Mirtha Salamanca, originaire de la Terre de Feu argentine et descendante de Lola Kiepja, est née à Río Grande le 8 septembre 1959 et est très fière d’être « fueguina » et d’être née sur sa terre, son Oroski, qui en langue selknam signifie Río Grande.
Mirtha Esther Salamanca est née à Río Grande, dans une fratrie de cinq enfants, quatre filles et un garçon. Ils ont toujours vécu rue Ameghino. Elle se souvient avoir eu une enfance belle et heureuse ; des hivers avec beaucoup de neige et de froid : « adulte, on ressent le froid et le vent, mais pendant l’enfance, c’était merveilleux » et « les cours n’étaient pas suspendus à cause du vent ou de la neige, il fallait aller à l’école quoi qu’il arrive ».
Son père était menuisier et chaque année, il leur fabriquait de nouveaux traîneaux et bâtons. L’hiver, avec les voisins du quartier, ils faisaient des courses de traîneaux et restaient dehors jusqu’à tard ; il n’y avait pas de danger, il n’y avait pas de voitures dans la rue. Tout le quartier se retrouvait pour patiner jusqu’à ce que les parents les fassent rentrer pour le dîner. Le quartier a marqué son enfance.
La mémoire collective du génocide selk'nam transmise de génération en génération
Mirtha est descendante de Lola Kiepja, qui était sa bisaïeule du côté de sa mère, Elvira Oray. Mirtha se souvient d’une histoire très triste, celle des femmes de sa famille. Elle parle de ses femmes parce que les hommes avaient déjà été tués. Les femmes ont été emmenées de la réserve indigène du lac Khami. On les a transportées en charrette jusqu’à la Mission salésienne. À la Mission, elles ont toutes été séparées, sans contact possible, et il leur était interdit de parler leur langue.
Toute cette partie de l’histoire est empreinte de tristesse, selon les témoignages qu’elle a recueillis de ses aïeules. Elles ont subi des coups, des humiliations. Elle se souvient que sa mère lui racontait que, lorsqu’elle faisait pipi au lit, on la forçait à défiler nue avec le matelas devant les autres pour la couvrir de honte. Tout cela fait partie de la triste histoire de sa famille, de ses femmes, dont Lola Kiepja, sa bisaïeule.
Lola Kiepja venait à Río Grande pour faire ses courses puis retournait dans son habitat, avec ses guanacos et ses coutumes. C’est ainsi que Mirta a connu sa bisaïeule ; elle se souvient qu’elle l’attendait quand elle venait en ville, qu’elles prenaient le maté avec des tortas fritas. Mirta se demandait toujours pourquoi sa mère et sa bisaïeule Lola Kiepja parlaient bizarrement et se couvraient la bouche.
Plus tard, on lui expliqua qu’elles parlaient ainsi à cause de leur langue d’origine, le selknam, qu’elles avaient cessé de parler par peur, à cause de tout ce qu’elles avaient enduré : coups, sévices et terreur vécus en tant que femmes. Petite, elle voyait les choses différemment d’aujourd’hui, mais en découvrant ces témoignages, elle a commencé à comprendre. Sa mère raconte la même chose, la souffrance vécue par les femmes de sa famille.
Mirtha se souvient que sa mère lui a toujours dit la vérité et qu’elle-même a eu des actes de résistance : à la mission salésienne, vers 10 ou 12 ans, elle s’enfuyait pour échapper aux coups.
La réforme de 1994 et l'évolution des lois indigènes en Argentine
Mirtha a toujours su qu’elle était indigène, et sa mère la protégeait pour qu’on ne la traite pas d’« Indienne » à l’école. Avec la réforme de la Constitution nationale argentine en 1994, ces histoires, longtemps tues, ont commencé à être racontées. Les témoignages existaient, mais ils n’avaient jamais été révélés, car on ne savait pas à qui les dire, à qui les confier ; ce n’était pas par honte, mais par ignorance de l’interlocuteur et par la responsabilité, en tant que communauté, de continuer à faire connaître leur histoire.
C’est donc à partir de la réforme de 1994 que les voix jusque-là réduites au silence ont pu s’exprimer. Mirtha s’est alors intéressée à d’autres lois, aux lois indigènes, aux conventions, à la loi sur les terres et à l’importance de continuer à travailler. « Savoir qui nous sommes, d’où nous venons, pour pouvoir transmettre. Parce qu’il se peut qu’un jour tu découvres que tu es indigène et il faut alors lutter, pour la reconnaissance et contre l’adversité quotidienne, et pouvoir tout transmettre », raconte Mirtha.
Mirtha a parcouru tout le pays, elle appartient à l’ETNOPO (Rencontre nationale des organisations territoriales des peuples autochtones) qui regroupe les Selknam, Mapuche et Tehuelche. Elle a travaillé sur la loi 25.517 en 2011 concernant la restitution des restes humains conservés dans les musées. Elle a travaillé avec cette loi dans la ville de Malargüe avec des archéologues et des anthropologues, pour commencer à retirer les corps des expositions dans les musées et les rendre à leur peuple, aux autochtones, les rendre à leurs frères d’où ils avaient été pris.
Mirtha Salamanca à Punta Arenas (2018)
Un engagement pour son peuple qui rayonne au-delà de l'Argentine
Mirtha donne chaque année des conférences à l’université de Punta Arenas (Chili) et à l’université de Porvenir (Chili). Lors d’un voyage à Punta Arenas, au musée salésien Maggiorino Borgatello, où elle cherchait des photos et des documents sur sa famille, on ne lui a rien donné car elle n’avait pas d’argent. Les photos étaient vendues comme cartes postales, même si sa mère, sa grand-mère y figuraient… Elle a aussi été invitée à la Nuit Selknam où elle a pu témoigner. Lors de ces voyages à Punta Arenas, Mirtha a rencontré Lauriane Lemasson, chercheuse à l’université de la Sorbonne. Grâce à elle, elle a voyagé en France en 2019 dans le cadre du Festival Haizebegi et participé aux activités suivantes :
Interview pour le journal basque « Sud Ouest »,
Rencontre et conférence avec Pascal Blanchard (historien, ACHAC-CNRS) sur les zoos humains et la naissance du racisme, à l’Espace Culturel Louis Delgrès à Nantes
Collecte et préparation de joncs pour des ateliers de vannerie,
Visite du site mégalithique de Saint-Just et de la vallée du Don (Bretagne),
Consultation des archives françaises d’Anne Chapman à la Bibliothèque universitaire Brou-Dampierre de Nanterre,
Rencontre avec Jean-Luc Nahel, président de la Conférence des présidents d’universités (CPU) de France et responsable des relations internationales,
Visite du Panthéon et du bâtiment historique de la Sorbonne,
Conférences au Musée Basque de Bayonne et cérémonie de restitution des enregistrements de Gusinde, Furlong et Koppers de l’archive phonogrammique de Berlin par Lars-Kristian Koch, ethnomusicologue et directeur du Musée ethnographique de Berlin,
Rencontre avec les élèves des classes internationales du Collège Alexandre Dumas de Bayonne,
Exposition d’artisanat Selknam, atelier de vannerie et exposition d’artisanat pour la Journée des Sciences à Hendaye,
Présentation de la cérémonie du Hain à la salle Abbadia de Hendaye,
Conférence et débat avec des chercheurs et artistes sur ce que l’artiste et/ou le chercheur emporte ou restitue des cultures yagan et selk'nam, en présence de Federico Vladimir Pezdirc, Pablo Esbert Lilienfeld, Pantxika Telleria et Joaquín Cofreces,
Conférence à l’université de Donostia (Saint-Sébastien) avec les étudiants de quatrième année,
Conférence avec Lauriane Lemasson et débat ouvert sur le rôle du chercheur et la toponymie actuelle du sud de Hatitelen (détroit de Magellan en selknam),
Conférence et débat sur les lois étatiques et la réalité des peuples originaires au Chili et en Argentine avec José German Gonzalez Calderon et Víctor Vargas Filgueira,
Débat sur la diversité culturelle, l’environnement et les luttes pour la protection des relations des peuples autochtones avec leur environnement (Bayonne et Paris)
Visite impromptue du Musée de l’Homme pour obtenir une réponse de l’institution de référence concernant les restes humains yagan et selk'nam conservés au Musée,
Séminaire universitaire de master en ethnomusicologie au Centre Clignancourt (Université de la Sorbonne) invité par le professeur François Picard de l’Institut de Recherches en Musicologie (IReMus) du CNRS, sur le thème : Archives et patrimoines « de l’humanité » (mise en perspective des voix familiales, nécessité de poursuivre le dialogue avec les peuples)
Rencontre avec les responsables des collections d’objets et de photographies du Musée du quai Branly à Paris avec Ana Paz Núñez, Christine Barthe, Dominique Legoupil. Consultation des archives photographiques.
Mirtha Salamanca lors de la visite des collections "Terre de Feu" du Musée du Quai Branly (Paris, octobre 2019)
Mirtha a été sollicitée par Lauriane Lemasson, dans le cadre d'une carte blanche reçue de l’ethnologue Denis Laborde, directeur de recherche au CNRS et qui étudie les peuples autochtones.
La chercheuse a été surprise au tout début de ses recherches en 2013 car elle pensait qu’il n’y avait plus de Selknam. Lors du festival en France, Mirtha a parlé de ce qu’avaient vécu ses ancêtres et a découvert le fonds Anne Chapman, où elle a entendu les chants de sa grand-mère et vu les archives conservées. Ces chants chamaniques enregistrés par Chapman étaient des chants interdits, qui ne doivent pas être diffusés ni reproduits.
Au musée de Berlin, il y a aussi des corps selknam qui ont été emmenés pour être étudiés et comprendre leur mode de vie. Le directeur du musée de Berlin a déclaré que la restitution des corps est une décision politique. À Ushuaia, ils les ont emmenés à Necochea où ils sont conservés. Là aussi, c’est une décision politique. Ils ne sont pas reconnus, mais ce sont des corps selknam prélevés autour de la mission salésienne.
En 2016, elle a remporté les élections du CPI (Conseil participatif indigène) en tant que représentante du peuple Selknam au niveau national.
Le groupe de femmes descendantes de la lignée de Kiepja : Khol Hol Naa
Mirtha fait partie de l’organisation « Khol Hol Naa » (que reviennent les femmes), une organisation de sœurs, nièces, tantes, toutes issues de la lignée de Lola Kiepja, défendant tout ce qui touche à la mémoire collective des femmes selk'nam.
Le combat de Mirtha est de revendiquer l’histoire de son peuple, car on avait fini par croire que le peuple Selknam avait disparu, qu’ils avaient tous été exterminés. Lola Kiepja fut la dernière chamane, la dernière Sho’on ; mais la lignée ne s’est pas arrêtée là. Elle n'a de cesse de lutter pour le patrimoine de son peuple et de sa famille, pour la restitution des matériaux dans les musées et la mise en valeur de la culture autochtone de la Terre de Feu et de Río Grande.
Elle souhaite que ses filles continuent à maintenir vivante la mémoire de l’identité de leur peuple.
Elle ne changerait rien à sa vie, elle se souvient de son enfance avec beaucoup de bonheur et de fierté, fière de ses racines et de son héritage de sang.
Elle revendique la lutte et l’union des femmes, « elle leur demande de ne jamais abandonner, malgré la difficulté de la vie de femme, de toujours aller de l’avant et qu’ensemble, elles y arriveront toujours. Elle demande aux nouvelles générations de respecter et de ne pas oublier leurs anciens ».
« J’aime Río Grande, mon Oroski, la pluie, le vent, le froid, la neige et la chaleur de ses habitants et leur solidarité ».
Jusqu’à la réalisation de cette interview, aucun recensement des autochtones n’a été effectué, mais on estime qu’il y a environ 600 personnes entre Ushuaia, Río Grande et Tolhuin.
Un lieu, un événement, un personnage célèbre, Grégory Duchatel vous raconte les "Trésors de Champagne-Ardenne".
Si la Cathédrale de Reims a accueilli le Sacre de nombreux Rois, il y a un, installé à Reims, qui a eu un destin pas ordinaire.
A Reims, entre la Vesle et le canal, rue de la Roseraie, un parc public a servi de lieu de vie d'un Rémois qui a eu un destin singulier. L'espace était autrefois un jardin de près de 4000 m2 dessiné par l’architecte-paysager Édouard Redon. Au milieu de ce jardin se trouvait "le château des grenouilles vertes » qui appartenait à Achille Laviarde, Roi de Patagonie.
Mais comment un rémois est-il devenu Roi de cette région située entre l'Argentine et le Chili ? Achille n'avait pas vraiment de travail. Il s'illustre tout de même dans l'aviation. C'est à lui que l'on doit le premier vol en dirigeable entre Reims et Warmeriville. En fait, il était davantage intéressé par la vie mondaine parisienne ...
Il s'agit d'espaces marins délimités (ECMPO) dont l'administration est confiée à des communautés autochtones ou à des associations de celles-ci qui ont exercé un usage coutumier dudit espace tel que vérifié par la CONADI.
Les communautés autochtones inscrites à la CONADI (Corporation Nationale des Droits Indigènes) peuvent postuler pour ces espaces.
La délimitation nécessaire est déterminée par la surface qui assure l’exercice de l’usage traditionnel. Cet espace côtier sera cédé par le Sous-secrétariat aux Forces Armées au Sous-secrétariat aux Pêches et à l'Aquaculture, qui signera un accord d'utilisation avec l'association des communautés ou la communauté affectée une fois que la commission intersectorielle aura approuvé le plan d'administration présenté par la communauté ou association de communautés.
L’utilisation et l’administration de l’ECMPO seront la responsabilité de l’association ou de la communauté pour laquelle le plan d’administration a été approuvé. Ce plan détaille les activités à réaliser, les utilisateurs et les autres exigences établies par la réglementation. La durée de l’administration d’un espace côtier est indéterminée, sauf en cas de non-respect ou de violation.
Le droit coutumier désigne les pratiques ou comportements réalisés par les communautés de manière régulière et qui font partie de leur culture, tels que les pratiques religieuses, économiques, récréatives, entre autres.
Les autorités de l'entité se sont déclarées satisfaites du soutien apporté à la communauté de Terre de Feu tout au long de l'année 2024, soulignant qu'au cours de cette période, une formation a été dispensée à "plus de 10 mille Fuégiens".
La présidente de l'Agence provinciale d'innovation, Analía Cubino, a exprimé son accord avec la tâche accomplie par l'organisation au cours de la première année de vie, et a assuré qu'au cours de cette période « plus de 10 000 personnes ont obtenu leur diplôme d'une de nos propositions de formation ». .
La responsable a annoncé que « d'ici 2025, l'objectif est d'atteindre 20 mille Fuégiens » avec les différentes propositions de formation proposées par l'Agence.
Cubino a souligné que "dans un contexte national très difficile, dans lequel la science et la technologie ne sont pas considérées comme nous comprenons qu'elles devraient l'être, le gouverneur et le vice-gouverneur ont la ferme décision d'avancer sur ces aspects pour la Terre de Feu".
Le chef de l'Agence pour l'innovation a soutenu que la création de l'entité constituait « un engagement et un investissement budgétaire très important de la part du gouvernement, compte tenu des administrations précédentes dans lesquelles il y avait un manque de vision par rapport à ces questions liées à la sécurité de l'environnement ». structure de l’État en matière informatique.
Il a rappelé, par exemple, la création récente de « l’Institut de la transition énergétique et hydrogène » comme l’un des objectifs les plus importants atteints cette année.
D'autre part, il a commenté que depuis l'organisation dont il a la charge "nous travaillons à une simplification des procédures très importantes dans différents domaines de l'État provincial, que nous annoncerons lorsque les citoyens pourront les utiliser efficacement".
Une autre des tâches qu'il a énumérées était ce qu'ils accomplissent « pour améliorer le système de règlement des salaires », ainsi que « dans un nouveau système pour l'état civil de la province ; avec la Direction Provinciale des Travaux Sanitaires ; avec la Police provinciale; ainsi que de nouveaux systèmes de règlement des subventions dans le secteur de l'enseignement, parmi de nombreuses questions qui seront finalisées l'année prochaine.
"Pour l'éducation, nous faisons tout ce qui est de l'actualité concernant les agents pour qu'ils puissent ensuite s'installer automatiquement l'année prochaine", a-t-il ajouté.
La responsable a également souligné "l'appréciation des familles de la Province pour le travail réalisé dans les Pôles Créatifs", assurant que cette année "nous avons formé plus de 10 mille personnes diplômées d'une de nos propositions de formation et d'ici 2025 le " L’objectif est d’atteindre 20 mille Fuégiens.
D'autre part, elle a souligné que « nous avons déjà 200 étudiants en Intelligence Artificielle qui ont terminé leur parcours de formation et il y en a actuellement 900 qui étudient activement avec la société Digital House et des entreprises comme Amazon Web Services, avec qui nous travaillons sur la sensorisation des forêts de la Province."
Amnesty International a présenté un rapport sur les reculs en matière de droits humains promus par le gouvernement Milei. Pauvreté, retraités, répression des manifestations, cybersurveillance, femmes et peuples indigènes, sont parmi les domaines les plus touchés.
Fuente : https://ctaa.org.ar/un-ano-de-gobierno-12-derechos-perdidos/ Traduit de l'espagnol par l'association Karukinka
Le bureau argentin d'Amnesty International vient de publier un rapport qui décrit les droits perdus ou menacés au cours de la première année du gouvernement de Javier Milei et Victoria Villarruel.
"Tout au long de cette année, les politiques d'ajustement économique et les réformes promues par le gouvernement ont eu un impact négatif sur la vie de millions de personnes, en particulier les plus vulnérables, exacerbant les inégalités et restreignant les libertés fondamentales", indique l'introduction.
Le sommaire de l'enquête indique les éléments suivants : Pauvreté ; Retraités ; Liberté d'expression ; Liberté de réunion et d'association ; Cybersurveillance ; Transparence et accès à l'information publique ; Droit des femmes à une vie sans violence ; Droits sexuels et reproductifs ; Éducation sexuelle complète ; Diversité : Collectif LGBTIQ+ ; Crise climatique et peuples indigènes. Par ailleurs, l'organisation internationale consacre une annexe à la politique étrangère en matière de droits de l'homme.
Ces travaux s'ajoutent à ceux déjà publiés par le Réseau fédéral pour la démocratie et les droits de l'homme et la Commission provinciale pour la mémoire, qui mettent également en garde contre la gravité de la situation.
« Ce qui précède ne sont que quelques exemples du climat de polarisation et de violence que la gestion du gouvernement a généré au cours de ces 12 mois. L’appel est clair : il est impératif de protéger et de promouvoir les droits de tous les peuples en Argentine », indiquent les conclusions.
Canal Abierto reproduit un résumé de chacun des droits concernés
1- Pauvreté : Le taux de pauvreté est passé de 41,7 % à 52,9 %, laissant plus de 15 millions de personnes sous le seuil de pauvreté et plus d'un million d'enfants sans accès à un repas quotidien. Les politiques d’ajustement économique ont touché de manière disproportionnée les femmes et les secteurs à faibles revenus.
2- Retraités : Les pensions minimales ne suffisent pas à couvrir le panier de base, laissant des millions de personnes âgées dans une situation d'extrême vulnérabilité. Le veto présidentiel à une loi d'actualisation des retraites a aggravé la crise dans ce secteur.
3- Liberté d'expression : L'hostilité envers les journalistes, le recours à des discours conflictuels et la désinformation ont généré un climat d'intimidation et de censure, affectant gravement le débat démocratique. Une section spéciale revient sur l'impact de la violence numérique sur les femmes journalistes.
4- Liberté de réunion et de manifestation : le droit de manifester pacifiquement est menacé par des mesures telles que le Protocole pour le maintien de l'ordre public et par les actions des forces de l'ordre qui ont inclus l'utilisation disproportionnée de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes, causant de graves blessures. Des arrestations arbitraires, la criminalisation de manifestants et des attaques contre des journalistes, même ceux clairement identifiés comme étant des journalistes, sont également signalées.
5- Cybersurveillance et vie privée : la création de l'Unité d'Intelligence Artificielle Appliquée à la Sécurité (UIAAS) présente des risques de surveillance de masse et de profilage discriminatoire. Ces pratiques affectent les droits fondamentaux tels que la vie privée, l’égalité et la liberté d’expression, conditionnant le débat public et générant des discriminations.
6- Restriction de l'accès aux informations publiques : le décret 780/2024 élargit l'opacité de l'État en classant davantage de données comme secrètes, en limitant la divulgation d'informations publiques et en augmentant le pouvoir discrétionnaire des fonctionnaires. Cette mesure viole la transparence, porte atteinte aux droits fondamentaux et rend difficile la responsabilisation.
7- Droits des femmes et diversité : Des reculs sont signalés dans les politiques d'égalité des sexes, les droits reproductifs et la protection contre la violence contre les femmes et les personnes de la communauté LGBTIQ+.
8- Droits sexuels et reproductifs : Trois ans après la promulgation de la loi sur l'interruption de grossesse (loi 27.610), il existe de nombreuses preuves de son impact positif sur la santé des femmes, des filles et des adolescentes. De 2021 à octobre 2023, 245 015 personnes ont eu accès à un avortement sécurisé dans le système de santé publique. De plus, les décès dus à l'avortement ont diminué de 53 % entre 2020 et 2022. L'accès rapide à l'information, aux fournitures et à des services de santé sexuelle et reproductive de qualité contribue à leur survenue au cours du premier trimestre de la grossesse. Cependant, depuis l’entrée en fonction de la nouvelle administration, la mise en œuvre de cette politique a été reportée et l’accès complet et effectif à l’avortement pour les filles, les adolescentes, les femmes et les personnes capables de tomber enceintes en Argentine a été menacé.
9- Diversité : Les personnes LGBTI+ ont fait de grands progrès en termes de reconnaissance des droits, résultat de la lutte collective du mouvement pour la diversité en Argentine. Cependant, malgré le fait que le pays ait avancé des lois, la discrimination systémique et l'expulsion de l'accès au logement, à l'éducation, à la santé ou au travail auxquelles la population LGTBI+ doit faire face ont un impact profond sur leurs conditions de vie. En raison de la même bataille culturelle, ces derniers temps, les discours discriminatoires qui pathologisent et déshumanisent les personnes LGBTIQ+ ont été exacerbés, incitant à la violence et aux crimes de haine.
10- Éducation sexuelle complète : La durabilité de l'éducation sexuelle complète (ECS) est une autre des batailles auxquelles ce gouvernement semble être confronté.
Depuis décembre, les ateliers de formation et de formation des enseignants à l'ESI à travers l'INFOD (Institut National de Formation des Enseignants) sont paralysés, malgré le fait que 7 enseignants sur 10 affirment avoir besoin de plus de formation dans les domaines de la violence de genre, des abus sexuels sur les enfants, de la diversité sexuelle et de l'identité de genre.
En outre, il existe un profond sous-financement des équipes provinciales d’ESI, ce qui pourrait conduire au démantèlement du Programme national intégral d’éducation sexuelle au niveau fédéral, ce qui impliquerait un énorme recul pour l’exercice des droits des enfants et des adolescents.
11- Crise climatique : La position du gouvernement actuel a été de nier le changement climatique.
Cependant, les données scientifiques montrent clairement que le temps presse pour éviter les pires impacts du changement climatique sur les droits de l’homme et les catastrophes non naturelles qu’il provoque ou auxquelles il contribue, qui affectent de manière disproportionnée les populations les plus marginalisées. Le monde entier a besoin d’engagements et d’actions urgents, concrets, audacieux et cohérents pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, ce qui nécessite une élimination progressive, complète, rapide, équitable et financée des combustibles fossiles dans tous les secteurs, sans compter sur des solutions risquées, des technologies non éprouvées ou des compensations qui ne conduisent pas à de véritables réductions d’émissions.
Menaces sur les lois environnementales :
Le projet de loi Omnibus a inclus dans ses multiples articles des réformes régressives de lois clés pour la protection de l'environnement, avec un impact direct sur la population.
Loi forestière : permettre la déforestation dans les zones actuellement protégées.
Loi Glacier : réduction de la définition large actuelle accordée par la législation en vigueur avec l'autorisation potentielle de l'activité minière dans la zone périglaciaire.
Loi sur les budgets minimaux de protection de l'environnement pour le contrôle des activités de brûlage : autorisant le « brûlage tacite » après une période de 90 jours sans autorisation de l'État et supprimant le financement du Service national de gestion des incendies.
Loi sur les hydrocarbures : priorité aux revenus par rapport aux besoins du marché intérieur et à la protection de la durabilité des réserves, absence de garde-fous environnementaux.
12- Peuples autochtones : L'absence de politiques efficaces contre le changement climatique et les conflits territoriaux a laissé les communautés autochtones exposées et sans protection.
Un autre des axes relégués de cette gestion a été celui des peuples autochtones.
L'Institut National des Affaires Indigènes (INAI), un organisme décentralisé dépendant du Pouvoir Exécutif National, a ordonné par une résolution l'abrogation du Registre National des Communautés Indigènes (RENACI), l'organisme chargé de reconnaître le statut juridique des communautés indigènes en Argentine. .
Cette résolution a également suspendu toutes les demandes en cours d'enregistrement des communautés autochtones au RENACI, et a invité les provinces à conclure des accords pour standardiser les critères d'enregistrement, d'adaptation et de transfert de statut juridique, sans établir de méthodologies de travail, de procédures ou de délais pour ces réunions. générant un scénario d’insécurité juridique et d’impuissance.
Il y a quelques semaines, une reconnaissance historique a eu lieu au Chili, comme la co-gouvernance entre les communautés autochtones, en l'occurrence les Mapuches, et les agences d'État pour gérer conjointement un secteur du parc national Villarrica.
En effet, un accord a été signé entre ce parc et l'Association des Communautés Mapuche Winkulmapu de Kurarrewe, la CONAF, qui est la Société Nationale des Forêts, et le Ministère des Biens Nationaux par lequel un Conseil conjoint de Gouvernance et de Gestion a été créé avec les communautés autochtones du Pusco Lanín. secteur dudit Parc National.
Ceci est similaire au système de cogestion qui existe entre la Confédération mapuche de Neuquén et les parcs nationaux du parc national Lanín.
De cette manière, les communautés Mapuche participeront efficacement à la prise de décision concernant la gestion de ce secteur du parc.
Il convient de noter que cet accord, comme toujours, est le résultat d'un processus qui, dans ce cas, a commencé en 2017, lorsque les communautés mapuches ont décidé d'entrer dans le parc pour revendiquer leurs droits territoriaux, car auparavant la restriction d'accès affectait les pratiques traditionnelles et les usages du territoire, comme la récolte des pignons de pin.
Le parc national Villarrica a été créé en 1940 et est actuellement l'un des plus emblématiques en raison de sa biodiversité, de ses paysages volcaniques et de son importance dans la culture mapuche.
Pour mieux expliquer tout ce processus, nous allons écouter le témoignage du frère Simón Crisóstomo Loncopan, Inal Lonko du Lof Txankura et président de l'Association Mapuche Winkulmapu de Kurarewe, du Chili,