Histoire

 

KARUKINKA, « la dernière terre des hommes » en langue selk’nam. Les Selk’nam peuplèrent l’extrême sud du continent américain après avoir passé le détroit de Béring. Ils réalisèrent des milliers de kilomètres pour atteindre le territoire ultime de la Grande Île de Terre de Feu. Ils traversèrent Hatitelen, plus tard renommé détroit de Magellan. En relation étroite avec leur environnement pendant plusieurs milliers d’années, les selk’nam et les haush (Péninsule Mitre) furent ensuite victimes de la colonisation et souffrirent d’un génocide dont nous ignorons encore l’ampleur réelle, faute d’accès à certaines archives et à la dispersion des informations sur plusieurs continents. Après plusieurs millénaires d’adaptation à ces terres, les selk’nam sont toujours aujourd’hui habitants de la Grande Île de Terre de Feu et nombre d’entre eux sont réunis au sein de la Communauté Rafaela Ishton (Argentine) et de la Corporation Selk’nam Covadonga Ona (Chili).

 

De janvier à avril 2013, Lauriane Lemasson est partie sans support logistique dans les territoires ancestraux aujourd’hui désertés et/ou privatisés des selk’nam, haush et yagan de la Terre de Feu et des canaux fuégiens. Ces mois d’immersion en autonomie totale en pleine nature lui ont fait prendre conscience de la nécessité d’aller plus loin pour mieux comprendre comment l’homme tisse des liens avec son territoire pour s’y adapter, le déchiffrer et se l’approprier, mais aussi pour tenter du sens, avec ces communautés, à ces lieux redevenus espaces à cause des méfaits de la colonisation.

En rassemblant des spécialistes et passionnés d’univers différents, l’équipe de l’association Karukinka est convaincue que la pluridisciplinarité des approches engendrera la découverte et les rencontres, permettra de redonner la parole à ceux qui l’ont longtemps perdue et de sensibiliser le public à l’interdépendance entre l’homme et son environnement sous toutes les latitudes.

Logo

logo-karukinka

L’identité visuelle de Karukinka a été créée autour d’éléments propres à la Patagonie insulaire :

– Le « K » majuscule fait référence à la première lettre de Karukinka, mot signifiant « La dernière terre de hommes » en langue selk’nam ;

– dans la partie supérieure apparaissent l’albatros stylisé du drapeau de la partie argentine de la province de Terre de Feu (gauche) et la petite constellation de la Croix du Sud (à droite), utilisée pour trouver le pôle sud céleste;

– dans la partie inférieure se trouvent les motifs peints représentant la déesse Tanu, l’esprit féminin de la Terre, lors des cérémonies selk’nam ;

– et enfin, les trois couleurs (rouge, noir et blanc) sont celles utilisées par les peuples de Patagonie insulaire pour réaliser des peintures corporelles comportant des motifs variés pouvant signifier par exemple des humeurs.