de cueillette. Jáutok est le nom donné à la zone des canaux intérieurs, où les eaux sont plus calmes ; tandis que Malte était le nom donné à la côte extérieure faisant face au Pacifique et au détroit de Magellan aujourd'hui.

Cela dit, compte tenu du vaste territoire parcouru par nos ancêtres et celui que nous parcourons aujourd’hui, où nous pouvons légitimement revendiquer, protégés par la loi, les usages et la protection de la mer, ce serait une erreur de le considérer comme exclusif d’activités telles que la pêche artisanale. Le peuple Kawésqar avait un régime alimentaire basé principalement sur les fruits de mer, consommant de la viande de mammifères marins et terrestres, du poisson et des crustacés, complétés par des fruits sauvages, des plantes et des champignons.

La loi Lafkenche vise à harmoniser et à rendre compatibles les usages coutumiers du littoral avec les autres activités exercées dans les mêmes zones. Par rapport à la vision du monde des anciens, des activités telles que la voile, la plongée, la pêche ou, aujourd’hui, la cinématographie, le tourisme et la recherche, sont compatibles avec l’environnement maritime. L’objectif ultime est d’assurer la protection des écosystèmes, et tant que ces activités ne perturbent pas l’équilibre naturel des eaux, elles ne constitueront pas un obstacle.

Cette vision du territoire maritime est fréquemment déformée par des discours de désinformation qui cherchent à aliéner les peuples autochtones d’autres secteurs, afin de désinformer sur les demandes d’espaces marins côtiers des peuples autochtones (ECMPO), afin qu’elles soient rejetées par les autorités de l’État chilien. Le lobbying intense derrière les décisions prises a déjà été évoqué dans des chroniques précédentes, qui est loin de respecter les normes minimales de transparence et, au contraire, stigmatise et promeut les discours racistes et haineux contre les peuples autochtones du territoire.

Nous, les Kawésqar, ne réclamons pas l’exclusivité, ni ne voulons posséder quoi que ce soit, mais plutôt le droit d’exister sur notre territoire sans être étiquetés comme des obstacles au développement. La loi Lafkenche doit être considérée comme un pont, et non une barrière, entre la vie de nos ancêtres qui ont navigué sur les eaux et la vie d’un pays qui doit apprendre à coexister sans effacer leur mémoire. Face au lobbying et à la désinformation, tout ce que nous pouvons faire est de continuer à naviguer avec la vérité au premier plan, jusqu’à ce que notre droit devienne une réalité.

Groupes familiaux de nomades marins de la communauté de Kawésqar

Source: https://laprensaaustral.cl/2025/04/13/el-legado-canoero-de-los-kawesqar-y-la-resistencia-desde-el-mar/ Traduit de l'espagnol par l'association Karukinka

[Portrait] Cristina Zarraga, la “ikamanakipa” (femme qui écrit)

[Portrait] Cristina Zarraga, la “ikamanakipa” (femme qui écrit)

Cristina Zarraga est une écrivaine et chercheuse chilienne, née à Concepción, reconnue comme une nouvelle gardienne de la langue yagan, langue autochtone du sud de la Patagonie.

Petite-fille de Cristina Calderón (connue comme la dernière locutrice native du yagán), elle s’est engagée dans la préservation et la transmission de ce patrimoine linguistique et culturel.

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Avec le linguiste Oliver Vogel, elle a publié en 2010 un dictionnaire yagán utilisé aujourd’hui dans certaines écoles pour enseigner la langue aux nouvelles générations. Elle est également l’auteure de plusieurs livres sur sa grand-mère et sur les légendes et traditions yagánes, contribuant ainsi à la sauvegarde de la mémoire et de l’identité de ce peuple autochtone réparti entre le Chili et l'Argentine. Cristina Zárraga se définit comme ikamanakipa (femme qui écrit) et joue un rôle central dans la valorisation et la revitalisation de la culture yagán, notamment à travers l’adaptation et la traduction de récits oraux transmis par sa famille.

Elle anime des ateliers de langue yagan au sein de la communauté, participe à la transcription et à la documentation de récits oraux, et collabore avec des linguistes pour créer des ressources pédagogiques et de revitalisation linguistique essentielle de cette langue en péril.

Voici quelques écrits majeurs de Cristina ayant joué un rôle central dans la préservation et la valorisation de la langue et de la culture yagán :

  • Yágankuta – Pequeño Diccionario Yagán (2010)
    Co-écrit avec le linguiste Oliver Vogel, ce dictionnaire illustré, accompagné d’un CD audio, est l’un des premiers outils pédagogiques modernes pour l’apprentissage du yagán. Il est utilisé dans certaines écoles pour enseigner la langue aux jeunes générations et comprend des explications sur la prononciation, des activités de lecture, ainsi que des légendes racontées en yagán et en espagnol par Cristina Calderón. (lien vers les éditions PIX)
  • Cristina Calderón. Memorias de mi abuela Yagán (2017)
    Biographie de sa grand-mère, Cristina Calderón, dernière locutrice native du yagán, ce livre retrace l’histoire familiale et la transmission des savoirs et traditions. Il contribue à la mémoire collective et à la reconnaissance de l’importance de la culture yagán.
  • Hai kur Mamashu shis (Je veux vous raconter une histoire, 2005)
    Recueil de contes, récits et histoires de vie recueillis auprès de sa grand-mère, destiné à préserver l’oralité et la richesse narrative du yagán.

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La 6ᵉ Rencontre Internationale de Muralistes du Bout du Monde s’est terminée (InfoFueguina, 25/03/2025)

La cérémonie de clôture de l’ “EMUSH 2025” [Rencontre internationale de Muralistes à Ushuaia, Terre de Feu] a eu lieu dans la salle Niní Marshall de la Maison de la Culture. Les onze artistes qui ont participé ont ajouté leurs œuvres aux plus de 350 fresques murales que compte actuellement la ville.

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Le Secrétariat à la Culture et à l’Éducation de la Municipalité d’Ushuaia a organisé la cérémonie de clôture de la 6e Rencontre Internationale de Muralistes du Bout du Monde “EMUSH 2025”, dans la salle Niní Marshall de la Maison de la Culture.

Lors de l’événement, auquel a assisté le maire de la ville, Walter Vuoto, les travaux réalisés par les 11 artistes sélectionnés ont été présentés, et un certificat de participation à la Rencontre leur a été remis.

À cette occasion, on a pu découvrir le travail d’Antonela Gualla et Rodrigo Crespo d’Ushuaia, Enrique Jorge Bernard et Sofía Hst de Río Grande, Julia Anahí Tiscornia de Río Negro, Adrián Cola et Martín Agazzi de Buenos Aires, Agustina Cantoni de San Juan, Soledad Moisas d’Ayacucho, Lucas Artola de La Plata, ainsi que l’artiste invité Sebastián Daels, aux côtés des participants incluant des muralistes et artistes de la ville, des diplômés du Polivalente de Arte et Agustín, un jeune en situation de handicap qui se consacre à l’aquarelle et a accompagné les travaux à divers endroits de la ville.

« Nous sommes fiers de partager cette cérémonie de clôture avec la communauté, en poursuivant ce grand défi d’une politique publique culturelle intégrale que nous a confiée le maire Walter Vuoto », a déclaré la secrétaire à la Culture et à l’Éducation d’Ushuaia, Belén Molina, qui a confirmé que « l’Emush compte aujourd’hui 60 interventions artistiques à son actif, représentant sur nos murs des aspects de notre identité ».

La responsable a remercié « tous ceux qui ont rendu possible cette nouvelle édition de l’Emush, les artistes et les habitants qui ont offert leurs murs, les participants qui ont collaboré et accompagné le processus, ainsi que l’ambassadrice et l’ambassadeur d’Ushuaia, María José Pazos et Omar Lemul, qui ont soutenu tout le processus »

Source: https://www.infofueguina.com/tu-ciudad/ushuaia/2025/3/25/finalizo-el-6-encuentro-internacional-de-muralistas-en-el-fin-del-mundo-81306.html (traduit de l'espagnol par l'association Karukinka)


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