
« Patagonie route 203 » : le road-trip fou d’Eduardo Fernando Varela (Le Monde, 27/8/2020)
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28 août 2020

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Peuplé de créatures étranges, l’extrême sud de l’Amérique du Sud est le théâtre d’un voyage étourdissant de l’écrivain argentin.
Par Ariane Singer (Collaboratrice du « Monde des livres ») Publié le 27 août 2020 à 19h00

« Patagonie route 203 » (La marca del viento), d’Eduardo Fernando Varela, traduit de l’espagnol (Argentine) par François Gaudry, Métailié, 358 p., 22,50 €, numérique 15 €.
La route pour seul horizon. Tel est le quotidien de Parker. A bord de son camion, ce chauffeur routier sillonne les vastes steppes de la Patagonie pour transporter, jusqu’aux ports de l’Atlantique, ses cargaisons de fruits exotiques de contrebande. Son vieux saxophone à ses côtés, cet homme au passé turbulent cherche à « vivre en paix une existence errante », tout en empruntant les artères secondaires, surveillées par des polices locales moins regardantes sur le contenu de son chargement, et « plus faciles à corrompre » que les autorités fédérales.
Lorsqu’une avarie mécanique le contraint à une halte imprévue dans un des hameaux qu’il traverse, Parker n’a d’autre choix que de prendre son mal en patience. Là, une visite à la fête foraine va changer le cours de son existence : tombé sous le charme de la femme du propriétaire des manèges, Maytén, juste avant que les forains ne lèvent le camp pour une destination inconnue, ce solitaire impénitent décide de la retrouver coûte que coûte. Et de reprendre la route, peu importe où celle-ci le mènera.
Bien loin de la démarche ethnologique du romancier Bruce Chatwin (1940-1989), parti dans la région saisir ses habitants les plus marginaux et ses espaces infinis (En Patagonie, Grasset, 1979), Eduardo Fernando Varela, scénariste pour la télévision et le cinéma, prend le parti d’un humour ravageur pour dérouler ce road-trip argentin. En témoignent les noms des lieux fictifs qu’il fait traverser à son protagoniste, tous plus loufoques les uns que les autres (Saline du désespoir, Montagne trouble, Pampa de l’enfer…)
Comique de répétition
Se riant des écrivains et des voyageurs attachés au mythe d’une Patagonie pétrie de légendes et peuplée d’excentriques, le romancier propose sa propre galerie de personnages bizarres, comme sortis d’une autre dimension. On croise ainsi un journaliste,
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