
29 janvier 2014

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LâĂ©crivain chilien JosĂ© Donoso est mort Ă Santiago du Chili, samedi 7 dĂ©cembre, victime dâun cancer, Ă lâĂąge de soixante-douze ans.
Le personnage principal et narrateur de lâun des romans de JosĂ© Donoso, Julio MĂ©ndez, est lui-mĂȘme un romancier qui sâĂ©tonne de nâĂȘtre pas aussi cĂ©lĂšbre que Julio Cortazar, Mario Vargas Llosa, Gabriel Garcia Marquez ou Carlos Fuentes. Câest une question que Donoso se posait peut-ĂȘtre et que nous nous posons douloureusement aujourdâhui.
Il est vrai que Donoso ne correspondait en rien Ă lâimage que lâon a en Europe de ce que doit ĂȘtre un Ă©crivain dâAmĂ©rique latine : baroque, sentant bon la violence et la magie, sur fond de mythologies indiennes. Il Ă©tait discret, rĂ©servĂ©, il rejetait le romantisme rĂ©volutionnaire et, aprĂšs avoir condamnĂ© le rĂ©gime du gĂ©nĂ©ral Pinochet, il fut le premier exilĂ© de stature internationale Ă retourner vivre dans son pays. Son Ćuvre est singuliĂšre Ă tous les points de vue. Sans dĂ©laisser lâengagement social, il nous dĂ©crit un monde Ă©trange, dĂ©routant, souvent insaisissable, Ă la limite du conte de fĂ©es.
Il Ă©tait nĂ© en 1924, dans le quartier bourgeois de Santiago. Son pĂšre Ă©tait mĂ©decin, professeur dâuniversitĂ© et lecteur de Proust. Sa mĂšre appartenait Ă la famille propriĂ©taire du plus grand quotidien du Chili. AprĂšs ses Ă©tudes, ses parents lâenvoient apprendre la littĂ©rature anglaise Ă Princeton, aux Etats-Unis, oĂč il se passionne pour Henry James, Faulkner et Joyce. Revenu Ă Santiago, il sâenfuit pour devenir berger en Patagonie.
Il sait quâil veut ĂȘtre Ă©crivain et se fixe lâĂąge de trente ans pour se prouver Ă lui-mĂȘme quâil en a la capacitĂ©. Il sâinstalle Ă la campagne, oĂč il vit en anachorĂšte et en Ă©merge quelques jours avant son trentiĂšme anniversaire avec un recueil de nouvelles, Veraneo y otros cuentos, qui connaĂźt un succĂšs dâestime. Câest son premier roman, Le Couronnement (Calmann-LĂ©vy), qui le place parmi les grands de la gĂ©nĂ©ration dite du « boom ». Il y expose le thĂšme du jardin dĂ©labrĂ© (souvenir de celui de ses parents, mĂ©taphore de lâĂ©branlement dâun ordre social pĂ©rimĂ©), qui rĂ©apparaĂźtra avec des variations multiples dans tous ses romans.
AnachorĂšte
En 1963, il retourne aux Etats-Unis pour la sortie de la traduction anglaise. Ce sera le dĂ©but dâun exil volontaire de dix-huit ans. A lâuniversitĂ© de lâIowa, il enseigne lâanglais aux AmĂ©ricains, parmi lesquels John Irving. Il a dĂ©jĂ publiĂ© Ce dimanche-lĂ (Calmann-LĂ©vy), Le Lieu sans limite (Calmann-LĂ©vy) et prĂ©pare LâObscĂšne Oiseau de la nuit (Editions du Seuil), quâil ne parvient pas Ă terminer car lâambiance nâest pas propice pour Ă©crire en castillan. Il parcourt lâEspagne et, en 1970, le termine, nous donnant ainsi lâun des plus beaux romans de ces dĂ©cennies. AprĂšs LâObscĂšne Oiseau de la nuit,...
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